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Pont de Marsa-Plage Arrêt provisoire des travaux

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Aucune nouvelle intervention n’est autorisée sans l’accord de l’Institut national du patrimoine
La société civile s’est battue pour sauvegarder le pont séculaire de Marsa-Plage, et elle a finalement obtenu gain de cause. Le pont-rail faisait partie de la première voie ferrée de Tunisie, reliant Tunis, la Goulette et La Marsa (TGM), inaugurée à l’époque précoloniale par Sadok Bey.

«La symbolique de ce pont pour la mémoire collective est peut-être inaccessible pour certains, mais lumineuse pour d’autres attachés à leurs racines, urbaines», écrit Faïza Skandrani, membre de l’Association de sauvegarde de la ville de La Marsa (ASVM).
Faute d’entretien, le pont s’est détérioré. Il a été fermé à la circulation en mai 2012 pour des raisons de sécurité. La délégation spéciale de La Marsa a décidé de le détruire et de reconstruire un pont plus large et plus moderne. La charpente ne serait plus constituée de poutrelles métalliques mais de béton armé. Le projet a été présenté quelques jours avant le début des travaux, en octobre 2013. L’ASVM et d’autres associations actives à La Marsa se sont opposées au projet en dénonçant le manque de transparence et de concertation dont a fait preuve la délégation spéciale de la municipalité de La Marsa. Elles ont notamment reproché à la municipalité de ne pas avoir rendu publique l’étude d’impact sur le projet d’élargissement du pont. «Le pont représente peut-être un danger, on veut bien qu’il soit réparé, mais pourquoi l’élargir et pourquoi faire une passerelle en béton ?», interroge Radhia Ben Mrad, présidente de l’ASVM, qui a salué la décision des autorités d’interrompre les travaux.

Dans l’attente d’un consensus
Le 10 février 2014, le ministère de la Culture a, en effet, ordonné la protection du pont de Marsa-Plage et l’arrêt des travaux. Désormais, aucune intervention sur le pont n’est autorisée sans l’accord de l’Institut national du patrimoine (INP). Le Tribunal administratif de Tunis a lui aussi émis la décision d’arrêter les travaux, suite à une requête déposée par l’association en janvier. « L’INP a décidé de classer et de protéger le pont provisoirement, en attendant de trouver une solution consensuelle. Nous voulons un projet qui soit à la hauteur des ambitions de La Marsa », assure Ben Mrad. Pour la présidente, la décision d’arrêter les travaux est une première : «La société civile à la Marsa a créé un précédent. C’est un acquis citoyen. Avant (ndlr: la révolution), on ne pouvait pas s’exprimer sur les questions du patrimoine».

Lundi dernier, une réunion a eu lieu au Premier ministère entre des responsables du ministère, des représentants du gouvernorat de Tunis et la délégation spéciale de La Marsa. «L’entrepreneur a détruit une bonne partie du pont. Mercredi, il va y avoir une visite du monument, à laquelle je vais participer, pour étudier les possibilités de réhabilitation», informe Fathi Bahri, directeur du département des monuments et des sites à l’INP. De son côté, l’association souhaite lancer un concours d’idées avec l’Ecole nationale d’architecture et d’urbanisme pour présenter une proposition de projet. «Nous sommes pour la réhabilitation, la restauration et l’embellissement du pont», affirme Radhia Ben Mrad.

Source : La Presse







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