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Lancement du concours d’idées d’ONU-Habitat en Tunisie : un toit pour la dignité
Appel à projets : imaginer un habitat économique et décent pour les sans-abris à Tunis

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La séance de lancement du concours d’idées : un toit pour la dignité, a eu lieu le 31 mars à l’École nationale d’architecture et d’urbanisme de Tunis (ENAU) en présence de Mme Aida Robbana, Cheffe du bureau sous-régional du Maghreb et de Tunisie d’ONU-Habitat en Tunisie, de Mme Amel Souissi Talbi, fondatrice et directrice de la revue Archibat et de M. Fakher Kharrat, directeur de l’ENAU. Ce concours est ouvert à tous les étudiants inscrits en architecture en mémoire, stages et doctorat.
Dans le cadre du programme « Soutenir la réponse au COVID-19 dans les zones urbaines défavorisées de la région Arabe », le bureau régional de Tunis d’ONU-Habitat en Tunisie organise un concours d’idées ayant pour thème “Imaginer un habitat économique et décent pour les sans-abris”, en partenariat avec Amel Souissi Talbi directrice de la revue Archibat et avec l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme (ENAU).

La crise sanitaire a exposé de manière frappante les inégalités entre les populations et les lieux, en particulier dans les grandes villes, où les groupes les plus vulnérables ; les sans-abris, les migrants, les pauvres, les femmes et les personnes âgées ont été durement touchés. Les alternances confinement et couvre-feu permettent certes de freiner l’épidémie mais engendrent des précarités pour certains ménages allant jusqu’à la perte d’emploi et perte de logement pour certains.
Ce phénomène, s’il persiste, risque d’augmenter le nombre des sans-abris, qui sont déjà des personnes très fragile qui n’ont de choix que d’errer dans les rues de Tunis où elles sont, en plus, exposées à la contagion en l’absence des conditions sanitaires rudimentaires.
Les quelques centres d’accueil pour les sans-abris qui existent en Tunisie, sont dans un mauvais état, leur capacité est dépassée et ils ne peuvent offrir des espaces privatifs. Les personnes qui sont accueillis dans ses centres y restent rarement longtemps, préférant retourner à la rue et recherchant d’autres solutions malheureusement pas plus décentes. S’inscrivant dans cette problématique réelle du « sans-abrisme », ce concours d’architecture a pour objectif d’inciter les futurs architectes à trouver des solutions d’habitat digne et adaptées à la population des sans-abris à Tunis.
Ce concours d’idées aspire à recueillir et à primer les meilleurs projets apportant une solution de logement économique, décent, éco-pensé et innovant, pour les sans-abris.
Les participants sont invités à proposer des solutions de logement pour les sans-abris conformément à l’objectif 11 des Nations Unies, ” faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résiliants et durables “.
Le concours propose aux candidats de concevoir le prototype d’une unité de vie minimale et efficace destinée provisoirement à un individu seul ou à une famille (4 personnes). Cette unité de vie est pensée comme un espace de vie temporaire (1 an – 2 ans) que pourrait offrir la municipalité de Tunis à ces personnes pour les sortir de la rue en attendant de leur fournir un pied à terre permanent avec la coopération des associations travaillant dans la réinsertion sociale des populations vulnérables.
Tous les détails concernant l’inscription, les étapes, le processus et les critères d’évaluation de cette compétition sont disponibles sur le site : www.archibat.info et sur les réseaux sociaux de la revue Archibat, de l’ENAU et d’ONU-Habitat Tunisie.
Les projets lauréats seront largement médiatisés notamment sur la revue Archibat, et communiqués aux autorités responsables du soutien aux sans-abris.
Le projet retenu à l’issue du concours, pourrait servir de base pour la recherche de financement en vue de sa concrétisation en partenariat avec le bureau de Tunis d’ONU- Habitat.
Le challenge : Un toit pour la dignité exprime le lien inextricable entre l’accès à une maison et la dignité humaine qui n’est plus à démontrer et dont le principe apparaît dans la déclaration universelle des droits de l’homme et dans le Pacte des droits économiques, sociaux et culturels où est énoncé le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour la nourriture, le vêtement et le logement.
Dans la constitution tunisienne, la prescription du droit au logement décent, sans être explicitement formulée, apparaît pourtant à travers la disposition générale de l’article 21 sur les “conditions d’une vie digne”.
D’ailleurs bonne nouvelle, dans un avenir proche, une heureuse concrétisation est en réflexion au Ministère de l’équipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire qui envisage d’inclure les personnes « sans-domiciles », aux bénéficiaires du programme des logements sociaux.

Les initiatives des institutions publiques et des associations militantes étant insuffisantes pour répondre à cette réalité socio-spatiale qui se révèle de plus en plus à Tunis, nous estimons que les efforts de plusieurs protagonistes doivent se conjuguer pour défendre et concrétiser la cause du logement comme droit humain pour les plus démunis.
Dans cette chaîne humaine et dans cet effort collectif, l’architecte ne se présente-t-il pas comme un acteur principal ?
Quels sont les besoins fondamentaux à satisfaire pour qu’un logement, fut-il temporaire et économique, soit considéré comme digne ?
Ce concours souhaite sensibiliser les futurs architectes sur le rôle social de l’architecture et sur les enjeux de l’engagement citoyen pour répondre aux problématiques de l’inclusion des populations marginalisées et vulnérables dans la planification et les politiques urbaines en Tunisie.
Le programme de la séance de lancement du concours a rassemblé des universitaires et des responsables de la société civile œuvrant pour l’inclusion sociale des populations vulnérables dont Sana Ben Achour, la présidente de l’association Beity qui milite pour la lutte contre les discriminations, les violences de genre et la vulnérabilité économique et sociale des femmes.

Dr. Aida Robbana, Cheffe du bureau sous-régional du Maghreb et de Tunisie d’ONU-Habitat Amel Souissi Talbi, fondatrice et directrice de la revue Archibat et Fakher Kharrat, directeur de l’ENAU. Sana Ben Achour, la présidente de l’Association Beity. De gauche à droite : Narjes Abdelghani, responsable pédagogique du concours à l’ENAU ; Chiraz Gafsia, architecte-urbaniste, la responsable du concours à ONU-Habitat ; Dr Taieb Ben Alaya, coordinateur médical du projet Personnes en Rue/Médibus, de l’ONG Médecins du Monde ; Aida Robbana, Cheffe du bureau sous-régional du Maghreb et de Tunisie d’ONU-Habitat et Sana Ben Achour, la présidente de l’association Beity.

Dans son intervention : Figures de la précarité urbaine des femmes, l’expérience du centre d’hébergement de l’association Beity en Médina de Tunis, Sana Ben Achour, professeure d’université à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociale a déclaré : « La question du « sans-abrisme » ne se résout pas à un simple toit mais à la reconnaissance, pleine et entière du droit fondamental au logement décent dans ses différentes composantes matérielles, économiques et symboliques dont l’Etat devrait être garant. »
Dr Taieb Ben Alya, représentant de Médecins du Monde a présenté quant à lui, le travail effectué par cette association depuis le début de la crise sanitaire pour faciliter l’accès à la santé pour les populations les plus vulnérables et a présenté une cartographie de la concentration des personnes en rue dans le Grand Tunis.
« Les sans-abris dormant dans la rue, occupent des immeubles menaçant ruine, un taudis de fortune, l’entrée ou la cour de service d’un immeuble, des toits, des stations de bus, métro, une gare, l’enceinte d’une mosquée, un coin dans un jardin public, les alentours de postes de police, les urgences des hôpitaux, des maisons sans droits d’occupation dans la médina etc. », a précisé Dct Taieb Ben Alya.
Les intervenants ont apporté un éclairage sur la réalité de la problématique du « sans-abrisme » et les étudiants qui souhaitent participer au concours pourront bénéficier de leur retour d’expérience en suivant le reportage filmé et disponible sur les réseaux sociaux de la revue Archibat et de l’ENAU.
Olfa Meziou, Maître de conférence à l’ENAU a fait une présentation autour de la question de l’habiter et de la décence, le logement temporaire. Entre… toit pour une vie nue et… lieu d’où habiter le monde.

Un programme très instructif, notamment avec des industriels et entreprises, est prévu pour les étudiants participants. En attendant la suite et l’aboutissement de ce concours, tous les étudiants en architecture inscrits en diplôme, mémoire et doctorat, sont appelés à s’inscrire sur ce lien : (Règlement du concours) jusqu’au 28 avril 2021 et à préparer leurs bonnes idées. Une médiatisation importante sera consacrée à leurs projets et un montant global de 8000 DT de prix leur sera attribué.

Vous pouvez suivre toute la séance de lancement de concours en vidéo dans ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=d7Qnuj1H4eE

Article paru dans Archibat n°51 – Avril 2021

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