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Atelier Archibat : solutions constructives pour l’économie d’énergie

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Archibat a organisé le vendredi 31 mai 2013 une matinée débat sous le thème : solutions constructives pour l’économie d’énergie. Cette journée s’inscrit dans la série : Les Ateliers Archibat, solutions pour les professionnels du bâtiment, dont l’objectif est de répondre à la demande d’architectes ou professionnels du domaine de la construction qui cherchent à être informés des nouveaux produits performants et innovants disponibles en Tunisie.

Lors de cette matinée, l’assemblée composée de professionnels du bâtiment : architectes, ingénieurs, industriels, a eu le plaisir d’écouter les interventions de Lotfi Rejeb, architecte expert GIZ et ANME en éco-construction, Hedi Hassis, ingénieur et professeur à l’ENIT, Béchir Farhat, entreprise TPR, et enfin Khalil Fekih, architecte, représentant des produits Knauf en Tunisie.

 


 


 


 



Lors de la première partie de la matinée, les interventions respectives de Lotfi Rejeb et Hedi Hassis, «l’Efficacité énergétique à la portée de tous» et «Energie et matériaux de construction», de part leur contenu, ont permis de mieux se familiariser avec l’économie d’énergie et ses différentes acceptations. Hormis les notions de base et les procédés techniques généraux d’économie d’énergie, il a été question dans ces interventions, et surtout lors des débats qui ont suivi, de la situation de la Tunisie en ce domaine.


En effet, Lotfi Rejeb s’est attardé sur les procédés simples de mise en œuvre qui peuvent nous faire économiser une grande partie des déperditions d’énergie actuelles. Un petit changement dans la manière de procéder peut déjà nous faire avancer en matière d’économie d’énergie.


La manière avec laquelle on construit en Tunisie est une grande cause de perte d’énergie et de moyens. Les matériaux mal utilisés ou mal mis en œuvre, n’offrent pas le maximum de leur rendement énergétique. De nouvelles techniques sont par ailleurs possibles, mais là aussi, le peu de curiosité des professionnels et surtout leur enclin à travailler toujours avec les mêmes techniques, font que ces nouveautés restent au stade d’expérimentations uniques dans le meilleur des cas.

 

Hedi Hassis est ingénieur-enseignant à l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis, il représente le laboratoire de recherche sur les matériaux de l’ENIT. Ce laboratoire a travaillé depuis 1975 sur les dalles alvéolées, dalles qui ne sont pourtant pas encore utilisées encore en Tunisie. La recherche avance donc mais les professionnels de la construction et les industriels sont en retard.
Hormis ce retard de mise en œuvre des matériaux nouveaux, le secteur présente d’autres problèmes de plus en plus importants :



  • Une consommation très importante d’agrégats, non justifiée : 70 MT/an (La Belgique qui a environ le même nombre d’habitants que la Tunisie : 35 MT/an)


  • Des pénuries de plus en plus fréquentes de sable dans le Sud du pays.


  • Construction trop artisanale par rapport à l’évolution mondiale et aux compétences existantes en Tunisie (et même décalée par rapport à la volonté politique)


  • Un prix du m² trop cher (durant la construction et le cycle de vie)


  • Le prix du transport du matériau revient des fois, plus cher que le prix du matériau lui-même.


  • Beaucoup de matériaux sont vendus et utilisés sans que l’on ne connaisse leurs caractéristiques techniques.


  • Manque d’industrialisation


  • Manque d’organisation (et de précision dans l’organisation)


  • Défaillance au niveau des délais


  • Les outils de travails ne correspondent pas avec la taille du projet

Ces problèmes et ces contraintes peuvent néanmoins être évités ou diminués grâce à quelques dispositions collectives comme :



  • cataloguer la consommation énergétique des matériaux de construction


  • remédier aux causes et pénaliser les produits énergivores


  • réduire la consommation énergétique durant le cycle de vie du bâtiment par l’utilisation de techniques et matériaux nouveaux et innovants. Beaucoup de matériaux, naturels et disponibles en Tunisie, peuvent être utilisés aujourd’hui dans la construction : les géo-polymères, les fibres végétales (alpha, palmier..), les sédiments marins, le phosphogypse (substitution au sable dans la fabrication des briques), substitution des roches dures concassées au sable, gravier alluvionnaire.


  • Utilisation de techniques innovantes pour une construction durable comme les outils de diagnostic des performances énergétiques.

La finalité serait de : procéder à un étiquetage des matériaux et de ne réceptionner sur chantier que les produits avec un marquage. Et aussi de procéder à des choix des matériaux les plus performants et les plus appropriés en se basant sur des classifications énergétiques, des normes et des labels. Aussi, l’information et la formation des intervenants du secteur est aussi d’une importance capitale.


De plus il y a aujourd’hui un besoin d’une coordination effective entre le milieu universitaire (ENIT et ENAU), les architectes et professionnels du bâtiment et les industriels. Les architectes doivent exiger et pousser la recherche et les industriels à innover dans le domaine des matériaux de construction. Ils sont indispensables pour la mise en œuvre de ces techniques et c’est par eux que la demande d’innovation doit arriver. Une dynamique nouvelle doit être créée dans ce sens.


Le bâtiment est donc un gisement important d’économie et il peut participer à une dynamique d’innovation et d’employabilité.

 

La seconde moitié de l’atelier a été dédiée aux industriels qui œuvrent dans ce domaine en Tunisie. Parmi eux, l’entreprise TPR (Tunisie Profilés Aluminium). Béchir Farhat nous a présenté les innovations TPR en matière de profilés aluminium à rupture de ponts thermiques et les techniques de leur bonne mise en œuvre afin d’optimiser leurs performances énergétiques. Le marché tunisien ne cesse d’augmenter, de 200 Tonnes d’aluminium produites en 1980, on est passé aujourd’hui à plus de 10 000 Tonnes. L’entreprise, qui exporte ses produits dans différents pays, s’est toujours appuyée sur les architectes pour innover et permettre au marché tunisien de se développer davantage. Elle souhaiterait donc plus d’initiative de la part des architectes tunisiens. Avec leur coopération TPR pourrait mettre sur le marché des produits plus efficients énergétiquement et plus innovants.


Khalil Fekih, représentant de Knauff en Tunisie, nous a ensuite présenté les produits phares de cette marque allemande implantée en Tunisie depuis 2004. Les avantages de ces systèmes, faits à base de plâtre, sont techniques d’abord, ce sont des constructions durables, résistantes aux séismes, et économes en énergie, et sociaux ensuite car leur usine est située à Meknassy (gouvernorat de Sidi Bouzid) depuis 2004. En outre la marque propose des formations gratuites aux jeunes professionnels.


Lors de cette journée, nous avons pu constater que beaucoup de réflexions on été soulevés et des conclusions importantes ont été partagées. Il faut construire sobrement, l’énergie la plus importante est celle que l’on ne consomme pas. Il faut organiser et densifier les échanges entre les chercheurs, les architectes et les industriels, de cette dynamique arrivera l’innovation. Il faut valoriser les produits naturels dont on dispose et freiner l’importation à outrance. A quand un isolant performant fabriqué localement et quelle alternative à la construction en double cloison ? S’interrogent les participants.


Une sonnette d’alarme a été tirée, l’un des produits les plus répandus dans nos constructions, celui que l’on considère comme la matière première dans nos chantiers, la brique, s’avère être le matériau le plus dangereux pour notre santé ! Selon, Lotfi Rejeb, des tests menés par le CNSTN (Centre National des Sciences et Technologies Nucléaires) tendent à démontrer la dangerosité des émanations produites par la brique. D’autres alternatives existent, il suffit de les mettre en œuvre.


Il s’agit aujourd’hui de trouver des solutions pour préserver les ressources de demain tout en protégeant notre santé. Les architectes en coopération avec les ingénieurs, par leurs choix de conception et de matériaux peuvent contribuer à faire de nos constructions des espaces plus sûrs et durables.

 

 


 


 

Auteur : Emna Touiti

 



 


Quelques avis des participants :



  • Merci pour votre invitation à ce séminaire. Le plus important est d’avoir entamé la discussion entre les différents acteurs du bâtiment. Il est beaucoup plus facile de travailler ensemble qu’il n’y parait. Il me semble qu’il est de la responsabilité de tous de faire évoluer nos métiers (concepteurs entrepreneurs et industriels) et que nous n’avons pas à attendre que les autorités en la matière nous donnent la marche à suivre: les changements arrivent par le bas et remonterons surement à un moment pour faire office de règles
    Sinon, comme j’ai pu l’exprimer nous avons largement les moyens de créer des scénarios constructifs et des matériaux locaux complètement adaptés à nos besoins sans avoir besoin de calquer des modèles “importés” et non cohérents pour nous.


Bon courage à tous
Walid JAOUA, architecte



  • Je remercie Archibat pour les efforts fournis pour améliorer la qualité architecturale de notre pays, cela pourrait être un élément déclencheur d’une démarche nationale dans ce sens.
    Les conclusions sont déjà tirés depuis un bout de temps : la majeure partie de nos nouvelles constructions sont OBSOLETES : aucune intelligence ni au niveau du processus de conception, ni au niveau du processus de construction, ni dans le sens de l’utilisation (confort et entretien).


Suite à l’atelier que vous avez animé, je vous propose de :





    • encourager les industriels Type TPR : à parrainer des groupes de recherches dans le sens d’une critique profonde des processus architecturaux appliqués en Tunisie.


    • faire connaitre au grand public professionnel : les associations et les groupements œuvrant pour l’amélioration du cadre bâtit.

Votre démarche est exceptionnelle, pour qu’elle porte fruit il faudrait la poursuivre sur plusieurs années et avec beaucoup d’efforts.
Bonne CHANCE.

Soufiene ZOUAGHI, architecte
identity architectural designers



  • Merci pour l’initiative! Mais l’architecture écologique est une question d’attitude. J ai trouvé un peu absurde d’être dans un séminaire sur l’économie d’énergie dans une salle où il y avait une climatisation inutile sachant qu’il ne faisait même pas chaud. Un vrai gaspillage, et un supplice car tout le monde gelait. D’ ailleurs j’ai quitté car c’était insoutenable cet inconfort thermique.
    Feriel Lejri, architecte



  • Cette rencontre a permis d’enrichir l’éternel dilemme: l’économie d’énergie dans le bâtiment est-elle une question d’intégration de matériaux comme les fabricants le revendiquent ou plutôt un problème de conception qui trop souvent échappe aux architectes?
    Cette rencontre m’a aussi permis de redécouvrir mon ami Lotif Rejeb, excellent orateur que je qualifierais gentiment de notre José Bové national de l’architecture bioclimatique! Il en fallait un, nous l’avons trouvé. Encore merci et bravo.


Adel Hidar
atelier façila

 



  • Je ne peux que vous féliciter pour vos bonnes initiatives en vue de divulguer la notion d’économie d’énergie dans le secteur du bâtiment. La culture de l’éco-construction et l’emploi vert est une condition sine qua none pour faire de  la Tunisie de demain un pays  émergeant. Vous avez bien fait d’organiser cet atelier en une demi-journée, effectivement les participants évitent de « jouer les prolongations ». Je voudrai soulever un problème important dans le domaine de la construction qui est  la qualité de mise en œuvre, la main d’œuvre qualifiée est la base fondamentale pour réussir la prochaine étape, c’est bien simple comme en gastronomie, si on ne dispose de tous les ingrédients, on ne peut pas faire de la bonne cuisine. La formation est désormais le cheval de bataille, j’espère que les choses s’arrangeront mieux avec le prochain gouvernement.
    Comme je voudrai que vous fassiez attirer l’attention des conférenciers de personnaliser leur communication et l’adapter à la réalité tunisienne, évitant par exemple de montrer des toitures inclinées. Quant à l’assistance, essayez de faire participer les bureaux de contrôle technique et le ministère de la formation professionnelle.


Avec mes remerciements, bonne continuation.

Taha BELKHODJA, Ingénieur et Promoteur immobilier














 





 


 







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