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Maisons d’hôtes dans la médina de TunisDe vieilles demeures renaissent de leurs cendres

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La reconversion d’anciennes demeures en maisons d’hôtes est un moyen de préserver le patrimoine architectural
Les maisons d’hôtes et hôtels de charme commencent à fleurir dans la médina de Tunis. Les demeures en péril, qui constituent un patrimoine architectural prestigieux, sont récupérées par des amoureux de la médina et de la vieille pierre qui les restaurent et les mettent en location à des touristes en quête d’authenticité. Au cours de nos pérégrinations dans la médina de Tunis, nous sommes tombés dans la rue Dar El Jeld sur un grand projet de construction et de restauration de prestigieuses suites d’hôtes.

Le projet a été entamé dans les années 2002/2003. Après 4 années d’attente, le propriétaire, qui possède des restaurants dans la vieille médina, a obtenu le permis de bâtir qui consiste à intégrer l’ancienne demeure à ces nouveaux espaces pour en faire un hôtel de charme de haut standing. 
L’avantage est que la demeure, occupée par des familles que la municipalité a délogées, donne sur deux rues : la rue Dar El Jeld et la rue Debdaba. On a fait un hammam traditionnel selon les règles de l’art. Les travaux ont commencé en 2009 ; puis arrêtés durant 6 mois après la révolution. Des problèmes de voisinage ont contraint le promoteur à arrêter les travaux encore une année.
Les travaux ont repris en 2012 sous la conduite de la dynamique Nada Dhahri, ingénieur des travaux, qui pilote tous les secteurs d’activité du chantier : bâtiment, menuiserie, chauffage, etc. « C’est mon 2e projet après Fondouk El Attarine», déclare-t-elle.
Le hammam ressuscité 
On accède aux bâtiments par une entrée principale sise à la rue Debdaba. Cette entrée dessert l’espace d’accueil et le restaurant et la salle des banquets. On peut également y accéder par un restaurant annexe dont une partie a été démolie. «Nous avons entrepris une rénovation de l’ancien restaurant et nous avons entamé la construction du nouveau»,  précise le promoteur du projet.
Cet hôtel de charme est destiné à un tourisme haut de gamme : hommes d’affaires et touristes qui cherchent à s’immerger dans la médina durant 3/4 jours. Les deux architectes, chargés du projet, ont réalisé un système qui consiste à séparer la réception de l’hébergement. Environ 1400m2 avec 3 entrées principales pour les clients. Une entrée qui conduit vers la salle des banquets, conçue pour les réceptions locales : cérémonies de mariages, etc. 16 suites sur deux niveaux, un magasin d’artisanat, un salon, un hammam. Il y a deux niveaux, deux ascenseurs, un majless et un jardin andalou. 
La porte principale est majestueuse avec ses colonnes en marbre, réalisée par un artisan chevronné, tailleur de pierre qui a réalisé tous les encadrements de la porte. Beaucoup de précision et de savoir-faire ont été déployés pour donner à la pierre sa vraie valeur d’antan. 
Le rez-de-chaussée est composé de part et d’autre de chambres, avec au milieu un jardin andalou ; un majless et un hammam traditionnel qui comprend un accueil, des vestiaires, un coiffeur, une chambre froide, 3 salles de massage à sec, une salle de repos, un hammam chaud, 2 salles de gommage et 2 toilettes.
16 suites et un banquet
Le premier niveau est réservé aux suites en homothétie auxquelles on accède par ascenseur ou escaliers. Elles sont toutes équipées d’un salon, d’une chambre, avec une grande fenêtre, un dressing, des toilettes et une immense salle de bains. Toutes les chambres sont superposées les unes sur les autres et ont la même configuration. Chaque suite est marquée par un encadrement de marbre ancien assez personnalisé.
Les chambres du deuxième niveau sont identiques. Il a même été prévu une chambre pour personnes handicapées. Le toit de la partie extérieure du bâtiment est recouvert de tuiles : «C’est une histoire un peu bizarre. On a voulu faire des tuiles de Testour, mais l’artisan à qui on s’est adressé n’a pas honoré ses engagements. On a dû donc les importer d’Italie. Elles sont mi-artisanales, mais c’est un matériau haut de gamme», explique Abbès Abdelkafi. «Nqicha» en plâtre, des plafonds en bois et djeliz, du plâtre projeté sur les murs (une technique allemande) qui absorbe l’humidité, etc. Les motifs ornementaux du bâtiment sont du type traditionnel de la médina avec l’introduction d’une touche moderne qui est le verre et l’éclairage au sol. Le tout donne l’impression d’un caravansérail à l’ancienne. Le patio est une copie à l’ancienne avec des pierres de différentes tailles.
La salle des banquets située au dernier niveau est dotée d’une entrée personnalisée. Elle est insonorisée avec de la laine de roche qui est un isolant en laine minérale. Un café sur la terrasse avec une magnifique vue du tout-Tunis. «Le budget de ce projet est de 12 millions de dinars : le tiers en prêt et le reste en autofinancement. 
On est à la limite de la rentabilité au niveau du nombre des suites», assure le promoteur qui estime que le chantier sera terminé en 2017. Visiblement, cela a tout l’air d’un bijou qui illuminera la médina de Tunis et rehaussera son prestige architectural.
Source : La Presse







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