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« L’architecture comme argument de vente du produit touristique » compte rendu du colloque

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L’université Tunis Carthage a organisé le 15 mai dernier un colloque-débat sur l’architecture et le tourisme. Cette rencontre, animée par Ali Djerbi, chef du département architecture de l’UTC, a permis à des architectes tunisiens de renom d’exprimer leur point de vue sur la question « quelle architecture pour quel tourisme? »

Pendant la première séance les intervenants ont abordé
plusieurs problématiques inhérentes à la thématique générale et liées à leurs
expériences personnelles dans la conception et la réalisation d’infrastructures
hôtelières.

Au cours de son intervention Wassim Ben Mahmoud a mis en
exergue l’influence du contexte géopolitique, économique et culturel sur l’architecture
hôtelière.  Il souligne que la production
des architectes est étroitement liée au cadre institutionnel dans lequel ils
évoluent : ONTT, l’AFT, la commission technique, les normes….  Il en résulte un produit standardisé, un style
répétitif. Wassim Ben Mahmoud invite à mener une réflexion nouvelle en citant
comme exemple le tourisme écologique dont il a présenté quelques tentatives louables, telles
que le Club Med La Fidèle à Djerba qui emploie des matériaux naturels, utilise
l’énergie solaire et fait preuve de respect vis-à-vis de l’environnement, ou
encore le village écologique El Gouna en Egypte, conçu par Michael Graves.

A la question « quelle architecture pour quel
tourisme ? » Taoufik Bouslama répond que chaque type de tourisme doit
avoir une structure d’accueil qui réponde à ses besoins. Car, nous dit-il,
l’architecture n’est qu’une réponse à un besoin. Il est donc primordial d’aligner
l’offre touristique  à la catégorie de
touristes à laquelle elle est destinée. On assisterait  ainsi à l’apparition de formules telles que
le « all inclusive » qui séduit de plus en plus les visiteurs
étrangers.

Ajmi Mimita a par la suite insisté sur la formation des  architectes en soulignant que ces derniers
sont les premiers responsables de l’échec ou de la réussite du secteur
touristique. Il affirme que la mission de construire un hôtel est très
importante et engage un certain savoir faire et des compétences essentielles.
Ajmi Mimita a par la suite présenté certains de ses projets parmi lesquels
l’hôtel Concorde au Lac, l’hôtel Plaza à Djerba et le théâtre en plein air situé
dans la même ville. Il préconise le respect envers le bâti existant et le
recours aux éléments de la nature.

Enfin Moez Gueddas clôture la première séance par une
réflexion sur l’importance de l’architecture dans le secteur touristique. Elle
constitue, selon lui, un argument principal de vente du produit touristique et
devrait ainsi correspondre aux attentes des clients.

Au cours de la deuxième séance la parole a été donnée à des
responsables des institutions chargés de la programmation et de la gestion de
la politique du tourisme en Tunisie, mais aussi de la mise en œuvre de la bonne
application des différentes directives.

Khaled Trabelsi, représentant de l’ONTT (Office National du
Tourisme Tunisien) appelle à plus d’innovation de la part des architectes dans
la conception des infrastructures touristiques, et des hôtels en particulier.
« La commission technique est entrain de voir le même geste se répéter à
l’infini avec comme schéma type un hall central avec atrium et piscine en
face ». Selon lui l’absence d’une démarche propre à chaque architecte est
à déplorer. Khaled Trabelsi a également pointé du doigt le nombre trop élevé d’intervenants
dans la conception d’un hôtel. Selon lui, la tâche de conception et de
coordination doit rester l’apanage de l’architecte.

Après une brève présentation de  l’ AFT (Agence Foncière du Tourisme) dont
elle est la représentante, Tafida Ben Othmane, dénonce l’inadaptation de la
zone touristique telle que conçue en 1973 au contexte actuel.  Elle met en cause la responsabilité des
aménageurs dans la production touristique et stipule que c’est l’échec du
modèle des  « zones touristiques » qui est la cause de la crise
globale qui atteint le secteur. Elle se positionne contre les zones touristiques
isolées conçues pour les besoins spéculatifs des promoteurs. Enfin elle
encourage les projets rassembleurs, intégrés dans les villes et accessibles à tous.

Afifa Sfaihi, représentante de l’APAL (Agence de Protection
et d’Aménagement du littoral) a plaidé pour le développement d’un tourisme
durable respectueux de l’homme et de la nature. Il comprend la valorisation des
sites vulnérables d’intérêt patrimonial, la réhabilitation des terroirs en vue
de leur valorisation comme destination touristique, ainsi que la distribution
plus équitable des retombées économiques générées par la réhabilitation et la
création d’activités rentables et viables liées au tourisme.

La séance a été clôturée par un débat auquel a pris part M. Ahmed
Smaoui, invité d’honneur de ce colloque.  L’ancien
PDG de l’ONTT et de Tunisair, qui a également été secrétaire d’Etat au
Tourisme, ministre du Transport et ministre des Affaires sociales, reste
toujours très sollicité quand il s’agit de débattre de questions fondamentales
relatives au développement touristique.

Ce dernier propose
de mettre fin aux ghettos hôteliers et de mettre fin au concept de zone
touristique par une diversification de l’offre.  « Nous devons avoir un produit
touristique méditerranéen fondamentalement basé sur le balnéaire et relevé par
d’autres produits tels que le tourisme saharien, le tourisme culturel, le
tourisme d’affaires etc…» conclue M. Ahmed Smaoui.



Inés Dimassi



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