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Ces creusets de la culture : L’histoire d’un théâtre, d’une cathédrale et d’un musée : Carthage, belle et éternelle

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Le site historique de Carthage, l’un des plus visités de Tunisie, représente à la fois l’histoire, la légende et le mythe. Dans leurs écrits, les historiens chevronnés sont unanimes pour dire que la légendaire ville de Carthage est l’une des plus grandes cités de l’histoire en dimension et en réputation, qu’elle a su s’imposer comme la capitale du vaste empire punique couvrant pendant des siècles la Méditerranée.

Au sujet de la naissance de Carthage, Serge Lancel, dans son livre «Carthage» (éd. Cérès), rapporte qu’un texte fragmentaire d’un historien grec de la première moitié du IVe siècle, Philistos de Syracuse, affirme que «Carthage fut fondée en l’année d’Abraham 802 par les Tyriens Azoros et Karkhedon» soit en 1215 avant notre ère.

 

Cette date est antérieure à la chute de Troie de 33 ans. Cela ne constitue pas la seule version, car selon Timée, «Carthage fut fondée 38 ans avant la première Olympiade, soit en 814 avant J.-C». Une date confirmée par de nombreux historiens et qu’on retrouve à peu près partout dans les livres et encyclopédies d’histoire.
Cependant, ce qui est à noter, c’est que la cité s’est imposée comme un vaste empire qui couvrit, pendant des siècles, toute la Méditerranée, du Golfe de Syrte à la Sicile en passant par les Baléares et la Sardaigne. Elle connut en ces temps une grande prospérité. Le nom d’Elissa-Didon est également fortement lié à la fondation de Carthage. Fuyant Tyr avec un certain nombre de fidèles de peur de représailles à la suite de l’assassinat de son mari par son frère, le roi Pygmalion, et après plusieurs pérégrinations, elle débarqua sur les terres de Carthage qu’elle fonda. D’autres figures, considérées comme des héros dont le grand navigateur Hannon, le maître de l’agriculture Magon et le chef de guerre Hannibal, ont participé à la gloire de Carthage.
A la fin du IVe siècle, Carthage comptait 300.000 habitants environ et à l’intérieur du mur d’enceinte édifié par l’empereur Théodosien, elle comprenait un cirque pouvant accueillir jusqu’à 70.000 spectateurs, un amphithéâtre pour 40.000 personnes, un théâtre pour 10.000, mais aussi des thermes, des édifices religieux, douze basiliques chrétiennes et elle était desservie par un imposant aqueduc qui s’étalait sur des kilomètres. En 439, la cité perdit de son prestige et de sa puissance et fut conquise par les Vandales, puis les Byzantins pour passer définitivement entre les mains des Arabes en 698. Elle tomba dans l’oubli et ce n’est qu’au XIXe siècle que les fouilles archéologiques entreprises par les Français remettent au grand jour la prestigieuse cité de Carthage protégée à partir de 1953 par un Parc National et incluse en 1979 dans la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco.

La richesse du Musée


Le Musée national de Carthage, fondé en 1875 dans les locaux du séminaire des Pères blancs, expose des pièces précieuses trouvées sur le site archéologique à la suite de diverses fouilles. Il contient des mosaïques, inscriptions, statues, stèles funéraires, terres cuites, lampes, céramiques, objets en métaux précieux, bijoux et autres objets en os et en ivoire. Les pièces exposées datent de l’époque punique, comme les splendides masques de verres colorés servant à éloigner les esprits malins loin des dépouilles des défunts.
La section romaine rassemble surtout des statues, des sarcophages et des bijoux et accueille les visiteurs avec deux grandes statues représentant la Victoire. La salle des amphores spectaculaire contient des récipients de tous les types et de toutes les tailles utilisés à l’époque romaine dans le transport maritime pour stocker divers produits alimentaires destinés à Rome. Sarcophages, inscriptions funéraires dédiées aux martyrs et céramiques illustrant des scènes de l’Ancien Testament appartiennent à l’époque paléochrétienne. Ces collections sont complétées par une riche et resplendissante collection de monnaies antiques.
Le jardin externe comprend des colonnes, des restes de statues et des stèles puniques. Non loin, il y a le quartier Magon, les ports puniques, les thermes d’Antonin, les villas romaines et les basiliques paléochrétiennes.


Le spectaculaire amphithéâtre


L’amphithéâtre, qui abrite chaque saison estivale, et ce, depuis la fin des années 1960, le Festival international de Carthage et dont la scène a accueilli les plus grandes vedettes de la musique et des arts arabes et mondiaux, se situe dans la périphérie ouest de la cité romaine. Il a été conçu comme un Colisée pouvant recevoir autrefois jusqu’à 40.000 personnes de différentes couches sociales, selon une hiérarchie précise : les riches en bas et les pauvres en haut, servait pour les jeux de cirque, principalement des chasses et des combats qui opposaient des hommes et des bêtes féroces ainsi que des combats de gladiateurs.
De nos jours, il ne reste de cette immense structure que le périmètre de l’arène. Les spectaculaires colonnades, qui soutenaient les gradins et qui, selon les chroniques de l’époque, avaient impressionné les visiteurs du Moyen-âge, ont malheureusement été rasées au sol au cours des siècles. L’amphithéâtre fut édifié entre la fin du Ier et le début du IIe siècles après J.-C. et subit une profonde restauration après 165.


Cathédrale Saint-Louis, la reconversion


Sur la colline de Byrsa, jouxtant le Musée national d’archéologie et ruines puniques et romaines, s’élève la grande Cathédrale Saint-Louis édifiée en 1884 selon les instructions du Cardinal Lavigerie, Primat d’Afrique sur l’emplacement présumé qui a connu les derniers jours du roi Louis IX qui assiégeait Tunis lors de la 8e Croisade.
En 1964, suite aux accords conclus entre l’Etat tunisien et le Vatican, la Cathédrale fut désacralisée et le monument cédé à l’Etat tunisien. En 1992, une convention de concession est signée entre le ministère de la Culture et une entreprise privée de tourisme culturel. En contrepartie de sa restauration et sa revalorisation, l’entreprise assure son exploitation culturelle et touristique.
L’ancienne Cathédrale, qui couvre une surface de 1.200m2, prend le nom d’Acropolium et enrichit le paysage culturel tunisien en organisant plusieurs événements artistiques dont l’Octobre Musical de Carthage, manifestation annuelle, dont la réputation a dépassé nos frontières.

 

Auteur : Neïla GHARBI

 















 


 



 


 





 






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