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Exportation des services de la maîtrise d’œuvre tunisienne, quels atouts, quelle stratégie ?

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Confirmant son engagement en faveur de la promotion de l’architecture et de l’ingénierie tunisiennes, Archibat a organisé en décembre 2013, en partenariat avec le Centre de Promotion de l’Exportation (Cepex), un séminaire sur le thème des services de la maîtrise d’œuvre tunisienne à l’export.
Nous vous livrons dans ce dossier une synthèse des présentations et des principales recommandations de ce symposium.

L’ouverture officielle du séminaire a commencé par un message du Président Directeur Général du Cepex, M. Abdellatif Hamam, qui a salué cette initiative, considérée comme une première dans le domaine. Il a par ailleurs signalé que, les succès qu’ont connus les quelques prestataires de services du domaine demeurent des initiatives individuelles et ne sont guère des actions planifiés dans le cadre de stratégie d’exportation étudiée ou bien élaboré, que ce soit pour les ingénieurs conseil, les architectes ou les sociétés de BTP…
Il a en outre exprimé son souhait d’aboutir à un plan d’action opérationnel qui favoriserait la collaboration entre les acteurs du secteur afin de booster les exportations et de catalyser le partenariat public-privé.
Lors de son intervention, Mme Amel Souissi Talbi, directrice d’Archibat, a cadré le déroulement de la journée, en précisant l’objectif du séminaire qui vise à répondre aux questions suivantes :
Quel état des lieux de l’exportation des services de la maîtrise d’œuvre tunisienne?
Quels atouts, quelles potentialités et quelles sont les difficultés ?
Quels sont les conditions de réussites, les opportunités et les marchés potentiels ?
Quels sont les moyens nécessaires d’accès à la commande internationale ?
Et quelle stratégie pour le développement de l’export de ces services ?
Le séminaire a été organisé sous forme de séances plénières, le matin, au cours de laquelle plusieurs intervenants ont présenté des points de vue, expériences, mécanismes de soutien et une table ronde l’après-midi, pour identifier et discuter les problématiques liées à l’exportation de la maîtrise d’œuvre tunisienne et afin de proposer un plan d’action visant la promotion des exportations des services du secteur.
M. Mohamed Selmane, Ministre de l’équipement, à la date du séminaire, a commencé par noter l’intérêt que revêt l’exportation dans le développement économique du pays et a relevé la nécessité d’améliorer la qualité des services pour pouvoir améliorer le niveau de compétitivité sur le marché international. Il a insisté sur le développement du secteur et le renforcement de ses capacités. Il a communiqué des chiffres élaborés par les services du Ministère qui estiment le nombre total des architectes agréés à 1900, dont seulement une trentaine d’architectes qui exportent leurs services et les bureaux d’études à 381 dont une cinquantaine à l’export, et 3623 entrepreneurs dont 573 appartenant aux catégories 3, 4 et 5, avec uniquement 19 entreprises, travaillant hors de Tunisie.
Pour un meilleur positionnement à l’export M. Le Ministre a présenté quelques pistes :
• L’établissement d’une stratégie pour l’exportation de la MO en général
• La mise à niveau de tous les acteurs du secteur
• L’alignement avec les standards internationaux
• La participation aux expositions et foires internationales
• La mise à disposition d’une base de données pour le secteur de l’export
• La création d’une base de données nationale pour le secteur du bâtiment et des travaux publics
• La communication avec les bailleurs de fonds internationaux
• L’encouragement à la  création de consortiums d’architectes et d’ingénieurs
• Le renforcement des capacités humaines et financières du secteur
• Le Marketing ciblé
• Le réseautage avec les compétences du domaine déjà présentes sur les marchés internationaux
• L’ouverture sur des marchés nouveaux tels que l’Asie, et non seulement sur les marchés classiques
• La création d’un comité composé de représentants des ministères de l’équipement et celui du développement, des affaires étrangères, des finances, du commerce pour appuyer l’exportation des services
•  L’organisation d’un forum pour élaborer une stratégie d’exportation des services
• Le réseautage continu entre le Cepex et tous les intervenants du métier pour un meilleur positionnement au niveau régional et international.

Etat des lieux de l’exportation des services de la maîtrise d’œuvre
Dans son exposé sur l’état des lieux de l’exportation des services, M. Ali Cheikhrouhou a  précisé que:
• les données disponibles sur la maîtrise d’œuvre sont rares et pas toujours fiables, que ce soit en MO matérielle (infrastructure, bâtiment, équipement, …) ou immatérielle (audit, diagnostic, expertise, conseils, études diverses, ..) ;
• L’offre se caractérise par l’existence du savoir-faire : compétences, champs d’actions, bonne qualité et fiabilité, et la notoriété, alors que  le faire- savoir laisse à désirer. 
•  Les expositions sont rares et ne sont pas bien étudiées ni ciblées;
•  les sites web des bureaux d’études ne sont pas attractifs et pas toujours actualisés ;
• l’absence d’une stratégie commerciale ou de marketing (édition de brochures très timide).
• Le  travail consulaire est très réduit sans aucune stratégie de marketing et de recherche de marchés.
M. Cheikhrouhou a signalé que malgré la proximité géographique et culturelle des marchés africains, considérée comme un grand avantage pour l’exportation des services, les menaces existent  par la concurrence des pays émergents  (notamment les chinois), l’absence d’une vision claire, la faible implication des pouvoirs publics, l’instabilité politique en Afrique et une crise internationale à laquelle on doit faire face.
En conclusion il a énuméré les points suivants : l’importance grandissante du secteur de MO, la bonne appréciation de l’expertise tunisienne, l’importance du Savoir faire tunisien, le faire savoir quasi-inexistant, l’absence de stratégie globale, l‘absence de prospection et d’analyse prospective et l’implication insuffisante du politique.
Retour d’expériences et « Success Stories »
Dans son intervention sur l’expérience à l’export, M. Saïd Drira, DGA de SCET Tunisie a rappelé l’historique de ce bureau d’études qui a été créé en 1972 pour répondre aux besoins du marché tunisien en matière de logement par M. Slaheddine Ben Saïd  (avec la BNA), et ce jusqu’aux années 80. En 1980, la société a connu une restructuration visant à élargir son champ d’activité et l’étendre aux lotissements de la SNIT,  pour répondre aux besoins en logement et études routières et agricoles.
« L’exportation est arrivée accidentellement » a-t-il dit, dans le secteur hydraulique, quand le bureau a gagné un appel d’offre du projet d’eau potable à Dakar pour la partie supervision des travaux. L’exportation était très significative faisant un chiffre d’affaire de 300 000 DT en 1979. Suite à cette expérience, il y avait une volonté de la part de la société d’élargir l’export en sous-traitance.
En 1982, un marché des ouvrages routiers a été conclu avec une société française ; et le marché s’est développé. Cependant, face à une concurrence locale devenue rude, la solution était de trouver des marchés ailleurs, en développant les relations avec les bailleurs de fonds internationaux. La SCET a aussi accompagné les échanges publics en assistance technique avec les administrations africaines qui avaient besoin d’assistance du gouvernement tunisien. Ceci, a permis aux fonctionnaires de l’Etat de travailler en coopération technique. Cette assistance publique a permis à la SCET Tunisie de gagner plus d’affaires, et l’étendue de ses missions est arrivée à l’Afrique de l’Ouest, l’Algérie et la Lybie.
Pour l’export vers l’Algérie, la règle d’attribution des marchés est différente. Elle se fait principalement de gré à gré. Avant la révolution de 2011, 25% de l’activité de SCET Tunisie était destiné à l’Algérie et à la Lybie. Cependant, pour faire face au changement et prévenir les risques de travailler sur la Lybie après la révolution, une ouverture sur les pays anglophones tel que le Kenya, l’Ouganda est devenue nécessaire et la langue ne devrait pas constituer un obstacle. Aujourd’hui SCET Tunisie fait 500 millions de DT de chiffre d’affaire dont 80% provient des activités à l’export.
Pour travailler à l’export, il faut faire ses preuves, avoir des références et développer une stratégie. Lors de la restructuration de SCET Tunisie, une direction de la qualité a été créé et le bureau a été certifié ISO 9001 en juillet 2000 (le 1er bureau certifié en Tunisie). Une direction du développement a été mise en place, et des cadres supérieurs de haut niveau ont été recrutés.
Le partenariat est également un élément déterminant pour réussir à l’export. Il est nécessaire d’avoir plusieurs partenaires dans un seul pays et de développer des structures régionales relais. Par ailleurs, et compte tenu des contraintes financières liées aux délais et aux procédures de paiement, le marché local devrait constituer le matelas financier sur lequel on peut se reposer afin de pouvoir assurer les charges fixes de fonctionnement. Parmi les projets de SCET Tunisie à l’international, M. Drira a cité : maîtrise d’œuvre des infrastructures de Bani Walid (1300 ha), projet de développement de l’autoroute du Nord en Côte d’Ivoire, pont sur le fleuve Congo entre Kinshasa et Brazzaville, hôtels LAAICO à Bamako, Banjul et Brazzaville ainsi que le siège de la BAD à Abidjan.
Témoignage de M. Ajmi Mimita, architecte 
M. Ajmi Mimita a signalé que la maîtrise d’œuvre tunisienne constitue une fierté pour les tunisiens lorsqu’on s’impose à l’étranger. C’est une forme de participation au partage de nos valeurs culturelles et intellectuelles à l’international.
M. Mimita a insisté sur le fait qu’il faudrait commencer par faire des réformes de fonds aux niveaux de l’enseignement et de l’organisation du métier, favoriser et encourager le travail en équipe pluridisciplinaire, revoir les besoins en architectes et mieux organiser la profession.
Il a présenté deux projets réalisés par son bureau, au Turkménistan en Asie centrale. Il s’agit d’un grand complexe touristique de 100 000 m² couvert, comprenant un hôtel de 5*, un hôtel de 300 suites, un centre de congrès, une résidence hôtelière, un centre commercial et un SPA. Les études ont duré une année et demi et les travaux menés par l’entreprise Bouygues International ont commencé en 2008 et ont été achevé en 2010. Le maître d’ouvrage est l’état du Turkménistan.
Le premier projet a été obtenu suite à un concours international gagné en partenariat avec les entreprises Bouygues International, sachant qu’avec ce genre d’opérateurs le respect des délais (souvent très court) est primordial. L’organisation rigoureuse,  le travail d’équipe et la discipline sont les valeurs clés pour la réussite du projet. D’ailleurs, la première expérience réussie a généré un deuxième projet, il s’agit d’un complexe abritant 3 Ministères : les Finances, l’économie et les affaires sociales, réalisé à Achgabat au Turkménistan en coopération avec l’entreprise Bouygues International.
Expérience de consortium
Selon M. Amir Turki, Directeur exécutif de : International consortium of architecture, urban design and engineering, les principaux obstacles liés à l’exportation des services de la maîtrise d’œuvre selon son expérience sont :
 Les groupements en consortium pluridisciplinaires constitués d’architectes, de designers, de décorateurs, d’ingénieurs, de bureaux d’études, de bureaux de pilotage, sont difficiles à gérer….
 La difficulté relative liée au marché local  (appels d’offre)
 La taille et le CA des bureaux tunisiens qui ne leurs permettent pas de répondre aux appels d’offres internationaux
 Le recours au marché international n’émane pas d’une stratégie étudié mais plutôt comme recours suite à une défaillance sur le marché local
 Le réseautage nécessaire pour accéder au marché international
 La concurrence déloyale
 Les problèmes de recouvrement
 Le manque de soutien des autorités publiques
 L’insuffisance en appui financier
 L’absence de stratégie de prospection
Pour faire face à ces difficultés, M. Turki propose de  cibler la visite des salons et d’éviter les participations hasardeuses, d’encourager la mise en réseau des compétences tunisiennes et a souligné l’importance d’établir des partenariats avec des homologues locaux.
Les consortiums de services entre la théorie et la pratique
M. Faouzi El Mufti, expert spécialisé dans le développement international, a présenté les difficultés que rencontrent les PME à l’étranger, à savoir, le manque  de  connaissance  du marché, de partenaires locaux, de personnels adéquats, des normes et des standards utilisées dans les pays cibles.
Le regroupement sous forme de consortium est une sorte d’alliance stratégique qui permettrai de : mutualiser les outils de promotions, de participer à des appels d’offres internationaux, de faire des projets clé en main à travers l’alliance établie, de bénéficier d’assistance pour la rédaction des contrats, de formation du personnel des entreprises membres, de s’installer dans un seul bureau à l’étranger et d’avoir un pouvoir de négociation plus fort.
Un consortium présente des avantages et offre un service à plus haute valeur ajouté, pour juger ses résultats, une période de 3 à 5 ans est nécessaire. Les consortiums sont de deux types : du même type d’activité (ex. architectes) ou encore de fonctions différentes et qu’on appelle consortium complémentaires. Pour être viable, un consortium, nécessite, des fonds, une vision stratégique, une capacité  d’équipe, un effort continu de consensus et un investissement en temps.
Dans la législation tunisienne, la forme juridique des consortiums n’est pas encore prévue par la loi, la seule forme qui permet les regroupements de sociétés est celle des Groupements d’intérêt Economiques « GIE ». Quelle que soit la forme du groupement (SA, SARL, GIE …), il faudrait qu’il soit à but non lucratif. Le règlement intérieur complète le statut et devrait fixer les devoirs et droits des membres et spécifie les procédures, avec une durée d’appartenance de 3 ans, une présidence tournante et l’introduction de nouveaux membres, etc.
L’expérience des consortiums en Tunisie reste malheureusement  uniquement sur papier, on note un seul cas valable en réalité dans le secteur du bâtiment. Le problème de divergences d’intérêt, les difficultés matérielles des architectes et l’absence d’autres corps de métiers, surtout les entrepreneurs, entravent le fonctionnement des consortiums.
L’expérience de  « Maison de Tunisie » à Abidjan
La Maison de Tunisie est un bureau et un showroom ouverts en Côte d’Ivoire par le consortium crée par les sociétés SOPAL, Ami et Ipalpex, qui permet de présenter différents produits tunisiens du secteur du bâtiment. Cette initiative a permis de promouvoir les produits directement auprès des clients et des prescripteurs. M. Bouchekoua a proposé tout son soutien aux architectes qui désirent disposer d’un bureau temporaire à Abidjan au sein de la Maison de Tunisie.
Promotion et aides disponibles, marchés cibles
M. Abdellatif Hamam, a présenté un aperçu général du secteur des services qui participe à hauteur de 60% du PIB, et qui présente 50% du total des investissements. Ce secteur contribue à hauteur de 26% dans le total des exportations tunisiennes, 49% de la main d’œuvre active et participe à hauteur de 60% dans la création d’emploi. L’objectif 2016 vise à avoir une participation de ce secteur à hauteur de 30% des exportations et 64% du PIB. Selon M. Hamam. Pour  consolider les atouts, il faudrait  avoir :
 une offre quantitative et qualitative plus intéressante
 une qualité reconnue à l’International et des «success stories» significatives
 une maîtrise des savoir-faire et une capacité d’adaptation aux besoins du marché (surtout au niveau de l’Afrique)
 des acteurs et des entreprises leaders (locomotives)
 des structures professionnelles d’encadrement, d’appui et de conseil
 une capacité de montage de partenariat avec d’autres acteurs internationaux
Les mécanismes d’appui du Cepex
Le Foprodex, est un fond créé au milieu des années 80, qui ne satisfait pas réellement aux exigences des marchés de l’exportation des services car il faut donner plus d’adaptation à ce secteur. C’est un fond public, qui souffre de lourdeurs administratives. La réforme de ce fond est en cours et il y a de nouvelles propositions pour appuyer la prospection des services à l’export.
Le Foprodex finance à hauteur de 45% les études de prospection de marché avec un plafond de 37500 DT. Il offre la possibilité de financer le salaire d’un cadre à l’export, à hauteur de  50% la première année (40%, la deuxième année  et 30% la troisième année). Il permet le remboursement de 50% des frais de missions de prospection, le remboursement de 40% des frais de participation aux salons professionnels, le remboursement de 50% des frais liés à l’invitation des clients. Il participe à 50% aux frais de développement du site Web, et ce dans la limite de 15000 DT.
En complément du Foprodex, le Cepex a mis en place un système « primo-export », d’appui aux sociétés qui n’ont pas encore exporté et ceux qui débutent (1 an d’exercice). Il s’agit d’un appui global de 25000 Dinars pour un accompagnement de 12 à 18 mois. La prochaine campagne devrait toucher 150 entreprises à partir de 2014.
Le Cepex offre aussi une autre forme d’appui : « facilitation accès marché » qui se rapporte à l’accompagnement dans les salons et l’appui financier, organisationnel et logistique pour la participation à des salons professionnels. Ceci, dans une logique de visions sectorielles et pour des missions ciblées. En effet, en Afrique, l’Etat n’organise pas les salons, donc c’est aux exportateurs ou encore aux professionnels de les organiser. Le Cepex peut dans ce cadre, faciliter aux professionnels la co-organisation avec des marocains ou des algériens.
L’exportation de l’expertise devrait être soutenue dès le départ, et les co-interventions sont très sollicitées par les pays africains, à titre d’exemple, avec la Libye, la Tunisie est en train de se positionner sur le Tchad. Selon M. Hamam, les régions listées prioritairement pour l’année 2014 sont les suivants : la Libye et l’Afrique sub-saharienne. Les 5 marchés cibles en Afrique sont : Burkina-Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon et le Sénégal.
Marchés publics sur financements internationaux

Mme Alice Baumelle, spécialiste en accompagnement international des entreprises,  a présenté les  volumes des contrats des bailleurs de fond internationaux et acheteurs publics des pays en développement ou émergents : 100 milliards US$ de contrats (repartis sur les 5 principales banques de développement) et 15,4 milliards de US$ d’achat par les agences de l’ONU en 2012. Ces projets génèrent de nombreux appels d’offres, sur un large éventail de secteurs (construction, santé, environnement, énergie, développement rural et urbain…) et les PME tunisiennes ont toutes leur place sur ces marchés et surtout sur l’Afrique à condition de se préparer en amont et d’identifier les bons partenaires. Ces appels d’offres internationaux peuvent paraître complexes, mais l’anticipation permettra de détecter les projets en amont du lancement des marchés.
Un grand nombre de projets sont financés par l’aide publique au développement grâce aux prêts ou dons accordés aux gouvernements par les institutions financières internationales (Banque mondiale, banques régionales de développement, commission européenne, agence Française de Développement…) et d’autres programmes sont gérés directement par des organisations internationales.

Mme Baumelle a insisté sur la possibilité de faire la veille pour les projets en cours de préparation et donc avant apparition même de l’appel d’offre (notamment avec l’ONU). Les langues utilisées sont généralement l’anglais en premier lieu, ensuite la langue française. Les zones d’intervention de tous ces bailleurs sont les pays émergeants, tel que : le Moyen Orient et  l’Afrique du Nord, l’Afrique Subsaharienne, l’Europe de l’Est et Asie Centrale, l’Amérique Latine et Caraïbes, l’Asie de l’Est et Pacifique et l’Asie du Sud.

Les avis d’appel d’offres internationaux se trouvent sur les sites des bailleurs de fonds multilatéraux tel que : le Groupe Banque mondiale, la Banque Africaine de Développement, la banque Européenne de Reconstruction et de Développement, la Banque et Fonds Islamiques, la Banque Européenne d’Investissement, Commission européenne (DevCo/EuropeAid), la Banque Asiatique de Développement, la  Banque Interaméricaine de Développement. Et aussi sur les sites des bailleurs de fonds bilatéraux tel que l’AFD (France), GIZ (Allemagne), BTC (Belgique), USAID et MCC (Etats-Unis)…
Les outils de veille spécifiques tels que ASSORTIS / DEVEX / DG MARKET  proposent aussi des services d’annonces. Des formations sur le référencement auprès des sites des bailleurs de fond, sont proposées par la société Classe export, en Tunisie.

Mme Baumelle a expliqué que le plan de prospection doit prendre en compte :
• l’étude des projets en amont pour cibler les pays à potentiel et les contacts clés à prospecter,
• l’étude des avis d’attribution pour identifier des partenaires potentiels (et concurrents) ainsi que les tarifs pratiqués,
• la veille régulière si réponse en direct,
• la préparation de certains éléments en amont : CV d’experts, références…
• la mission dans le pays afin de prospecter sur le terrain les contacts clés en amont (promotion/lobbying) et les partenaires locaux.

Table ronde
Lors du débat plusieurs sujets ont été abordés par les participants et les intervenants du séminaire, on note :
 Quid du nombre d’ambassades, leurs présences que ce soit en Afrique ou en Asie et leurs rôles pour soutenir l’exportation.
 Revoir le rôle des ambassades dans les échanges économiques, l’organisation de salons et de rencontres Be to Be, voire les former pour renforcer leurs capacités en matière de promotion du savoir-faire de la maîtrise d’œuvre tunisienne.
 Inviter les pouvoirs publics à étudier la possibilité d’établir une représentation diplomatique dans les pays à potentiel important tel que le Turkménistan.
 La possibilité d’ouvrir des représentations du CEPEX dans les pays dépourvues d’ambassade de Tunisie.
 Inviter le niveau politique et le transporteur national Tunis air, à prévoir ses lignes directes pour les pays à grand potentiel tel que les pays Africains.
 Assurer une assistance du service financier (assurances, autre…)
 Se doter d’homologues sur place et faire des conventions d’échange (ex. pour déposer un dossier de permis de bâtir)
 Se lancer dans les pays à fort potentiel, tel que la Côte d’Ivoire présentant une forte demande de logements (400 000 prévus)
 Avoir de la  patience et de la persévérance pour gagner des marchés en Afrique.
 Faire le choix entre prospection libre ou en consortium.
L’idéal serait à ce que le Cepex joue le rôle de catalyseur des programmes de prospection.
La prospection est un investissement. Qui va donc constituer ce capital : les bureaux seuls ou regroupés en consortium ou encore à travers une association ?
 M. Tarak Ben Miled architecte propose l’engagement dans de grandes structures fédératrices tel que les consortiums. Il a donné l’exemple de la Chine, où les entreprises publiques jouent le rôle de locomotives pour conquérir les marchés à l’export.
 M. Walid Bel Hadj Amor (COMETE Engineering) a signalé que l’export des services est de plus en plus difficile et que cela nécessite du temps. Le travail à l’international est un apprentissage et il faut avoir différentes démarches selon le pays à prospecter. Les relations et la persévérance constituent des atouts pour la réussite. Il a signalé que plus l’investissement est élevé plus le risque est important mais plus la rentabilité est élevé aussi. Il a insisté sur le problème de taille critique des bureaux d’architectes et a soulevé l’importance du regroupement.
 M. Ahmed Bouzguenda (Entreprise Bouzguenda Frères) a quant à lui, signalé qu’il faudrait faire ses preuves chez soi pour partir exporter à l’étranger. Pour appréhender l’export, il faudrait se préparer aux aléas et aux surprises.
 M. Tarak Ben Miled a abordé la question des honoraires des architectes qui n’a jamais été révisé. La profession n’est pas bien organisée, ce qui la fragilise déjà au niveau local, et donc minimise les chances de participer à de grands projets. La politique de sous paiement est un vrai frein, et l’administration fait la sourde oreille !
 Mme Raoudha Belarbi, DG au Ministère de l’équipement a signalé que concernant le décret 71-78 fixant les barèmes du métier d’architecte qui est très dépassé, une actualisation est en cours. Mais cela ne reste pas l’unique frein à l’exportation de la maîtrise d’œuvre. Les textes de lois régissant  le métier devraient être révisés à leur tour.
 La conclusion de ce débat est que la mise en place d’un plan d’actions est nécessaire pour favoriser l’export des petits et des grands bureaux et que le partenariat public-privé devrait être activé.
 Mme Nada Lachaal, représentant le Ministère de l’Industrie a confirmé qu’un embryon de projet au sein du Ministère de l’Industrie est créé. Il s’agit en effet de la création d’une société dans le cadre de projet PPP  de promotion immobilière qui aura pour mission : la veille et la stimulation des appels d’offre africain, la création d’un groupement d’entreprises qui peuvent se regrouper en PPP, la création de fonds de financement pour appuyer l’export sur le marché africain et pour jouer un rôle de bailleurs de fonds sur l’Afrique.  Le projet est en phase de conception des termes de référence.

 Mme Raoudha Belarbi, a suggéré de coordonner avec le Ministère de l’Equipement pour un projet pareil, et a cité dans la même logique le projet de création d’une agence regroupant les prestations de l’AFH, et les autres intervenants dans l’immobilier.
 M. Yassine Turki, président de l’Association Tunisienne des Urbanistes a remis la question de l’élaboration d’une stratégie. Il a entre autres mis l’accent sur l’importance des réseaux qui facilitent l’accès aux données et aux marchés.
 M. Mohamed Gharbi, architecte a à son tour insisté sur la nécessité de travailler en équipes, de s’organiser, de respecter les procédures et de s’unir pour être compétitifs. Toutefois, le soutien de l’Etat reste nécessaire.

Recommandations des présents
  Actualiser la réglementation
  Réviser les barèmes d’honoraires
  Organiser et encourager la mise à niveau des professionnels de la MO
  Mise en place de programmes mixtes (Public/privé) à l’export
  Faire participer les opérateurs  privés et les professionnels du métier pour la révision des textes de loi
  Réaliser une étude stratégique pour l’export de la MO
  Elaborer une étude sectorielle sur la MO en Tunisie et ses relations à l’export
  Mettre en place un système de récolte et de diffusion de l’information sur les appels d’offres
  Renforcement de l’aide à l’export  
  Encourager le groupement des entreprises et des bureaux d’études sous forme de sociétés de « Maîtrise d’œuvre intégrée »
  Mise en place d’un réseau de coordination et d’informations des actions à l’export
  Création d’une fédération de maîtrise d’œuvre
  Consolider et affiner la structure de consortium
  Développer le partenariat local pour pénétrer le marché (joint venture, bureaux locaux, représentations, …)
  Mettre en place un programme de formation de haut niveau des intervenants dans le secteur et d’échanges de compétences
  Création d’une cellule pilote au Ministère de l’Equipement pour le suivi, l’information, la prospection et la promotion de la coopération
Les propositions d’actions
1- Mettre en place un système de récolte et de diffusion de l’information
2- Mettre en place une formation de haut niveau et des échanges de compétences
3- Mettre en place un organisme spécifique de promotion et de coopération
4- Mettre à niveau des professionnels et des entreprises et bureaux d’études à l’export
5- Mettre en place une stratégie de long et moyen termes
6- Actualiser la réglementation et le système d’aide à l’export
7- Ouverture d’unités de formations (professionnelle et universitaire) par région géographique
8- Développer le partenariat local (joint venture, bureaux locaux, représentations, …)
9- Développer l’implantation locale des secteurs des BTP, Tourisme, Hospiatliers, ..
10- Développer localement des ONG de services (architectes et ingénieurs pour le développement, ..)
11- Mise en place d’une procédure de validation des compétences par métier
12- Constituer des sociétés de « Maitrise d’œuvre intégrée »
13- Mieux prendre en compte les préoccupations de développement durable et d’approche participative
14- Mise en place de programmes mixtes (Public/privé) à l’export
15- Mise en place d’une équipe multidisciplinaire de recherche développement
16- Création d’une fédération de maitrise d’œuvre
Les actions qui semblent les plus urgentes sont les suivantes
  L’élaboration d’une stratégie à moyen et long terme de promotion de l’exportation de la MO
  La mise à niveau de la profession de la MO
  L’actualisation de la réglementation
     Rapport élaboré par Wahiba RHIM BEN AMEUR

Archibat tient à remercier ses partenaires,  les sociétés: Tunisiana, Aurasol, TPR, Sopal et Duo Maghreb, pour leurs soutiens à l’organisation de ce séminaire.
Note :
1 : PPP : Partenariat Public Privé
Lien utiles :
Sites des banques de développement : www.worldbank.org / www.afdb.org / …
Sites des agences bilatérales : www.afd.fr / …
Sites de l’ONU : www.ungm.org / sites de chaque agence
Outils de veille spécifiques : ASSORTIS / DEVEX / DG MARKET / …

Classe export : www.classe-export.com
Maison de Tunisie, Abidjan : Rue des jardins, II Plateaux, Côte d’ivoire – email : lamaisondetunisie@yahoo.fr

Article paru dans Archibat n° 31 :

 







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