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Forum scientifique : « L’ARCHITECTURE DOIT PASSER AU VERT »

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La journée de conférences sur les énergies renouvelables dans le secteur du bâtiment qui s’est déroulée le 5 mars en marge de MEDIBAT a accueilli des intervenants de renommée venus de Grèce, d’Allemagne, du Chili, de Syrie… Ils ont présenté des exemples de stratégies nationales de maîtrise d’énergie ainsi que des techniques particulières basées sur l’utilisation de l’énergie solaire.

En introduction à la première séance sur les énergies renouvelables, Nikos Fintikakis, directeur du programme de travail ARES (1) «Architecture et énergies renouvelables»  de l’UIA , a rappelé que déjà au Vème siècle avant JC, Aristote démontrait l’importance et la valeur des 4 éléments de la nature (le feu, l’air, l’eau et la terre) et des 4 qualités élémentaires (chaud/froid, sec/humide). 2 500 ans après, la majorité des bâtiments ont un impact négatif sur l’environnement. «Il est temps aujourd’hui de revenir aux valeurs de nos ancêtres et de projeter un paysage architectural et urbain basé sur le respect de l’environnement».

 

 

Cependant certaines réalisations se distinguent par leur cohérence avec les éléments de la nature tels que le soleil (la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier et l’Institut du monde arabe de Jean Nouvel), le vent (le centre culturel J.M. Tjibaou de Renzo Piano en Nouvelle Calédonie), la terre (le musée Paul Klee de Renzo Piano et le musée du Quai Branly de Jean Nouvel) et l’eau (la maison sur la cascade de Frank Lloyd Wright). Nikos Fintikakis a souligné que c’est à partir de nouveaux modèles architecturaux qui intègrent une approche responsable envers la nature, que l’on pourra faire adhérer le grand public aux technologies écologiques et environnementales.

 

Musée du Quai Branly

 

 

Manfred Hegger, architecte, enseignant à l’Université Technique de Darmstadt, dirige depuis 2001 un laboratoire de recherche sur l’économie d’énergie dans la conception architecturale. Il a présenté le modèle allemand qui est aujourd’hui l’un des plus performants en termes d’économies d’énergie dans le bâtiment. «On peut aujourd’hui construire des bâtiments complètement autonomes, et dans le futur on pourra construire des bâtiments qui produisent de l’énergie» souligne Manfred Hegger. Parmi les avantages liés à l’utilisation des énergies renouvelables, on peut citer la création d’emploi. «L’Allemagne a déjà créé plus de 200 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables et essentiellement dans l’industrie solaire». Manfred Hegger a rappelé que la radiation solaire moyenne en Allemagne par m² correspond à la moitié de la radiation en Tunisie. De grandes potentialités qui devraient être exploitées aussi bien pour la consommation locale que pour l’exportation d’énergie. Il a par ailleurs précisé qu’il fallait non seulement faire attention aux performances thermiques des matériaux, mais aussi à leur durée de vie. Il a ainsi préconisé l’utilisation de la brique à la place du ciment qui est plus énergivore (5% de l’énergie dans le monde) et qui ne se prête qu’à une utilisation unique.

 

 


Manfred Hegger a par la suite présenté le projet d’une maison solaire conçue par ses étudiants de l’Université de Darmstadt et qui a remporté le Décathlon solaire 2007, concours de maisons solaires organisé par le département américain de l’Energie. Pour cette troisième édition du concours, les étudiants devaient construire et faire fonctionner entièrement à l’énergie solaire la maison la plus agréable et la plus économe en énergie.

 

  

 

1er Prix du concours Décathlon solaire 2007

 © www.solardecathlon.org

 

Paola Molina, architecte enseignante à l’Ecole d’Architecture de Santiago au Chili, a montré que même dans un pays qui doit encore faire face à des problèmes de pauvreté, il était possible d’envisager un modèle de développement durable en tant qu’alternative applicable à la réalité économique, sociale et culturelle. Elle a souligné le rôle majeur qu’a joué le ministère de l’équipement et de l’habitat chilien qui a élaboré des études pour améliorer la qualité des logements, avec pour objectif la réduction de la consommation d’énergie et la promotion de la qualité de vie des habitants.


La déclaration de Sfax qui a été présentée à la fin de la journée a entre autres mis l’accent sur la nécessité de sensibiliser la population à l’utilisation des énergies renouvelables en prônant notamment l’introduction des connaissances élémentaires sur l’architecture et le développement durable dans les programmes scolaires pour former les futurs citoyens. Les 7 principes de la Déclaration seront adoptés par tous les organismes internationaux relevant de l’ONU.

 

La Déclaration de Sfax : télécharger

 

 

(1) Le programme de travail ARES que dirige Nikos Fintikakis a débuté en 2002. Son principal objectif est de propager à l’échelle planétaire l’idée d’une conception architecturale basée sur une utilisation maximale des énergies renouvelables.


Ines Dimassi



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