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Évènement – Patrimoine architectural tunisienL’approche participative

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Au 3 décembre, la collecte lancée, le 3 novembre dernier, par l’Association de sauvegarde de la Médina de Testour en collaboration avec l’Institut Goethe de Tunis auprès de la population locale pour la réparation de la fameuse horloge du minaret de la Grande mosquée de la ville, a rapporté près de 3.000 dinars. Maigre, penseront certains, quand on sait que cette somme représente à peine la moitié de celle requise pour financer l’opération. La participation a été fixée à 1 dinar par donateur.

A cette aune-là, et même si l’on sait que nombre de personnes ont donné beaucoup plus que cette somme symbolique, cela représente beaucoup de monde qui a été sensibilisé à cette opération et, à travers cette dernière, à l’importance du patrimoine dans la vie de la communauté. Sous cet angle-là, on peut considérer que l’opération est en bonne voie, puisque la campagne se poursuit avec ce qu’elle implique comme effort de sensibilisation auprès des différentes catégories de la population concernée.

L’opération « horloge de la Grande mosquée de Testour entre dans le cadre d’une campagne plus vaste intitulée Me3marouNA (eh oui, il faut savoir, tout savant que l’on soit, s’adapter à la sémiotique des temps présents).

Cette campagne — projet, disent ses initiateurs — a été engagée en 2012 à l’initiative du ministère tunisien de la Culture pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine architectural en Tunisie en collaboration avec la partie allemande, en application des recommandations relatives à la reconversion de la dette tunisienne auprès de la République d’Allemagne dans des domaines de développement économique. Une équipe pluridisciplinaire a été mise en place afin de mettre au point une stratégie dans ce sens. Cette équipe est composée d’acteurs venus de divers horizons : architectes et archéologues, certes, mais aussi des gestionnaires, des représentants des autorités locales et ceux de la société civile sur place, ainsi que des universitaires de différentes disciplines.

Des experts allemands ont été intégrés dans cette équipe.
Trois sites du Nord-Ouest tunisien ont été choisis comme échantillon représentatif de cette recherche dont les conclusions serviront à l’avenir pour conduire des actions pareilles dans d’autres régions du pays. Il s’agit de la ville de Testour au patrimoine andalou bien connu, du site archéologique libyco-punique et romain d’Aïn Tounga et du site archéologique romano-byzantin de Musti, à l’entrée de la localité du Krib, tous trois situés sur l’axe routier Tunis-El-Kef.

Après deux ans de travaux sur le terrain et à divers niveaux (marqués, notamment, par un séjour en Allemagne au cours duquel les participants tunisiens ont été invités à prendre connaissance de l’expérience allemande dans des expériences similaires), l’équipe a élaboré une sorte de manuel qui servira de vadémécum pour les interventions futures dans ce type d’action.

Après avoir regroupé la problématique autour de quatre thématiques stratégiques : recension, conservation, gestion et gouvernance du patrimoine architectural ; intégration du patrimoine architectural dans son environnement et rôle dans le développement durable ; implication des communautés locales et de la société civile dans le processus de décision et, enfin, la communication et la promotion du patrimoine, l’équipe a élaboré un rapport (en cours d’édition) dans lequel elle formule des recommandations, avec des mesures à prendre à court terme (moins de deux ans) et à moyen terme (plus de deux ans). Ce rapport se penche aussi sur la question de la préparation de la population locale à s’impliquer dans la mise en œuvre de la stratégie arrêtée et préconise également des mesures à prendre dans ce sens-là à court terme.

L’objectif ultime de cette démarche a été dévoilé par Christiane Bohrer, directrice du Geothe-Institut de Tunisie comme suit : «…la transition d’une politique de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine architectural centralisée et concentrée sur quelques institutions nationales vers un procédé communautaire et démocratique, salutaire à la culture du pays, aux arts et à l’éducation aussi bien qu’à son économie et son rayonnement dans le monde».

Source : La Presse

 

 







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