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La résidence Bir el-KaçaâCalme, luxe et volupté

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«Lors de la construction (en 1935) de leur maison à Bir-Kassaâ, et pour respecter le style et l’environnement, ils avaient sollicité le concours d’un architecte renommé, Monsieur Valensi»
Dans un fascicule daté de 1891, soit 10 ans à peine après l’établissement du protectorat français en Tunisie, son auteur, Charles Lallemand, dont on dirait aujourd’hui qu’il était «reporter» de métier, qui sillonnait le pays pour en vanter les attraits afin d’y faire affluer les colons, nous livre un descriptif détaillé du domaine de «Bir-Kassaâ», alors considéré comme «l’un des plus grands jardins de Tunisie, puisque sa superficie dépasse neuf hectares.»

Il agrémente son texte de croquis et d’une planche en couleurs représentant la résidence principale de ce domaine. Il en parle en ces termes :

«Le plus rapproché de ces domaines, celui dont on a longé le territoire sur plusieurs centaines de mètres, est le domaine de Bir-Kassaâ. L’on aperçoit, presque à ses pieds, ses vastes constructions blanches et sa coupole verte, au milieu d’un immense jardin. Le nom de ce domaine lui vient de sa forme générale qui est bien celle des grands plats en bois dans lesquels on sert le couss-couss, et que les Arabes appellent Kassaâ. Et comme il n’y a pas moins de quatorze puits au fond de cette colossale cuvette, on l’a appelée la Kassaâ des puits, Bir Kassaâ.

Le domaine de Bir Kassaâ est depuis 1888 la propriété de M. Henri Savignon, qui a été membre du Jury de la classe 73, pour la Tunisie, à l’Exposition universelle de 1889, et dont le remarquable Rapport a attiré l’attention et la bienveillance des jurés sur les vins tunisiens. Il y a quelque cinquante ans, alors qu’une cour brilante animait, non loin de là, la résidence beylicale de Mohammédia, Bir-Kassaâ était le palais d’été d’un des seigneurs de l’entourage du Bey Ahmed, le caïd Alfaouïn (sic). Il reste de l’ancienne de cette demeure aristocratique un superbe patio couvert, sorte de salon central que coiffe une coupole aux écailles en tuiles vertes. Ce salon est une petite merveille ! La surface intérieure de la coupole est toute brodée de sculptures mauresques, patiemment ciselées dans le plâtre. L’on dirait de la dentelle. La coupole repose sur une frise ajourée, garnie de verres de couleurs, et formant un cercle lumineux et multicolore d’un effet ravissant aux rayons du soleil. Sous la frise, la construction passe de la forme circulaire à la forme carrée, par une très ingénieuse combinaison de pans coupés, de coquilles et de pendentifs, tous admirablement sculptés. La masse de l’édifice central semble supportée, comme par miracle, par de fines colonnes de marbre blanc.

M. et Mme Bertainchand, enfants du propriétaire actuel, ont eu le bon goût de compléter l’harmonie de ce spécimen d’architecture tunisienne, en l’ornant de tentures du pays et de meubles arabes à fond d’or. Quatre loggias charmantes ajoutent de la surface à cette pièce centrale, sans en détruire le caractère. Elles sont greffées en croix que les quatre faces du carré et donnent accès, par des portes basses, aux appartements qui entourent le patio : c’était l’habitation des femmes, le harem si vous voulez, du propriétaire d’antan.
Les bâtiments d’habitation forment une cour ouverte en terrasse du côté du levant et dominant de près de deux mètres le jardin».

Une nouvelle vie pour la résidence

Dans sa notice sur Louis Stoll, acquéreur, en 1931, du domaine de Bir el-Kaçaâ, Robert Stoll revient sur cette résidence en apportant les précisions suivantes : «M. et Mme Louis Stoll avaient eu également une préoccupation toute particulière lors de la construction (en 1935) de leur maison à Bir-Kassaâ. En effet, pour respecter le style et l’environnement, ils avaient sollicité le concours d’un architecte renommé, Monsieur Valensi, pour faire les plans d’une habitation moderne intérieurement mais s’intégrant harmonieusement dans le beau cadre existant. C’est ainsi que furent aménagé un grand patio dallé de marbre blanc avec une belle fontaine au centre, des palmiers aux quatre coins et l’accès au salon arabe par une loggia aux fines colonnes. Les moucharabiehs, les grilles en fer forgé, les encadrements en pierre sculptée de Dar Chabane décoraient les portes et les fenêtres.

Un minaret prolongeant l’escalier intérieur équilibrait la masse de la belle coupole couverte de tuiles vertes.
Le tout est situé au milieu d’un très grand et très agréable parc où les arbres aux essences les plus variées alternaient avec les parterres aux fleurs chatoyantes».
Aujourd’hui, nous aimerions bien savoir ce qu’il reste de tout cela.

Auteur : Tahar AYACHI







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