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Les architectes tunisiens en sit-inDes arguments en béton

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La décision relative au lancement d’un appel d’offres international quant à l’acquisition de 20.000 logements préfabriqués a laissé le corps des architectes tunisiens perplexe. En effet, l’enveloppe financière allouée à ce projet s’élève à 1400 millions de dinars soit environ 7% du budget, une enveloppe qui sera, très probablement, raflée par un fournisseur étranger et qui ne profitera point à l’économie du pays du fait que c’est un projet qui mobilisera une faible main-d’œuvre et encore moins de matières premières.

Ce choix se justifie, selon l’administration, par l’urgence du dossier, un argument que les professionnels trouvent insuffisant car, souligne Ilyes Bellagha architecte, le degré d’urgence est à définir, rappelant que des pays tels que l’Algérie ou l’Irak ont eu recours à ce genre de solution suite à un séisme ou un état de guerre.
Ilyès Bellagha attire, par ailleurs, l’attention sur le cadre réglementaire qui régit cet appel d’offres et qui n’est autre que celui qui a prévalu depuis des années avec tous les dépassements qu’on lui connaît. Il ajoute qu’il est dans l’ordre des choses d’avoir des réserves et d’être prudent face à une procédure jugée suspecte.
Il pense, d’un autre côté, qu’un tel marché avec les moyens fianciers qu’il mobilise devrait être accompagné par des arguments chiffrés qui permettraient d’en cerner les avantages et les inconvénients.
Toutes ces questions ont été relayées juste après l’annonce du projet (depuis environ deux mois) par l’Ordre des architectes tunisiens. Le ministère de l’Equipement n’ayant pas donné suite à cette demande, un groupe d’architectes s’est réuni, hier, pour un sit-in devant le ministère de l’Equipement, l’objectif étant, d’une part, d’éclairer l’opinion publique et de pousser l’administration à transmettre le dossier en question aux commissions concernées et spécialisées de l’ANC afin d’établir un avis d’experts qui fera office de référence pour en juger l’utilité.
Ilyes Bellagha, précise, enfin, que la question ne doit pas être considérée comme un sujet de polémique politique mais une question purement technique dans la mesure où elle impacte directement un secteur clef de l’économie, un secteur qui mobilise environ 13% de la main-d’œuvre nationale qui connait, déjà, une crise et qu’une solution tel le logement préfabriqué ne peut que noyer davantage.



Auteur : Nadia CHAHED
Source : La Presse

 










 


 



 


 



 


 








 








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