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L’architecture en débats : Architecture spontanée – Architecture durable. Nouveaux enjeux responsables

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Dar Lasram a abrité samedi 11 avril 2009 une conférence – débat sur le thème « Architecture spontannée – architecture durable », organisée en collaboration avec l’ENAU, Archibat, l’IFC et l’ASM. Jellal Abdelkafi et Philippe Madec ont présenté leurs approches et leurs points de vue respectifs d’urbaniste et d’architecte sur la thématique générale. Celle-ci a ensuite été discutée et partagée avec Jean-Michel Place, éditeur, Henda Gafsi, urbaniste, Denis Lesage et Ali Cheikhrouhou, architectes.

L’intervention de Jellal Abdelkafi a porté sur le quartier Dubosville-Borj Ali Rais, que certains invités avaient pu découvrir lors d’une déambulation organisée le jeudi 9 avril. Au Sud de la colline du Jellaz, Dubosville et Borj Ali Rais se présentent comme l’imbrication d’un lotissement (cheminots des années 30/ maisons à toit en pente en tuiles rouges) et d’un «gourbiville/ bidonville» (qui s’est développé dans un site de carrière), c’est-à-dire comme l’imbrication d’une forme réglementée et d’une forme d’urbanisation spontanée qui ne sont pas sans influence l’une sur l’autre.

A partir des plans du quartier et sur la base des photographies récoltées lors de la déambulation, Jellal Abdelkafi a commenté les formes urbaines de l’habitat spontané. Loin d’être des formes rudimentaires de construction, celles-ci sont pensées par leurs habitants qui y projettent leur mode de représentation, leur culture, leurs attentes visuelles, etc. Cependant, bien que raccordés aux grandes infrastructures, les deux quartiers possèdent des voieries non conformes aux normes (écoulement des eaux, trottoirs, revêtement et pavage, etc.), un éclairage souvent défectueux et un service d’enlèvement d’ordures ménagères générateur d’insalubrité.

Quelle attitude durable pour les quartiers spontanés ? Telle est la question qui a été soulevée par Philippe Madec architecte urbaniste et professeur en architecture. L’architecte a commenté, via des supports visuels, ses réalisations et notamment les éco-quartiers qu’il a conçu dans les villes françaises. Selon Philippe Madec, la conception d’un éco-quartier exige une pensée globale sur l’ensemble du territoire et doit se nourrir d’un engagement de développement durable. Pour exister, le développement durable nécessite une prise en compte, ensemble, des notions d’environnement, d’économie et la dimension sociale. Philippe Madec revendique que la culture doit constituer le quatrième pilier fondateur du développement durable. «C’est à travers la parole citoyenne que la culture doit faire son office», précise l’architecte. D’après ce dernier, l’idée de la participation citoyenne est une idée fondatrice de la notion d’éco-quartier. Elle constitue la clé pour instaurer un usage cohérent du quartier.

Ainsi, pour palier aux difficultés que connaissent les deux quartiers Dubosville et Borj Ali Rais, Philippe Madec préconise le recourt à une approche durable en faisant intervenir des sociologues, des économistes, des anthropologues, des photographes, etc, pour aller à la rencontre des habitants, pour essayer d’établir des liens sociaux et des liens économiques, et «c’est la dimension réglementaire qui va ensuite donner les clés de la résolution de ce secteur», conclue l’architecte.



Inès Dimassi



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