fbpx
LOADING

Type to search

Du côté du Zaghouan

Share



Situé aux portes de la capitale et des principales villes du Cap Bon, le gouvernorat de Zaghouan offre des ressources insoupçonnées que peuvent mettre à profit les promeneurs du week-end pour une virée en famille ou entre copains, sachant que le chef-lieu avance à petits pas sur le chemin de l’offre de services touristiques pouvant convenir à la clientèle tunisienne avec l’existence d’un gite rural (à l’entrée de la ville mais toujours en pleine campagne) et, pour bientôt, le retour en service d’un ancien club de la chasse réaménagé.

Pour cette escapade dans la nature et dans la culture, voici deux destinations au choix ou pouvant être cumulées le même week-end et même en une seule journée : la ville de Zaghouan et sa voisine (à une trentaine de kilomètres de distance), Le Fahs.

 

Dans notre imaginaire de Tunisiens, l’évocation de Zaghouan coïncide automatiquement avec l’idée d’eau douce, légère et abondante. Ce n’est pas une réputation volée. Nous le savons, le relief constitue une barrière naturelle à l’écoulement de l’eau souterraine et amène celle-ci à émerger en surface sous forme de sources. Le massif montagneux de jebel Zaghouan joue ce rôle à merveille.
Des sources d’eau, on en rencontre déjà à une bonne vingtaine de kilomètres avant d’arriver à la localité, au lieu dit Jebel Oust. La station thermale qui a fait la réputation de l’endroit est alimentée par des sources qui sourdent de la paroi rocheuse à laquelle elle s’adosse. Cette eau avait déjà été captée à l’époque romaine pour servir aux mêmes fins. Les vestiges d’une antique station d’eaux jouxtent les installations modernes. Elles comprennent plusieurs bassins de formes différentes, ainsi que les restes de résidences raffinées, pavées de mosaïques.
A Zaghouan même, les sources se situent en amont de la ville. Elles alimentent plusieurs cours d’eau mais l’essentiel a été capté, là aussi dès l’Antiquité, quand la ville s’appelait Ziqua, pour être livré aux Carthaginois d’abord puis aux Tunisois grâce au fameux aqueduc construit au IIIe siècle sur ordre de l’empereur Hadrien. Cet ouvrage, le plus long de l’Antiquité, prend son point de départ sous l’élégant Temple des Eaux, à quelque deux kilomètres en amont de la ville, au pied d’une paroi rocheuse. Aujourd’hui encore, une partie des installations souterraines est restée au service de la SONEDE qui gère cette précieuse ressource.
De fondation très ancienne qui remonte à la préhistoire, la ville a été tour à tour libyque (berbère), punique et romaine (il reste de cette dernière époque un portique à l’entrée de la vieille ville). Après la conquête islamique, Zaghouan, devenue un foyer de culture et de spiritualité, a attiré plusieurs penseurs et mystiques, tel Sidi Ali Azzouz, saint patron de la ville et fondateur de l’une des plus grandes confréries religieuses de Tunisie. Son mausolée, un bijou de l’architecture arabo-musulmane, attire toujours les pèlerins en foules qui, les jours de grande solennité, se pressent pour assister aux cérémonies liturgiques de la fameuse troupe d’el Azzouziya.
Légèrement en retrait, au surplomb de la ville, le mausolée de Sidi Taya’, autre mystique du XVIIe siècle, se présente sous forme d’une véritable perle dans un écrin de verdure.
Le noyau ancien de la ville conserve le cachet andalou que lui a apporté une colonie de réfugiés chassés d’Espagne au XVII° siècle et qui a amené avec elle traditions, artisanat et techniques agricoles. Ka’k el ouarqa (pâtisserie assurément la plus raffinée de Tunisie), eau d’églantine et broderie sont des legs de cette époque-là encore vivaces dans la ville.
Maintenant, mettons le cap sur Thuburbo Majus. Cette dernière appellation n’est pas sans nous rappeler la localité de Tébourba, elle, située dans le gouvernorat de La Manouba. Et de fait, celle-ci s’appelait dans l’Antiquité Thuburbo Minus, en quelque sorte la Petite Tébourba, par rapport à la Grande (Majus) qui relève, elle, du gouvernorat de Zaghouan.
Ce site archéologique campe sur une plateforme appelée Henchir el Gsibète qui surplombe la localité d’el Fahs, un kilomètre avant celle-ci en venant de la capitale.
Son appellation antique, Thuburbo Majus, sonne berbère, ce qui prouve que sa création remonte à l’époque prépunique. Mais sur le terrain, nul témoignage de cette période-là et guère davantage de l’époque punique, si ce n’est le souvenir que, durant les longues guerres puniques, Thuburbo se rangea du côté de Carthage, ce qu’elle dut payer cher après la victoire finale de Rome en 142 avant JC.
La romanisation de la cité, par la suite, n’en fut pas moins rapide et, pour ainsi dire, totale dès le premier siècle après JC. Et la ville connut une grande prospérité qui atteignit son summum au IV° siècle. Cela nous vaut, aujourd’hui, un legs parmi les plus importants de l’Afrique romaine, des monuments qui témoignent de grandes ressources matérielles et techniques et d’un haut degré de raffinement. Citons tout d’abord le plus imposant d’entre eux : le capitole. Ce temple dédié à Jupiter, Junon et leur fille Minerve conserve encore les colonnes qui supportaient le fronton triangulaire, à l’entrée de l’édifice. Avec ses colonnes, hautes de 8,50 mètres, il imite le capitole de Rome. Il se prolonge par un très vaste forum entouré sur les trois côtés de locaux commerciaux. Citons encore le forum, le temple de la paix, celui de Mercure, le marché et ses annexes, les thermes (bains publics) d’hiver et, plus loin, ceux d’été que précède un superbe palestre, esplanade pourvue d’un élégant portique à plusieurs arches sur laquelle les citoyens s’adonnaient à des exercices physiques et qui est, une inscription toujours en place en atteste, un cadeau offert à sa ville par la famille des Petronii, un temple transformé tardivement en église, des réservoirs d’eau, un amphithéâtre, etc.
Une attention particulière doit être portée aux pavements de mosaïque qui tapissent certaines demeures patriciennes. Ils sont d’une très belle facture, avec leurs décorations de formes géométriques d’une variété étonnante. Elles ont été remarquablement restaurées par de jeunes artisans formés sur place et fort bien conservées, en dépit des intempéries et des dégradations causées par la fréquentation du site.
L’entrée est évidemment payante — sauf le premier dimanche de chaque mois — et l’accueil fournit quelques services de commodité (buvette, WC, point de vente d’articles-souvenirs).

 

Auteur : Tahar AYACHI

 




















 


 







Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *