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BIM : Pourquoi il est temps de s’y mettre ?

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La question qu’on se pose aujourd’hui, c’est quoi le BIM, ça sert à quoi, ça intéresse qui, est-il fait pour moi et surtout son coût. Nous essayerons de répondre à ces questions tout au long de cet article.
Tout d’abord il n’y a pas une unique définition du BIM (Building Information Modeling)tout ce qu’on peut dire c’est que c’est une méthode de travail pour les bâtiments et les infrastructures ayant pour objectif de constituer un modèle numérique collaboratif. Cette maquette numérique va permettre la simulation, l’analyse et la détection de conflits, elle permettra aussi la validation de tous les concepts avant la phase de construction.

La
maquette numérique n’est pas uniquement un modèle 3D, mais elle est
multidimensionnelle pouvant donner des informations sur la durée, le
coût, le développement durable, …
Elle sera liée au bâtiment tout au
long de sa durée de vie allant de la conception à la déconstruction. La
technologie BIM facilite la coordination entre les différents
intervenants.

«
Le BIM permet  d’optimiser les temps de production et de construction
des bâtiments et infrastructures, et souvent même de diminuer le temps
de conception du projet. On gagne énormément en termes de qualité de
construction et de possibilités d’exploitation ultérieures des maquettes
BIM»


Emmanuel Di Giacomo, architecte DPLG,
responsable du développement des écosystèmes BIM pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique d’Autodesk


Si on se base sur la classification utilisée au Royaume Uni, il existe 3 niveaux du BIM :

Niveau 0 : c’est le dessin 2D
Niveau
1 : Dessins 2D et 3D structurés avec des objets intelligents, mais de
manière individuelle, chaque acteur crée la maquette pour son propre
usage.
Niveau 2 : Maquette numérique fournie par chaque acteur est
ensuite regroupée dans une maquette unique avec obligation d’utiliser le
même format d’échange.
Niveau 3 : Une maquette numérique de
référence sur laquelle travaillent tous les intervenants via internet,
et là on va parler de « integrated Building Information Modeling ».
Le
premier bénéficiaire du BIM c’est le maître d‘ouvrage, il pourra
vérifier tous les critères financiers, fonctionnels, et les délais avant
la réalisation. Vérifier à tout moment les concordances entre la
simulation et la réalisation. Avoir un modèle numérique pour la
maintenance de l’ouvrage lors de son exploitation. C’est donc au maître
d’ouvrage d’exiger le BIM.
Le deuxième bénéficiaire c’est l’architecte2,
maître d’œuvre, pour la phase de coordination et de pilotage. C’est un
atout pour l’architecture pour affirmer sa position dans l’acte de
construire.
Ensuite tous les intervenants du projet, bureaux d’études, ingénieurs, et ce, par l’utilisation d’un même modèle numérique.
L’intérêt
de l’utilisation du BIM est en nette croissance de part le monde, aux
Etats-Unis, 44 % des projets publics depuis 2014, la Grande Bretagne 54
%, l’Europe du Nord 50 % depuis 2007 sachant que la Finlande a adopté le
BIM depuis 2002, 8 % des entreprises chinoises et 10 % en Inde. En
Afrique, le pays le plus avancé c’est l’Afrique du Sud qui a commencé à
utiliser le BIM lors de la coupe du monde de football pour mieux
coordonner et finir la construction de 5 stades dans les délais. Pour le
reste de l’Afrique, on a des initiatives lors de certains grands
projets au Maroc tels le grand Théâtre de Casablanca3et en Côte d’ivoire, le viaduc d’Abidjan.

Pour
la diffusion du BIM nous remarquons que c’est toujours l’état qui
impose son utilisation à travers des exigences envers ses contractuels
ou par l’instauration d’un programme de mise à niveau.

« Le
déclic pour le passage au BIM a été provoqué par les difficultés
rencontrées lors de la synthèse et la coordination du projet entre les
différents intervenants. »

Anès Chakroun, directeur technique, Malls of Tunisia


Mall de Sousse © Malls of Tunisia


En
Tunisie, l’introduction du BIM n’est pas nouvelle. Certains bureaux
d’études internationaux installés en Tunisie font l’usage du BIM pour
leurs projets depuis assez longtemps, et on commence à voir aujourd’hui
certains projets locaux faisant appel aux BIM. Une expérience avec
Autodesk à l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme a été mise en
place cette année pour la formation des enseignants et des étudiants
sur les concepts BIM. Certains organismes étatiques comme la SNIT ont
déjà lancé un projet BIM. On a vu ainsi cette année, plusieurs
conférences sur la présentation du BIM.

Pour garantir la
diffusion du BIM, plusieurs critères doivent être aussi considérés, à
côté de la réglementation, on doit aussi prévoir la formation dans le
cadre universitaire ou la formation continue, les industriels du
bâtiment tunisiens doivent penser à fournir les bibliothèques et les
familles pour une meilleure exploitation de leurs produits.
Pour
travailler sur un maquette numérique BIM, les collaborateurs ne sont pas
obligés d’utiliser les mêmes logiciels, chacun peut utiliser son propre
logiciel à condition qu’il gère la norme IFC – Industry Foundation
Classes.

Pour la mise en place d’une démarche BIM, Il y a plusieurs approches, si on prend celles proposée par Autodesk dans son rapport4, la mise en place se fait en dix étapes :

Étape
1 : Apprenez à connaître BIM. Désignez une ou deux personnes pour en
savoir plus sur la manière dont BIM affectera le fonctionnement de votre
équipe.

Étape 2 : Communiquez le changement à vos employés. Les
responsables devraient jouer un rôle de premier plan en faisant savoir
que l’entreprise est en train de passer au BIM. Le message est le
suivant: « nous passons à BIM parce que c’est essentiel pour notre
avenir» et non « nous essayons BIM ».

Étape 3 : Budgétisez les
besoins logiciels et matériels. BIM n’est pas seulement un logiciel;
c’est un processus collaboratif qui repose sur des modèles 3D
intelligents. Mais vous aurez besoin d’un logiciel pour créer ces
modèles. Prenez le temps d’explorer les logiciels disponibles et
déterminez si votre matériel actuel dispose d’une puissance de
traitement suffisante.

Étape 4 : Élaborez un plan de gestion du
changement. Ce plan doit documenter à un haut niveau comment votre
équipe anticipe que le BIM change les flux de travail établis, qui a
besoin de formation et quand ils l’obtiendront, et comment vous allez
soutenir les gens quand ils ont des questions et des problèmes.

Étape
5 : Lancez un programme pilote et formez l’équipe pilote. Pour la
plupart des entreprises, il est logique de lancer un projet pilote BIM.
Si vous faites des douzaines de petits projets chaque année, envisagez
de mener un projet pilote et de tirer les leçons apprises avant de
lancer plusieurs autres projets pilotes.

Étape 6: Documentez les
processus préférés. À mesure que votre projet pilote (ou vos projets)
progresse(nt), demandez à l’équipe de documenter les processus BIM.
Considérez vos résultats préférés et comment soutenir votre équipe pour
la mise en place de la démarche BIM.

«Pour nous, le BIM n’est un pas un logiciel mais un process. Une manière
de faire que notre architecture ne soit pas écorchée par tel ou tel
contrainte technique qui aurait échappée aux architectes. C’est la
principale raison de notre passage au BIM

Cette
approche systémique et intégrée de la conception, la coordination et la
maîtrise d’ouvrage redonne également aux architectes un peu du contrôle
perdu sur les projets.

Enfin
elle constitue un formidable outil de gestion de cycle de vie et de
maintenance des ouvrages pour l’exploitant des lieux. »

Ahmed Blaïch, architecte ENAU, BAAK architects & associates

Étape
7 : Cultivez les champions BIM. Vous constaterez que certaines
personnes de votre entreprise sont enthousiastes à l’idée de BIM –
peut-être ont-elles même appris le BIM dans le cadre de leurs études ou
en travaillant dans une autre entreprise. Essayez de mettre des
champions BIM sur chaque projet pilote et de leur fournir l’entraînement
et le soutien supplémentaires dont ils ont besoin pour aider les
coéquipiers à adopter le BIM.


La journée BIM Ideate

Étape
8: Entraînez-vous et faites la transition vers d’autres équipes. Il est
important d’offrir une formation aux personnes qui sont sur le point de
commencer un projet BIM. Une erreur commune est de former l’ensemble de
l’entreprise à la fois.

Étape 9 : Intégration avec d’autres
modèles. Vous verrez le plus d’avantages de BIM lorsque vous partagez
des modèles avec d’autres entreprises qui travaillent également dans
BIM. De nombreuses entreprises trouvent que l’intégration de modèles
dans un modèle unique et partagé, accélère le processus de coordination
et ouvre la porte à un nouveau niveau de collaboration.


«Convaincu
du rôle de processus de conception intelligente basé sur une maquette
numérique renseignée par l’ensemble  des intervenants du projet le long
de son cycle de vie, OGER INTERNATIONAL TUNISIE est l’un des acteurs
actifs du développement du BIM en Tunisie. »

Sami CHEBBI architecte chargé d’études et membre du comité BIM, OGER INTERNATIONAL TUNISIE


Figure de Naviswork et détection de clash


Les familles dans Revit


Les étapes de mise en place d’une démarche BIM


Étape
10 : Développez et innovez avec BIM. En utilisant BIM, vous découvrirez
que cela permet de nouvelles capacités de visualisation, de
coordination et d’analyse. Rechercher des moyens de transformer ces
nouvelles fonctionnalités en valeur – et de nouvelles offres de services
– pour les clients.

Le coût de la mise en place du BIM se
répartit entre, les logiciels, la formation, le matériel informatique et
une perte de rendement initiale, mais ce coût peut être amorti au bout
de 2 ans avec la possibilité d’avoir de nouveaux projets1.

Le retour sur investissement (ROI)5de la solution BIM, a été traité dans plusieurs études et recherches :


« L’accompagnement est important pour la réussite de la mise en place d’une démarche BIM »

Mustapha Zaied, responsable produits Autodesk chez AVENSYS

Selon l’enquête effectuée par McGraw Hill Construction6,
le retour sur investissement des utilisateurs du BIM montre qu’il y a
une amélioration de la communication entre les différents acteurs, une
baisse des coûts et l’amélioration de la conception des projets.

L’enquête
montre aussi que plus le niveau de maîtrise du BIM est élevé plus le
retour sur investissement est important. Le plus grand bénéfice se fait
dans la phase de construction7.

Aujourd’hui
on constate une grande compétition mondiale autour de l’adoption du
BIM, la Tunisie a le devoir de faire partie de cette course, et ne doit
pas rester à la traine. Le BIM doit être une stratégie nationale.
L’investissement doit être partagé entre les différents intervenants,
sachant que la plus grande partie est faite par l’architecte8, et le plus grand bénéficiaire est le maître d’ouvrage.

Texte : Ali Bouzouita, Ingénieur, Enseignant à l’ENAU
Article paru dans Archibat n°42


1 – BIM thinkspace : http://www.bimthinkspace.com (version française : objectif Bim : http://objectif-bim.com)

2 – le BIM : un atout pour l’architecte, www.architectes.org, 2015
3 – Grand Théâtre de Casablanca :  http://sadbenkirane.com/projet/dar-el-fen/
4 – 10 steps to BIM : https://www.autodesk.com/solutions/bim/hub/10-steps-to-bim
5 – Valeur ajoutée du BIM pour la construction dans les grands marchés mondiaux, MacGraw Hill Construction, 2014
6 – Retour sur investissement d’une solution BIM, Autodesk, 2007
7
– Capturing the Return on Investment of All-In Building Information
Modeling: StructuredApproach, Ken Stowe; Sijie Zhang; Jochen Teizer; and
Edward J. Jaselskis, M.ASCE, Practice Periodical on Structural Design
and Construction · January 2014

8
– BIM : les dix précautions à prendre quand on est architecte,
http://www.batiactu.com/edito/bim-dix-precautions-a-prendre-quand-on-est-architecte-45001.php

 







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