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Maisons d’hôtesChez vous, ailleurs que sous votre toit

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«Quand vous êtes chez moi, vous êtes chez vous !» Quand elle vous lance ça, Olfa tape dans le mille. Car elle sait que c’est bien ce sentiment que vous êtes venu chercher. Chez elle, c’est où ? C’est à la pointe du Cap Bon, légèrement au nord-ouest de la localité d’El Haouaria, presque au surplomb du détroit de Sicile qui sépare notre pays du continent européen. Mais cela pourrait tout aussi bien être du côté de Zaghouan, de Djerba, de Nefta ou de Tunis. Car chez elle, c’est ce qu’on appelle une maison d’hôtes.

Le Tunisien commence à peine à découvrir ce produit importé d’Europe — comme tant d’autres — mais qui, longtemps, avait été interdit de séjour, sinon clandestinement — eh oui ! — par des autorités obtuses, frileuses, suspicieuses qui n’avait rien autant en horreur que de ne pouvoir contrôler les allées et venues des citoyens, leurs retrouvailles et, bien évidemment, leurs échanges. Mais, sitôt apparue dans le paysage, c’est-à-dire peu avant et, surtout après la Révolution, la formule connaît un engouement croissant.
En Europe même, où elle a fait son apparition dès la fin des années soixante-dix, cette nouvelle manière de pratiquer le tourisme est venue répondre à des aspirations nouvelles à un retour vers les choses simples, vraies, naturelles, tant dans les rapports entre les humains qu’avec l’environnement. Sur un plan purement technique, on va dire que l’origine de cette pratique se situe dans la formule très britannique du bed and breakfast ou, en Europe continentale, de la pension de famille.
B&B, comme disent les sujets de Sa Majesté, consiste à offrir l’hébergement pour une nuit ou plus assorti du petit déjeuner que l’on doit prendre dans la salle à manger ou à la cuisine, de manière à simplifier le service mais qui a pour résultat aussi d’instaurer des rapports de convivialité que le seul séjour ne permettrait pas. La pension de famille, elle est plus floue. Elle peut se limiter au seul hébergement comme elle peut déborder sur les autres aspects du quotidien avec ce que cela implique comme proximité mais aussi, éventuellement, de désagréments.


Un objectif : vous conquérir


En quoi la formule de la maison (ou chambre) d’hôtes diffère-t-elle des précédentes ? Dans le caractère personnalisé de l’accueil et du traitement durant le séjour. Ici, on est accueilli par les propriétaires, qui vivent sur les lieux, vous invitent à partager avec eux les espaces communs ainsi que le petit déjeuner (obligatoire) et se mettent à votre disposition pour d’autres services, tels le déjeuner ou le dîner à prendre autour de la table familiale, éventuellement avec d’autres hôtes, moments que l’on peut prolonger en veillée amicale. Ici, le maître mot est « convivialité ».Tout l’art du prestataire (ici, il ne faudrait pas parler de professionnalisme) consiste à vous faire sentir que vous êtes chez vous. Et il ne suffit pas de le claironner. Dans leur façon d’être, dans leurs propos, dans leurs gestes et actes (aussi bien dans la décoration que dans la cuisine), Olfa et Roberto s’emploient à vous conquérir, à vous intégrer dans l’espace et l’ambiance.
Les prestations, souvent, débordent le seul cadre «hôtelier» et s’expriment en suggestions pour meubler votre temps de loisirs, des activités culturelles, ludiques ou sportives, par exemple, proposées par vos hôtes ou pratiquées dans le voisinage proche ou plus lointain.
Autant dire qu’à la fin de votre séjour, si bref soit-il, vous repartez avec la conviction d’avoir non seulement profité de manière optimale de ce que vous êtes venu chercher, mais aussi d’avoir enrichi votre capital relations humaines. Et c’est cela que n’offre pas l’anonymat ni la sécheresse des services des formules touristiques classiques, fussent-ils des clubs qui, de toutes façons, traitent des groupes plutôt que des individus.
Votre séjour en maison d’hôtes peut aussi être plus bref. Vous pouvez aussi vous y rendre à midi, ou le soir, juste pour un déjeuner ou un dîner que vous aurez commandé à l’avance et que vous pourrez prolonger pour le café. C’est que la maison d’hôte offre aussi la «table d’hôte».
Cette branche du tourisme que l’on dit «alternative» n’a pas encore été codifiée en Tunisie. En attendant un code que l’on dit imminent, ceux qui le pratiquent le font en s’inspirant de l’expérience européenne. C’est ainsi que l’on distingue, à côté du logement chez l’habitant en zones urbaines (chambres et maisons d’hôtes), les gîtes ruraux, les fermes-auberges, etc. Leur nombre va grossissant, ce qui traduit le succès de la formule parmi la clientèle tunisienne mais aussi celle européenne en quête d’authenticité et de proximité avec le milieu d’accueil. Mais, contrairement à ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée, il n’existe pas chez nous (pas encore ?) de labels pour classer ces établissements en fonction de leur nature et, bien entendu, de la qualité de leurs prestations. En attendant, ces critères sont, de fait, inscrits dans la pratique, ce dont atteste le succès de la formule car, pour une branche qui, pour l’instant, ne bénéficie d’aucun avantage, survie : égale succès, égale pleine satisfaction du client.

 

Auteur : Tahar AYACHI

Source : La Presse

 








 






 



 






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