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Déclaration du conseil de l’ordre des architectesConcernant le programme exceptionnel pour la construction des logements sociaux de l’an 2012

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Dans le cadre de la responsabilité morale et juridique du Conseil de l’Ordre des Architectes de Tunisie (COAT)et dans le but de sauvegarder les intérêts de ses adhérents et au vu des acquis réalisés à ce jour aussi bien dans les domaines de l’architecture et de la construction, (…)

le COAT ne cesse de manifester son soutien à tous les efforts consentis pour le développement de ce secteur, par ailleurs le COAT manifeste ses prédispositions à participer à la réalisation des divers projets nationaux notamment ceux à caractères sociaux qui favorisent le développement.

 

Suite à une réunion urgente qui s’est tenu le 12 avril 2012 à la Cité des Sciences et à laquelle a été convié le COAT, les représentants régionaux ont manifesté leur prédisposition à soutenir le programme exceptionnel de l’habitat social proposé pour l’année 2012, convaincus des répercussions positives du dit projet sur l’environnement économique et social du pays. De ce fait le COAT était prédisposé à présenter le soutien nécessaire pour aider les citoyens à faibles revenus ainsi que ceux de la classe moyenne à disposer d’un logement décent.

Le COAT s’est exécuté et a participé aux différentes commissions techniques tenues au Ministère pour la réalisation des 30.000 logements et au vu de la responsabilité qui l’engage à l’égard des confrères quant à leur droit au travail, nous portons les précisions suivantes :




  • Il est certain que tous les mécanismes liés aux systèmes constructifs présentés ne sont que des produits industriels et de surcroit importés, réservés principalement aux bâtiments industriels auxquels certaines modifications ont été apportées et ce afin de leur conférer un caractère humanitaire chose qui ne peut s’adapter aux modes de vie du citoyen tunisien.
    Bien que nous approuvons toute initiative qui développe les nouvelles technologies de construction et qui améliorent les conditions de vie du citoyen tunisien nous insistons sur la nécessité de développer l’industrie nationale et le support aux entreprises de construction et l’essor de la recherche scientifique dans ce domaine en vue d’améliorer le produit et son développement au plan national jusqu’à satisfaire les besoins insistants du marché avec nos compétences et nos ressources propres.



  • Indépendamment de l’efficience économique qui reste à prouver, le seul fait d’importer des unités d’habitation préfabriqués et de leur injection dans le marché local peut ne pas avoir l’adhésion présumée d’autant qu’ils sont prédestinés aux couches sociales défavorisées.
    Nous citons au même titre toutes les expériences précédentes dans ce domaine où l’Etat a essayé d’imposer des modèles qui ne s’adaptent pas à la réalité sociale de certaines régions, ces expériences sont voués à l’échec et ont été soit refusées catégoriquement soit adaptées au modèle sociétal, et ce malgré la non utilisation de matériaux inusuels ces expériences ont été réfutées alors pourquoi s’aventurer aujourd’hui à utiliser des techniques et des matériaux qui ne sont pas disponibles sur le marché local avec tous les problèmes inhérents à leur adaptabilité et leur maintenance?



  • Le COAT s’étonne du recours aux solutions préfabriquées avec toutes les réserves d’efficience qu’elle peut avoir spécialement durant cette phase critique que connaît notre pays avec un taux de chômage élevé et des problèmes de développement socio-économique. Le projet de construction de 30 000 Logements constitue une opportunité en mesure d’absorber un pourcentage élevé de chômeurs et permettra un essor économique, vu qu’il pourra générer 50 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects. Ce qui nous pousse à nous interroger “sommes-nous amenés à résorber le chômage exogène et à le légaliser localement à travers l’exclusion des architectes, des concepteurs et des entreprises locales dans ce projet national?



  • Exclusion totale des architectes tunisiens dans ce projet national est une première depuis la promulgation de la loi N° 46-74 1974 et tous les textes juridiques y affairant tel que le code de l’aménagement du territoire et autres; ce qui nous incite à nous demander sur le degré de respect de la part de la commission chargée de l’étude des dossiers, des lois qui gèrent régissant la construction l’architecture et le rôle essentiel des architectes, s’agit-il d’un encouragement et une légalisation de la construction “non organisée” sur le territoire tunisien (et ce en l’absence de plans d’aménagement et de lotissements, de concepteurs et d’autorisation de construire) ou un encouragement du chômage déjà répondu chez les architectes et affaiblir leurs revenus?



  • A la suite de la séance finale de la Commission Technique tenue au niveau du Ministère de l’équipement les préoccupations des architectes ont été confirmées par les propos tenus par le représentant du Ministère de l’Equipement et suite à la décision unilatérale de lancer un appel d’offre international pour le projet ci-haut cité selon la formule “clé-en-main” ce qui met en cause la crédibilité des séances tenues par les commissions techniques qui ont eu lieu et qui se tiennent encore et démontrent que le choix a été préalablement fait sans aviser les membres de la commission ainsi que les représentants du COAT, chose qui a induit un grand remous et une colère dans le milieu des architectes du fait des choix arbitraires concernant les projets édifiés sur le territoire national et desquels les architectes tunisiens sont exclus au profit des sociétés étrangères.
    Il demeure entendu que le COAT seul organisme habilité juridiquement par l’Etat à organiser et à veiller à la sauvegarde des intérêts de la profession dans le secteur de l’architecture et est de fait prédisposé à aider l’émancipation des couches sociales défavorisées et l’histoire peut en témoigner, tout en respectant la loi et ce sans porter préjudice aux intérêts des architectes dans le même ordre d’idées nous insistons pour dire que les architectes sont fiers de ce que la Tunisie indépendante a été édifiée par l’abnégation, la volonté, la compétence et le génie de ses propres enfants qu’ils soient architectes, entrepreneurs, et autres. Chose qui leur a conféré une compétence et un savoir-faire exportables.

Compte tenu de ce qui précède le Conseil de l’Ordre des Architectes exprime son refus catégorique quant à la démarche actuelle adoptée par le Ministère chargé de la Construction et de l’Habitat et la méthodologie irréfléchie et précipitée pour consulter les dossiers présentés, sans compter sur le fait d’occulter le rôle de l’architecte de manière délibérée.
Le Conseil de l’Ordre des Architectes invite, par conséquent, les premiers responsables à la tête du pays “La Troïka” en consultation avec « le conseil constitutionnel » à réviser la stratégie adoptée pour la réalisation de cet énorme projet d’une portée nationale.


En conclusion le Conseil de l’Ordre des Architectes invite à :





    • La participation de tous les spécialistes et professionnels tunisiens du bâtiment pour l’évaluation des besoins et leur catégorisation selon les spécialités.



    • La réalisation d’une nouvelle étude sérieuse, sans précipitation et précise relatives aux spécificités sociales, culturelles et architecturales, caractérisant chacune des régions du territoire national avec des propositions qui permettent des solutions en adéquation avec les besoins réels de la population et de la société.



    • La nécessité de faire participer les spécialistes, les professionnels expérimentés et à leur tête les architectes ainsi que les différents Bureaux d’Etudes, en vue de définir une stratégie nationale qui fait participer la main d’œuvre et les cerveaux locaux.



    • Encourager un programme d’auto-construction permettant aux citoyens l’acquisition d’un lopin de terre viabilisé issu de lotissements aménagés à cet effet et de matériaux locaux de construction manufacturés en Tunisie ainsi que d’une assistance technique de la part des structures professionnelles et techniques qui leur servent d’encadrement et de suivi pour la réalisation de leur propre logement, de ce fait nous contribuons en cela à leur fournir un emploi et une formation capables d’être utilisés ultérieurement sur le marché du travail en plus du logement.

Le Conseil de l’Ordre des Architectes a jugé utile de recourir à la présente déclaration qui vise à la préservation de l’intérêt national et à la non dilapidation des fonds publics dans une entreprise aventureuse représentant un réel danger et dont l’issue n’est pas garantie du point de vue de l’efficience et de l’acceptation de la part du citoyen tunisien qui aura du mal à exploiter correctement un mode de vie étranger à ses us et coutumes.

 








 






 



 







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