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Pour décongestionner nos routesEt si l’on réhabilitait le transport ferroviaire

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Réhabiliter le transport par voie ferrée, surtout des marchandises et des véhicules les transportant, rendrait un service inestimable au pays et permettrait des gains substantiels à toute la communauté nationale.
Plus d’un million de véhicules circulent sur nos routes. La densité du trafic pose un réel problème pour les usagers, notamment dans les villes et leurs environs. En dépit de l’amélioration de la plupart des axes, l’extension du réseau autoroutier, la construction de centaines d’échangeurs, le problème de la circulation dans le pays va en s’aggravant.

Et quelles que soient les voies prospectées pour trouver des solutions, il est incertain de parvenir à des résultats probants.

Nos villes et banlieues étouffent, la pollution va croissant, les accidents de la route se multiplient et deviennent de plus en plus mortels. Le nombre des victimes chaque année avoisine les 1.600 personnes, celui des blessés atteint des proportions alarmantes. Le coût de ces accidents s’élève à des centaines de milliards chaque année, sans compter l’impact psychologique de ces accidents sur les familles des victimes. Tout cela exige une réelle prise de conscience de la part de tous pour tenter un tant soit peu de freiner cet élan dévastateur en imaginant des scénarios autres que ceux qui ont prouvé jusqu’ici leurs limites.
Et pourquoi pas nous inspirer des expériences des pays qui ont connu les mêmes problèmes auxquels la Tunisie fait face.
En Suisse, il y a quelques années, on a mis en place un programme qui a porté ses fruits et permis à la Confédération de souffler en parvenant à décongestionner le trafic sur les routes. Ce programme a misé sur l’encouragement du transport ferroviaire, non seulement pour les personnes mais surtout pour les marchandises avec contenant et contenu (camions et produits transportés).
Les dividendes à tirer d’une telle opération sont inquantifiables. Cela se traduira par la réduction du nombre d’accidents et permettra une économie d’énergie, à deux niveaux : des camions transportés par des trains et ceux utilisant la route qui ne seront plus soumis aux affres des embouteillages, cela contribuera aussi à prolonger l’âge des véhicules empruntant les trains, dans la mesure où ils circuleront moins.

Une idée révolutionnaire !

Bien sûr, les autorités helvétiques ont pensé à tout en instaurant une telle règle pour le déplacement des poids-lourds.
Le prix du transport de ces derniers par voie ferrée ne doit pas excéder ce que le transporteur devra dépenser en carburant avec souvent des bonifications qui encouragent à adhérer à un tel choix.
Pour la Tunisie, l’expérience mérite l’intérêt d’autant plus que notre réseau ferroviaire couvre presque la totalité de notre territoire national du Sud au Nord. Certaines lignes de chemin de fer fermées au trafic pourraient être remises en service. Le cas de la ligne Tunis-Tabarka, ou celle de Tunis-Kairouan, qui seront rentables une fois mise en application cette formule qui a réussi en Suisse.
Et pour demeurer dans les théories et les suppositions, nous proposons à titre d’essai, bien sûr, après études et accords avec toutes les parties prenantes que le transport des engrais à partir de Gabès vers le reste des régions du pays pourra servir d’entame de l’opération avant sa généralisation pour le reste du transport des marchandises.
En pratique, le Nord et le Nord-Ouest, régions agricoles par excellence, en céréaliculture et en maraîchage sont celles qui consomment le gros des engrais utilisés par les exploitants. Ces deux régions disposent d’un réseau ferroviaire, en très bon état et peuvent donner l’exemple.
Les gares de Medjez El Bab, Mzougha, Béja, Bousalem, Jendouba seront les gares d’accueil des camions transporteurs qui auront ensuite à emprunter les routes pour atteindre leurs destinations et décharger, amonitre, phosphate ou DAP. Pour le Nord, la gare de Mateur pourra être, elle aussi, réhabilitée pour avoir la capacité de recevoir les poids-lourds chargés desdits produits avant d’être acheminés vers les fermes de tout le gouvernorat de Bizerte.
Pour le Sahel et le centre du pays, les gares de Sousse et de Kairouan constitueront de leur côté l’étape d’avant-distribution dans ces deux régions.
Cela dit, et une fois l’opération déclenchée, on pourra par la suite concocter un plan dont le but est de la généraliser pour qu’elle englobe d’autres marchandises telles que les céréales ou les fourrages sous forme de balles transportées de nos jours par des camions dont la lenteur des déplacements sur les routes cause souvent des bouchons monstres surtout à l’approche des villes.
Enfin, nous ne devons pas perdre de vue que de cette manière, la Sncft, qui connaît depuis des années des difficultés ayant rapport avec ses charges qui dépassent et de loin ses recettes, en sortira gagnante avec la réhabilitation du réseau délaissé, et l’exploitation optimale de celui maintenu en service. Ainsi tout le monde trouvera son compte et on fera d’une seule pierre deux coups.

Source : La Presse







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