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LA MARGE SOCIALE, UN LIEU D’ÉCHANGE À HAY HLEL

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Mémoire de fin d’études en architecture de Cherifa Benouda, sous la direction de Hanène Ben Slama

Hay Hlel, est un quartier situé à environ vingt minutes de marche à pieds du centre ville de Tunis. Même s’il fait parti du tissu urbain continu de la ville, ce quartier, si confiné, demeure enclavé de part son contexte géographique limité par la ligne ferroviaire à l’est et la sebkha de Sijoumi à l’ouest et surtout de part son contexte social repoussant. Cette situation a édifié au cours du temps une sorte de mur fictif entre ce quartier et le reste de la ville, entre ce que l’opinion commune qualifie de fréquentable et de non fréquentable...entre le centre et la marge. De ce fait, la cité souffre aujourd’hui, d’un manque de tout échange social, culturel et économique avec la capitale.

Quelle intervention pourrait alors participer à la couture de cette déchirure sociale ?

Suite à nos recherches et visites in-situ, nous avons découvert que la société du réseau ferroviaire rapide (RFR), prévoit le drainage d’une partie de la banlieue sud de Tunis via des chemins de fer. La première tranche de ce projet portera uniquement sur l’exécution d’une portion des deux lignes D et E. Ces deux lignes se croisent en un point nodal. Il s’agit de la station de Hay Hlel. Actuellement (avril 2018), la station est en cours de construction et le terrain qui inclut cette station est vide et délaissé. Par conséquent, il accueille aujourd’hui les déchets du quartier, tout type d’activité de délinquance et devient un espace difficile à franchir pour les habitants de la cité. Ainsi, et après l’analyse des témoignages des résidents, nous avons pu affirmer que ce terrain crée une sorte de rupture physique et surtout sociale avec son quartier voisin Bir Aniba.

De ce fait, Hay Hlel se trouve aujourd’hui en rupture non seulement avec les autres villes de Tunis mais aussi avec son quartier mitoyen. C’est pourquoi, nous avons opté pour la conception d’un lieu d’échange entre Hay Hlel et les autres quartiers, annexe à la station ferroviaire, compte tenu du fait que celle-ci présente un élément attractif pour le développement de la cohésion sociale recherchée.

À l’échelle urbaine

Notre intention à cette échelle est de requalifier le quartier de Hay Hlel essentiellement le terrain où s’implante la station ferroviaire. Conséquemment, nous avons mis en valeur l’environnement immédiat du site à travers une intervention sur le contexte urbain du terrain (mobilier urbain, traitement de façade, traitement au sol…)

À l’échelle architecturale

Pour ce qui est de l’échelle architecturale, nous avons opté pour la conception d’une plateforme dans le but de participer à la liaison de Hay Hlel et son quartier voisin Bir Aniba d’une part et entre Hay Hlel et tous les quartiers qui appartiennent à la ligne ferroviaire D et E d’autre part. La plateforme sera ainsi soumise par cette notion d’échange qui se manifestera dans sa forme ainsi que dans ses fonctions (échange culturel, échange artistique, échange sportif…)

La plateforme se présente sous la forme de deux rampes longitudinales qui se croisent pour créer un grand parc surhaussé. Elle couvre également des espaces d’échange basés sur un programme inspiré des activités quotidiennes ainsi que des souhaits et besoins des habitants de la cité. Ces espaces artistiques, sportifs, culturels, ludiques et commerciaux de type ‘street activity’ s’étalent sur le long du terrain en créant un parcours riche et attractif pour les usagers. Concernant les espaces clos tels que les ateliers, les salles de jeux, les points de consommation et autres, nous avons eu recours au conteneurs en tôle, et ce, pour leurs abondance, leurs légereté, mais aussi pour assurer l’intégration esthétique dans le paysage urbain étant donnée que la tôle n’est pas un matériau étranger dans le vocabulaire architectural de Hay Hlel.

 

Article paru dans Archibat n°50 – Novembre 2020

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