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DJERBAHOOD quand le Street Art met en lumière le patrimoine millénaire d’une île

Mehdi Ben Cheikh, n’arrête pas de nous surprendre encore et encore et de continuer à s’investir dans ce magnifique projet qu’est Djerbahood dans sa version 2022 avec les plus grands artistes du street art et de faire de ce lieu une référence en Tunisie et de Djerba un musée à ciel ouvert.

2014, UN PROJET ARTISTIQUE INÉDIT 

Spécialisée dans le Street art depuis son ouverture à Paris en 2004, la Galerie Itinerrance participe au déploiement de ce mouvement artistique en imaginant, hors-les-murs, des espaces d’expression pour les artistes et des parcours de découverte pour le public.

En 2014, Mehdi Ben Cheikh, fondateur de la galerie, propose aux habitants d’Erriadh, situé au cœur de l’île de Djerba, une expérience hors du commun : faire de leur village un musée à ciel ouvert de Street art. Une œuvre d’art totale et collective ancrée dans son environnement pour le sublimer. Le temps d’un été, une centaine d’artistes tunisiens et internationaux sont accueillis par la population locale. Les murs blancs, les voûtes, les coupoles, les arcs et arcades qui caractérisent l’architecture du village se couvrent de couleurs et de formes, de messages et de récits, souvent en lien avec la culture insulaire. Djerbahood est né.

2022, UN PROJET PATRIMONIAL D’UN GENRE NOUVEAU

Après le succès rencontré en 2014, Djerbahood revient en 2022 avec de nouvelles ambitions, dans le cadre du programme Tounes Wijhetouna financé par l’Union Européenne, avec le soutien du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat et du Ministère des Affaires Culturelles tunisiens.

L’expérimentation artistique devient un projet pérenne et un vecteur de préservation du patrimoine millénaire de l’île. Les façades des houchs – les maisons à patio, les plus répandues à Djerba – choisies pour accueillir les œuvres sont restaurées dans le respect des savoir-faire et des matériaux locaux. Diagnostics, traitements, nettoyages et restaurations des surfaces sont effectués avant l’arrivée des artistes. Le patrimoine architectural d’Erriadh, façonné par un héritage culturel judaïque et musulman de plus de 2 000 ans, reprend vie.

Une place privilégiée est donnée à l’artisanat local dans cette nouvelle édition. La poterie, notamment, est alternativement un motif et un support : de larges fresques illustrent le travail ancestral des potiers de l’île, de grandes jarres sont peintes et disposées sur les bâtiments et dans les ruelles du village. L’industrie tunisienne du gré est également mise en valeur grâce à l’usage d’une technique innovante élaborée par le Groupe Somocer permettant le transfert des œuvres sur gré.

DJERBAHOOD, UN MUSÉE DU STREET ART À CIEL OUVERT

De la grande avenue où se tient chaque semaine le marché, aux plus petites ruelles du village, les fresques, mosaïques, impressions sur gré, sculptures et jarres peintes se répondent et respectent une scénographie imaginée pour valoriser l’architecture si spécifique d’Erriadh.

En 2022, une cinquantaine d’artistes se seront déplacés à Djerba pour participer à cette nouvelle édition de Djerbahood. Après Swoon, Inti, Tinho, El Seed, Add fuel, Ardif, David de la Mano et Alexis Diaz – entre autres – Shepard Fairey a intégré l’aventure en avril 2022 avec trois œuvres monumentales transférées sur gré avant d’être sérigraphiées à la main.

Le maître de l’art urbain contemporain introduit maintenant le parcours avec « Eyes open », une invitation à l’observation relayée par les yeux mobiles de Najah Zarbout placés aux sommets des édifices. La visite se poursuit par une colombe, le symbole de l’espoir et de la paix récurant dans l’œuvre de l’artiste américain.

ENGAGÉ POUR UN TOURISME DURABLE ET ALTERNATIF

L’engagement est sans doute le maître-mot du projet Djerbahood dans lequel les artisans, hôteliers et restaurateurs djerbiens sont aussi impliqués que les artistes tunisiens et internationaux ayant participé à la création de ce projet aujourd’hui pérenne.

Pour réaliser leurs œuvres, les artistes se soumettent à une expérience immersive afin de s’imprégner de la culture locale. Les œuvres sont imaginées in-situ, inspirées par l’atmosphère de l’île. Certaines révèlent ses plus beaux atours. D’autres témoignent des problématiques auxquelles elle est confrontée : le tourisme de masse, la pollution, le changement climatique, etc.

En 2022, Djerbahood a dépassé son ambition artistique initiale : le projet se positionne aujourd’hui en faveur d’un tourisme alternatif et durable. À travers le Street art, les visiteurs découvrent la richesse patrimoniale et le dynamisme culturel de l’île de Djerba.

Djerbahood offre une vision audacieuse du renouvellement et de la diversification touristique qui peut s’opérer grâce à l’art du XXIe siècle. En perpétuelle évolution, ce projet universel n’a pas fini de révéler son inventivité.

Photos : Djerbahood / Lionel Belluteau

Article paru dans Archibat n°54 – mai 2022

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