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La colère des architectes de la fonction publique

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Il s’agit d’un évènement rare pour ne pas dire inédit : Les architectes tunisiens de la fonction publique, d’habitude disciplinés, discrets, et non revendicateurs, manifestent en ce moment leur colère et leur mécontentement concernant les injustices qu’ils subissent depuis bien longtemps au sein de l’administration tunisienne et réclament la reconnaissance de l’architecte tunisien.

En effet en plus de la sous –estimation  de l’architecture d’une manière générale dans notre pays et de la  non reconnaissance du rôle qui incombe à l’architecte dans la société, c’est surtout, le mépris de la profession en tant que telle par les pouvoirs publiques, qui  révolte les architectes de l’administration..
Il est triste que  l’architecture ne soit  pas reconnue d’utilité publique comme c’est le cas dans les pays développées et ce malgré l’impact certain qu’elle a sur la société, l’économie, l’urbanisme, la  santé,  la sécurité, la culture, et la qualité de nos vies…Les résultats de cette inconscience se font sentir de plus en plus à travers nos villes, nos quartiers, nos constructions  et nos paysages …..

Lors de la révolution, et malgré tous les troubles qui se sont manifestés à son sillage, malgré les changements profonds qu’elle a entrainé, le secteur de la construction était le secteur le moins touché de tous. Les projets publics de construction, locomotive et catalyseur du secteur de la construction à l’échelle nationale, ne se sont pas interrompus, et ce en dépit des phases difficiles qu’a traversé et que traverse encore notre pays. Sous la direction des architectes du secteur publique, conscients de l’importance de ces projets en termes de création d’emplois pour différents corps de métiers et de développement économique du pays, ces projets ont avancé en dépit de tout. 

Quatre ans après la révolution, le bilan des architectes dénote leur professionnalisme et leur patriotisme profondément enracinés, aucun jour d’arrêt de travail ni aucun jour de grève n’ont été signalés par les architectes du secteur public.
Malheureusement, jusqu’à ce jour, et depuis toujours, l’architecte du secteur public est défavorisé par rapport aux autres corps de métiers comme les ingénieurs, les juristes, les médecins ou pharmaciens…. Et malgré un nombre d’années d’études similaire, sept ans pour l’ancien régime des architectes et six ans pour le nouveau, les salaires des architectes de la fonction publique restent parmi les plus bas et leur situation morale et matérielle ne cesse de se dégrader depuis plusieurs années sans que les autorités de tutelle ne leur prêtent une oreille attentive.

Par leur faible nombre, les architectes du secteur public n’ont jamais pu bénéficier des mêmes avantages que ceux du corps commun des ingénieurs de l’administration, notamment en ce qui concerne les salaires,  l’accès à des postes de décisions et de responsabilités,…..

Ce métier, souffrant de l’amalgame entre architecte diplômés et présumés et en infériorité numérique devant les représentants des autres corps de  métiers, se retrouve entre le marteau de l’injustice sociale et l’enclume de la confusion des statuts.
Cette situation est préjudiciable non seulement pour les architectes mais aussi pour toute la société tunisienne puisqu’il est question de notre  santé, de notre qualité de vie de notre l’environnement, de notre  culture, de notre économie…. Surtout en ce  moment critique pour notre pays ou les enjeux de développement territoriaux, d’aménagements urbains, de construction durable, de consolidation des liens sociaux, de préservation des ressources et de l’environnement sont  cruciaux et ou les défis y afférents sont à relever  par  les architectes.

Ce qui est important à souligner c’est que l’architecture est au cœur du développement. Elle devrait être  une priorité et un axe stratégique fort et il est indispensable que les architectes prennent toute leur part à ce vaste chantier  qui s’engage pour  l’avenir de notre pays.
Les architectes lancent un appel  pour la reconnaissance de l’architecte et du métier humilié, pour la préservation des spécificités de la profession et du  rôle primordial de l’architecte, et pour qu’il n’y ait plus de discrimination entre différents corps, afin qu’ils puissent continuer à servir la société comme ils l’ont toujours fait, avec un dévouement  indéfectible.

Auteur : Raoudha Elarbi 







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