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Exposition « LUMIERES DE KAIROUAN » à l’Institut du Monde Arabe-Paris

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La manifestation ”Kairouan, capitale de la culture islamique”, a été, également, célébrée hors de Tunisie, à travers plusieurs manifestations dont la plus importante a été l’exposition ”lumières de Kairouan” à l’institut du monde arabe à Paris. Cette exposition a présenté 150 pièces et des manuscrits reflétant la richesse de Kairouan.

L’exposition « Lumières de Kairouan » présentée à l’Institut du Monde Arabe à Paris  jusqu’au 7 mars 2010 met à l’honneur la ville de Kairouan dont l’intense effervescence intellectuelle à l’époque médiévale l’a consacrée comme centre majeur de la promotion des arts, de la culture et des sciences musulmanes. Organisée conjointement par l’Institut du monde arabe, l’ambassade de Tunisie en France et l’Association d’amitié Tunisie-France, l’exposition décline les différents aspects du rayonnement culturel de cette ville millénaire à travers des objets rares qui  révèlent un haut degré de raffinement.

 

Proclamée en mars 2009 «capitale de la culture musulmane », Kairouan est la quatrième des plus importantes villes saintes de l’Islam et l’une des trois capitales des sciences musulmanes après Médine et Koufa. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988, elle fut longtemps le lieu du savoir, un symbole de « tolérance, d’entente et de dialogue entre les cultures et les civilisations » et le berceau d’une culture ouverte sur le monde, d’une pensée islamique éclairée et d’une prospérité intellectuelle marquée par des chefs-d’œuvre qui ont marqué l’histoire.

 

L’exposition, riche de quelques cent-cinquante objets d’arts rares (pièces archéologiques en bronze et en marbre, ouvrages manuscrits, céramiques et objets en verres soufflé, frises et portants muraux, sculptures et stèles funéraires, instruments médicaux) témoigne de la longue période d’épanouissement culturel de Kairouan sur plus de 800 ans entre le 8ème et le 16ème siècle.

 

L’exposition permet de comprendre comment la ville de Kairouan a eu une influence culturelle majeure sur la région du Maghreb ainsi que sur les pays d’Europe du sud durant la période médiévale. En effet, elle a été un grand centre de création intellectuelle et de production livresque, témoignant des avancées scientifiques et affirmant de nouveaux styles d’expression artistique. Parmi le patrimoine de Kairouan, la somptueuse collection de Coran et manuscrits de la Grande Mosquée, dont certains exemplaires sont présentés à l’Institut du Monde Arabe, est la plus ancienne et la mieux conservée du monde musulman. Elle permet de suivre l’évolution de la calligraphie coufique qui a généré l’écriture cursive maghrébine.

 

La Grande Mosquée de Kairouan est elle-même un symbole culturel et religieux majeur dont sont exposées des frises en bois peint et une grande porte sculptée. Fondée en 670 ap.JC et entièrement rénovée en 836 ap.JC, elle est considérée comme le plus ancien et le plus prestigieux sanctuaire dans l’Occident musulman. Son modèle architectural a servi d’exemple à la majorité des mosquées tunisiennes jusqu’à l’arrivée des Ottomans. Par la diversité de ses formes et la richesse de son répertoire ornemental, elle incarne l’essentiel des éléments de l’école kairouanaise d’architecture qui a régné au Moyen-Âge et pendant quatre siècles sur tout le Maghreb.

 

Kairouan a été le lieu névralgique des échanges et de la transmission des savoirs entre le Mashrek et le Maghreb. Elle a aussi rayonné bien au-delà du Maghreb, son influence intellectuelle et scientifique arriva jusqu’en Andalousie et dans les pays de la rive nord de la Méditerranée. Dés la fin du 9ème siècle, une académie (Beit al Hikma) fut créée à l’instar de l’académie de Bagdad. Elle était un haut lieu de traduction et de spécialisation dans diverses sciences astrologiques, médicales, géométriques, instituant la base d’une renaissance intellectuelle du pays et de tout l’Occident musulman. Ce renouveau scientifique permit la genèse d’une école médicale qui rayonna sur la culture européenne médiévale. Elle joua un rôle important dans le transfert des connaissances médicales arabes vers les pays méditerranéens du nord à travers la traduction de manuels arabes en latin, grec et hébreu.


Texte : Marie Carmagnolle



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