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L’architecture renouvelée par le développement durable

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Une conférence organisée par l’ENAU, Archibat et l’IFC s’est tenue le samedi 25 Avril à l’ENAU sur le thème de « l’architecture renouvelée et le développement durable ».
Françoise Hélène Jourda, spécialiste française des bâtiments verts, nous fait part de son long combat pour l’architecture responsable et consciente de l’environnement à travers plusieurs de ses réalisations.


Nombreux étaient les étudiants, architectes et professeurs impressionnés par son simple et intéressant discours reflétant sa longue carrière. Cette femme remarquable a su provoquer tout l’auditoire par l’audace de son slogan « plaider pour la laideur». En effet, Françoise Hélène Jourda plaide pour une architecture responsable, économe en matière et en énergie, attentive aux nouvelles aspirations sociales et aux nouveaux modes de vie et de travail. «Je ne sais pas à quoi vont ressembler mes bâtiments quand je travaille, je m’interdis de me poser la question» , selon l’architecte, le souci écologique prime sur le souci esthétique et stylistique.

«Quand le bâtiment aura un sens il sera beau». Les critères esthétiques reconnus aujourd’hui ne sont évidemment pas ceux de demain. Dans ces conditions, seul le sens mérite vraiment de la considération. En d’autres termes, la pertinence préexiste à la forme. L’architecte n’est pas seulement un créateur mais un citoyen plus responsable qu’un autre, ayant une obligation morale, sociale et humanitaire de proposer et surtout de fuir des propositions qui ne sont pas orientées vers une architecture environnementale.

La définition du développement durable pour Françoise Hélène Jourda est le questionnement des ressources naturelles (l’air, l’eau, la terre, les matériaux). Sa problématique, que l’on retrouve dans ses divers projets, consiste à réduire le moins possible l’emploi des ressources : une maison lyonnaise conçue selon la notion d’énergie en utilisant des toiles tendues couvrant un bâtiment en bois contreplaqué ou encore un hôpital à Lyon dont la façade est couverte de panneaux en inox attachés, surmontés de pavillons en bois et avec des terrasses plantées au dessus des blocs opératoires. 

Citons également un musée botanique à Bordeaux entièrement construit en bois, dont les éléments signalétiques ont été représentés par de gros cailloux en béton projeté. Elle construit actuellement à Saint Denis le premier immeuble à énergie 0, entièrement démontable excepté son sous-sol, un système de poteau poutre en acier et des dalles préfabriquées en béton, une façade en zinc pour épouser la forme d’une double courbure. Pour éviter les dépenses énergétiques, les dimensions de chaque ouverture ont été calculées précisément selon la surface de la pièce pour pouvoir déterminer la lumière nécessaire.

© JOURDA Architectes

L’un des plus remarquables de ses projets est le centre de formation du Ministère de l’Intérieur à Herne Sodingen en Allemagne, dans les années 90, qui est devenu rapidement une référence mondiale en matière d’architecture écologique. Ce bâtiment qui a marqué la carrière de Françoise Hélène Jourda est composé d’une grande serre, jouant le rôle d’une enveloppe microclimatique, au dessous de laquelle plusieurs bâtiments en bois sont installés.

Ce projet a été construit sur un sol pollué, au dessus de plusieurs galeries et tunnels appartenant à une ancienne mine. La serre présente une structure entièrement en bois, coupé et séchée dans une forêt avoisinante au site. Elle est contrôlée par une station de météo en fonction du climat : sa courbe annuelle des températures est similaire à celle de Nice. 10.000 m2 de cellules photovoltaïques avec des intensités variées ont été intégrés au bâtiment, protégeant la serre de l’ensoleillement et évitant des effets de contre jour. L’ensemble produit 1 méga Watt crête pour un bilan énergétique largement positif.

© JOURDA Architectes

Les réalisations de Françoise Hélène Jourda sont toujours ponctuées de bois, considéré comme un matériau de construction adéquat pour une architecture durable. Ses projets nous montrent qu’une belle architecture n’est pas composée uniquement de verre et d’acier. Elle remet en question les techniques et les pratiques constructives d’aujourd’hui, afin de répondre aux besoins actuels sans nuire à la terre que nous transmettons aux générations futures.

Françoise Hélène Jourda prône pour une architecture démontable, modifiable et recyclable afin de mieux réutiliser les ressources et pouvoir reconvertir les constructions. Militante du développement durable, elle oriente son travail vers une architecture biodégradable tout en excluant la pérennité de ce que l’on construit. Il s’agit de construire pour les autres et non pour soi.



Ons Sakji



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