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Alerte, ils sont de retour !
Les grands projets
Le Collectif Bledna
Alerte, ils sont de retour !
Les grands projets
 
Dans le sillage de la remise en route espérée de l’économie tunisienne, ressurgit le spectre de certains de ces grands projets qui fleurissaient sous l’ancien régime. Tels qu’en eux-mêmes, comme s’il ne s’était rien passé depuis trois ans.

Est-ce concevable ?
Est-il concevable, après le 14 janvier, que s’imposent de nouveau ce type de projets qui reposent tous sur une triple caractéristique : une implantation en zone côtière, une assise foncière très importante généralement concédée au dinar symbolique, un schéma monofonctionnel à dominante immobilière spéculative, la composante technologies/emplois étant réduite à la portion congrue ?

Est-il concevable de redonner vie à des projets qui prolongent, creusent et solidifient les déséquilibres sociaux et régionaux qui ont été au cœur de la révolution? La réponse est de toute évidence : Non. Ce serait inconcevable.

Ces projets mettent généralement en avant des « concepts marketing » affriolants (cité internationale sportive, port financier, nouvelle cité des affaires) qui ne résultent d’aucune d’étude de marché sérieuse et sont choisis par leurs promoteurs pour frapper l’imagination, fabriquer une image attractive et vendre l’idée qu’ils sont créateurs d’une multitude d’emplois.
Mais débarrassés de leurs paillettes, ils ne sont dans les faits que des projets monofonctionnels destinés à une clientèle internationale ou locale aisée et la spéculation foncière apparaît comme la motivation centrale de leurs promoteurs, qui demandent aux pouvoirs publics, outre la cession des terrains à titre quasi gracieux, de réaliser sur le budget de l’Etat les infrastructures hors site (assainissement des sites, création de digues de protection contre les inondations et autres investissements lourds tels que adductions d’eau, routes, fourniture d’énergie…).

Ces grands projets n’ont qu’un très faible souci de leur intégration dans le contexte urbain et socioéconomique local. Ils n’ont aucun souci de la nécessaire péréquation entre les composantes d’une croissance urbaine équilibrée : immobilier/activités productives/social. Quant aux services de l’Etat, c’est peu dire qu’ils ne sont associés ni à la planification ni à la conception de ces projets.

Pour ne prendre que l’exemple de « Sama Dubaï » (Lac de Tunis), son promoteur devait se faire octroyer au dinar symbolique près de 800 hectares, soit une partie significative des réserves foncières du Grand-Tunis, sachant que l’Agence foncière industrielle et l’Agence foncière d’habitation peinent depuis des années à trouver une centaine d’hectares supplémentaires à Tunis.
Dans ces 800 hectares, la composante industries/technologies/emplois ne représentait que moins de 10 %, composante dont la réalisation était de surcroît… renvoyée à la dernière phase du projet.
Et cet exemple n’est malheureusement pas unique ! Tous les autres anciens grands projets dont on annonce la résurrection: Boukhatar et « Port financier » à Tunis, Taparura à Sfax, Sebkha Ben Ghayadha à Mahdia… ont des caractéristiques hélas similaires à celles du projet « Sama Dubaï ».

On dira que l’Etat doit accepter ces sacrifices financiers et cet abandon de sa capacité de négociation et de décision au nom de l’impact escompté de tels grands projets sur l’emploi et sur l’apport en devises. Cet argument est un leurre.
En effet, les mises de fonds que la puissance publique doit consentir pour les infrastructures non seulement se chiffrent en milliards de dinars mais doivent être faites avant tout engagement financier sérieux des promoteurs car elles conditionnent la viabilisation des sites. Par contre, le promoteur, quant à lui, pourra modifier son programme initial à la lumière des premiers tests de marché sans en référer aux pouvoirs publics, exclus du montage et du contrôle. Au pire, il mettra son projet en sommeil, gardant la maîtrise pour des jours meilleurs des terrains ainsi gelés.
Face à la possible résurgence de cet ancien modèle, prédateur de l’intérêt public, un nouveau modèle de grands projets s’impose.

Pour une nouvelle conception des grands projets
La Tunisie a besoin de grands projets. Mais elle a besoin de grands projets qui soient les locomotives d’une croissance saine et à long terme du pays, créatrice d’emplois qualifiés et correctrice des déséquilibres structurels interrégionaux.
Les grands projets qui vont aujourd’hui préparer la Tunisie de demain doivent reposer sur une nouvelle approche stratégique.

La nouvelle stratégie proposée s’appuie sur quatre idées clés :

  1. Un nouveau type de partenariat, dans lequel l’Etat ne se contenterait pas de fournir l’assise foncière et les infrastructures extra-muros mais jouerait, au côté des investisseurs, un rôle clé dans la conception et la réalisation du projet.
    Ceci passe par une participation significative de l’Etat et du secteur privé tunisien au capital de la société en charge du projet, et ce, dans le double objectif d’en maîtriser la conception et la réalisation et d’acquérir des références dans ce domaine. La participation de l’Etat pourrait se faire à travers la valorisation du foncier et des infrastructures extra-muros. Le recouvrement d’une partie des investissements publics consentis à travers la plus-value foncière créée doit légitimement être recherché par la collectivité, à travers un montage du type Société d’Economie mixte (ce qui avait du reste été le cas pour le premier grand projet « Les Berges du Lac Nord de Tunis »).
  2. Une composante technologies/emplois importante, représentant au moins 40 % du projet, formalisée dans un cahier des charges du projet et engagée dés la phase 1 de sa réalisation.
  3. Un volet développement régional, qui devra accompagner dans le cadre du cahier des charges tout grand projet côtier.
    Jusqu’à présent, tous les grands projets proposés sont situés sur des sites côtiers évidemment plus rentables. L’idée est d’imposer un jumelage de tels sites avec des sites situés dans les zones de développement régional, et ce, dans des proportions et des conditions qui préservent la rentabilité des projets.
    En effet, il n’est pas envisageable, après la révolution, d’annoncer une série de grands projets exclusivement situés sur la côte.
    Ce jumelage pourra être recherché de multiples façons. Dans ce cadre, pourrait être lancé progressivement, par exemple, un réseau de cités technologiques. Les pôles technologiques actuels ou en cours de réalisation constitueront une des composantes de ce réseau, à côté des composantes résidentielles et tertiaires. Il pourrait, dans d’autres cas, être recherché par une autre forme de contrepartie régionale, par exemple la participation du promoteur d’un grand projet côtier à un fonds de développement régional qui servirait à financer les cités technologiques ou d’autres projets dans les régions intérieures.
  4. Des normes écologiques et énergétiques spécifiques au projet, fixées dans le cahier des charges.
    En s’inspirant des expériences internationales de ce genre, notamment la cité « Masdar » aux Emirats Arabes Unis, ces projets devront être conçus pour accueillir des espaces et des bâtiments obéissant aux normes les plus modernes HQE et ISO14000 pour le management environnemental, ainsi qu’à des objectifs d’économie d’énergie et d’autosuffisance énergétique utilisant notamment les énergies renouvelables…

Conclusion : Pour un débat public, informé et argumenté sur les grands projets
Ainsi donc, au moment où la question de l’opportunité de relance des grands projets revient à l’ordre du jour, il est vital que le contenu et la conduite de ces projets rompent avec les erreurs passées et s’inscrivent nettement dans le renouveau de la société tunisienne.

Cette rupture et ce renouveau sont possibles. Quelques engagements inconsidérés et mal fondés n’ont pas, encore, créé une situation irréversible. Mais il est urgent de les remettre à plat pour redresser la barre et engager le futur. Pour cela, la puissance publique doit se doter au plus haut niveau d’une task-force en situation de concevoir, de négocier et de décider avec les opérateurs des grands projets. Les compétences et l’expérience existent, la volonté politique doit leur donner les moyens de les mettre en œuvre au service du développement du pays.
Les idées avancées dans les lignes qui précèdent par notre collectif, qui regroupe des responsables d’horizons très divers impliqués dans le développement territorial et urbain, ne sont que l’amorce de réflexions et de propositions qui doivent être débattues, modifiées, précisées à travers un débat public, informé et argumenté. C’est ce à quoi vise Bledna.
Collectif Bledna
Forum de réflexion sur les territoires et l’urbain

 



Le Collectif Bledna regroupe des compétences diverses : urbanistes, ingénieurs, architectes, économistes, sociologues, géographes, et ambitionne de contribuer à la réflexion sur le thème des fractures territoriales, qui ont été au cœur de la révolution, et dont les solutions seront au centre de la refondation d’une société démocratique dynamique et équitable.

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Source : La Presse



 
 
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