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Galerie El MarsaNejib Belkhodja de retour

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Cela faisait près de dix années que l’on n’avait vu d’expositions personnelles de Nejib Belkhodja. La dernière lui avait été consacrée par le centre d’Arts vivants Dar el founoun, en 2002. Aussi, voir rassemblé un superbe ensemble de cet artiste aujourd’hui disparu était un événement à inscrire en toute priorité dans le calendrier des amateurs d’art.
Et pas des collectionneurs, car l’exposition que nous présente la galerie El Marsa est une exposition hommage, et rien n’y est à vendre.

La galerie, lumineux caisson de blancheur, accueille superbement l’explosion de couleurs de cet artiste, dont la modernité ne cesse de surprendre. Les calligraphies architecturales, ou l’architecture calligraphiée dont Nejib Belkhodja avait fait son écriture artistique et sa grammaire plastique, semblent, aujourd’hui, extraordinairement visionnaires. Ces «Médinas Cosmiques», selon le thème de l’exposition, constituent une véritable revendication de l’héritage de Klee et de Mondrian, mais un héritage assimilé, venu enrichir une culture séculaire, et un patrimoine esthétique spécifique. Nejib Belkhodja déclarait : «J’ai trouvé un espace de jonction entre l’iconographie de l’architecture et celle de la lettre arabe, notamment dans l’écriture coufique. Des bribes de phrases et parfois des mots apparaissent dans mes toiles».


Cette jonction étonnante, dont il a fait son mode d’expression, déclinant ces médinas structurées au kalam, ces écritures articulées en voûtes et arcades ont ouvert un champ d’expression esthétique sur lequel on ne s’est peut-être pas assez penché. Et que cette exposition nous permet de revisiter.


« A partir de lignes de force qui sont comme les éléments d’une musique architecturale arabe, Nejib Belkhodja agence des arcs, des tracés verticaux, horizontaux ou obliques qui ouvrent des espaces de circulation en résonance avec la physionomie des médinas…. L’inspiration sous-jacente à cette écriture reste le champ visuel des ruelles et des terrasses qui se répètent différemment comme une rumeur», écrit Rachida Triki qui poursuit : «Il a frayé des chemins pour une écriture plastique du patrimoine ouverte aux révolutions formelles abstractionnistes… Si sa peinture a pu investir autant notre regard et notre sensibilité, c’est parce qu’elle ne reproduit pas le monde, elle le rend “visible d’une vision secrète”, selon le mot de Paul Klee»


Et c’est probablement pour cela, par ce qu’il concilie en nous d’ancrage et d’ouverture, d’attachement aux racines, et d’attrait pour la modernité, parce qu’il a su répondre à cette dualité essentielle de notre sens artistique, qu’aujourd’hui, plus qu’hier, Nejib Belkhodja nous touche et nous séduit.

 

Auteur : Alya HAMZA

 











 





 


 







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