fbpx
LOADING

Type to search

Patrimoine – Fondouk Al Attarine, un monument en restaurationRendre la Médina à ceux qui l’aiment

Share



Cela faisait quelque quarante années que ce fondouk, proche voisin de l’ancienne bibliothèque El Attarine, était fermé. Quarante ans que les voisins et passants s’étaient habitués au lourd silence qui planait sur ces lieux désertés par l’histoire et la vie grouillante des souks. Aussi, ne pouvaient-ils qu’être intrigués par la subite animation qui s’est emparée des lieux depuis plusieurs mois.

On creuse, on décape, on démonte pour remonter, on renforce, on consolide ce qui peut l’être, on remplace ce qui ne l’est pas, mais tout cela avec un doigté, un savoir-faire, un respect des techniques anciennes, une volonté de préserver ce qui peut l’être qui force l’admiration. C’est que le Fondouk El Attarine est tombé entre de bonnes mains : celles d’une famille de la Médina à qui l’on doit déjà de superbes réalisations: le Dar Jeld et le Diwan, en attendant qu’ouvre l’hôtel de charme dont ils poursuivent le projet. Chez les Abdelkafi, tout le monde est impliqué : les frères, financiers et gestionnaires, la sœur, cheville ouvrière de tout projet, les neveux qui arrivent, et assurent la relève. Et rien ne se fait sans concertation, et sans consensus. Ce qui, bien sûr, ralentit les prises de décisions, mais a le mérite d’éviter les décisions hâtives.

 

L’aventure du Fondouk Al Attarine a été longue : trois ans pour retrouver les quatorze, ayants droit, et négocier, deux ans pour finaliser les travaux, car rien n’est plus long que de restaurer un monument ancien quand on est puriste : il a fallu dégager et nettoyer les «blats» anciens qui constituaient le pavement originel, restituer les structures premières, refaire les plafonds effondrés avec les briques anciennes, et les escaliers. Puis une fois l’essentiel obtenu, reprendre les boiseries et les fers forgés à l’identique, étudier les éclairages, distribuer les volumes en fonction des nouvelles affectations, remettre en état les puits et «majels» de la maison pour sacrifier à une volonté écologique d’économie d’eau, retrouver les colonnes des «bortals», ainsi que les tours de portes et de fenêtres d’origine, introduire de la végétation, et décider, il n’a pas fallu moins d’un conseil de famille pour cela, comment serait la plaque signalétique du lieu.


Dans cette aventure, les Abdelkafi ont impliqué architectes, urbanistes, historiens, décorateurs, éclairagistes, artisans. Ils ont fait appel à la mémoire des anciens, pour savoir comment c’était avant. Ils ont impliqué les voisins et habitants des souks qui se sont fait partie prenante du succès de ce projet. Aujourd’hui, le Fondouk Al Attarine est terminé. Ce sera un lieu de rencontre et de convivialité, mais aussi de culture et de mémoire. On y trouvera une halte restaurant, où l’on pourra prendre de somptueux petits déjeuners, et de légères collations, un café gourmand où seront servies les mythiques pâtisseries de Dar Jeld voisin, une galerie d’art, où l’on invitera de nombreux artistes à exposer, des boutiques d’art artisanal qui changeront de thèmes en fonction des saisons et des ateliers d’artisans où travailleront «bransiyas» et nattières.



Cet espace sera ouvert aux voyageurs étrangers, certes, mais aussi et surtout aux Tunisiens, à qui il offre un nouveau lieu de convivialité, de rencontres, accueillant pour les évènements festifs et culturels, s’inscrivant dans une volonté depuis longtemps affirmée, de rendre la Médina à ceux qui l’aiment.

 

Auteur : Alya HAMZA

Source : La Presse

 








 








 
















Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *