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EvènementGafsa, capitale du patrimoine

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Durant deux jours, samedi 31 mai et dimanche 1er juin, le centre de gravité de la vie patrimoniale en Tunisie s’est déplacé à la ville de Gafsa. En effet, cette dernière ville a vécu, concomitamment, deux évènements de portée nationale: la présentation d’un ouvrage sur la ville et la région de Gafsa qui, de la sorte, deviennent les premières, en Tunisie, à disposer d’un outil de promotion qui les introduit à la fois auprès du grand public, mais aussi des spécialistes et des décideurs dans les diverses sphères.

Le second évènement étant la tenue d’une conférence nationale sous l’égide de l’Association de sauvegarde de la Médina de Gafsa (ASM Gafsa) et du comité national du Conseil international des monuments et des sites (Icomos) sur le thème : «La conservation du patrimoine urbain après la Révolution et contribution des associations de sauvegarde des médinas à cet objectif».

 

Le premier évènement a été célébré dans l’enceinte du siège de l’ASM Gafsa, Dar Longo, une demeure patricienne de la médina de Gafsa acquise par les pouvoirs publics et consacrée depuis à abriter les activités de l’association. Cet évènement a attiré un public assez large et varié, comprenant notamment, outre les spécialistes des questions du patrimoine, un public de jeunes diplômés venu découvrir le contenu de l’ouvrage à travers une exposition d’une sélection parmi les nombreuses illustrations de l’ouvrage en grand format. Ce fut l’occasion d’un grand brassage entre les générations et les diverses approches des questions patrimoniales. Une cérémonie a suivi cette exposition au cours de laquelle le président de l’association a présenté l’ouvrage et les diverses étapes de son élaboration qui n’a pas requis moins de trois ans d’un travail collectif qui a mis en œuvre rédacteurs, photographes, mais aussi de nombreux protagonistes qui ont contribué de diverses manières à la réalisation de cette œuvre remarquable, parue sous le titre de Gafsa, une terre, une histoire, des hommes aux éditions de l’ASM Gafsa.

Le réveil des ASM


Le deuxième évènement a eu lieu dans la foulée du premier, en début d’après-midi et a réuni, outre les organisateurs, des délégations venues de diverses villes de Tunisie, dont la capitale, plancher sur la thématique en question. Les intervenants ont mis en évidence, chacun en ce qui concerne son domaine territorial d’action, les périls qui pèsent sur le patrimoine urbain dont ils ont tous souligné l’amplification ces trois dernières années, tant par la détérioration de son cachet que par sa destruction pure et simple. Tous ont relevé, chacun dans son secteur, cette nouvelle forme d’atteinte au patrimoine spirituel avec les multiples profanations de lieux de culte, en particulier les sanctuaires de saints personnages vénérés par la population. Tous ont fait ressortir l’urgence d’une action concertée à l’échelle nationale pour faire face à ce phénomène dans un cadre institutionnel approprié, qui pourrait être une fédération des associations de sauvegarde des médinas tunisiennes. Un certain nombre d’associations ont déjà mis au point un projet des statuts d’une telle fédération qu’elles entendent soumettre à leurs autres homologues, celles présentes à cette rencontre (une trentaine) et celles qui en ont été empêchées, en vue de leur adoption.
Il est à noter que cette rencontre à Gafsa, la huitième du genre, intervient après une interruption qui n’aura pas duré moins d’une dizaine d’années après la dernière en date, qui s’était tenue à Monastir en 2003. Les participants relèvent une nette différence qualitative dans les débats au cours de ces assises, empreintes d’une grande liberté de ton, ce qui contraste singulièrement avec toutes les précédentes qui étaient marquées du sceau de la circonspection et de la crainte d’irriter les autorités. Ce nouvel état d’esprit qui anime les acteurs dans le domaine associatif impliqués dans la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel dans nos cités traditionnelles se traduira, n’en doutons pas, par une efficience accrue de leurs interventions, même si, par les temps présents, l’absence d’interlocuteurs du côté officiel (autorités centrales et locales) ne facilite pas leur action.


Auteur : Tahar AYACHI

Source : La Presse

 








 








 















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