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Projet du Lac Nord de Tunis : the city above the city

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Le directeur de l’urbanisme de la Société de Promotion du Lac de Tunis (SPLT) monsieur Tarek Bouguerra vient de donner en ce mercredi 23 novembre 2016 une conférence portant sur le monumental projet du Lac.

Cette conférence qui a eu lieu face aux étudiants de l’école Polytechnique Internationale de Tunis n’est que la seconde qui a été donnée sur le sujet par monsieur T. Bouguerra. Débuté dans les années 1987 l’aménagement du Lac est un faramineux projet dont l’Etat tunisien et l’entreprise saoudienne Dallah el Bark sont investisseurs à 50 % chacun. L’objectif de ce projet est de construire sur un espace de 1324 hectares de plate-forme foncière une véritable ville avec ses logements, ses ambassades, ses écoles, ses entreprises,…etc. Pour monsieur T. Bouguerra c’est « un enjeux de développement et d’équilibre de l’agglomération et une planification pour les générations à venir ». Après avoir mené à bien le projet du Lac I surnommé « Khalij » et du Lac II la SPLT va superviser la suite de ce mégaprojet urbain dès le début de l’année 2017. Le projet vise les zones vierges du Lac I et du Lac II, la partie du lac appartenant à la Goulette et enfin la partie nord-ouest et sud-ouest du lac.

Nouvelles constructions au Lac I et Lac II
Sans s’être trop étayé sur cette partie du projet monsieur T. Bouguerra a tout de même souligné que le lotissement de la zone du «Khalij» sera transformé en aire propice à l’habitation alors que la zone qui se situe juste au dos de l’ambassade américaine accueillera une aire pour des clubs de loisir. Le choix de la transformation de ces deux lotissements en zone de construction et non en zone verte, ce qui manque atrocement au Lac, a été conditionné par les problèmes géotechniques des lotissements. Les sols de ces lotissements étant beaucoup trop salé l’implantation d’une zone verte devient difficile et particulièrement couteuse. 

Aménagement des lotissements de la Goulette
Dans la zone Nord Est du lac deux parties seront aménagées : le quartier du vieux port qui fait 95 000 m² et la zone industrielle de la Goulette qui fait 52 000 m². La zone industrielle sera convertie en un quartier d’affaire qui aura tout l’attirail de haute technologie. Le quartier du vieux port sera quant à lui transformé en zone d’habitation avec un grand parc de verdure en son centre.

Extension du centre-ville

Programmé pour début 2017 ce projet est sous-tendu par la volonté des urbanistes de la SPLT d’étendre le centre-ville de Tunis. Pour l’étude stratégique de ce projet les urbanistes ont fait appel aux Ateliers Lion Associés spécialisés dans l’urbanisme, à la DTZ consulting France pour la commercialisation ainsi qu’à l’entreprise Artelia experte dans l’ingénierie hydraulique et environnementale. L’extension de la ville se fera en quatre îles séparées entre elles par des canaux. Cette singulière géographie a été pensée pour permettre l’évacuation des eaux du canal qui se trouve entre les îles et le centre ville de Tunis. Ainsi ces eaux stagnantes seront déversées dans le lac et les eaux du lac seront à leur tour déversées dans la mer grâce au canal d’Archimède qui se trouve près du TGM. Des hélices seront également mises en place pour faire circuler les eaux stagnantes qui se trouvent entre les îles dans les différents canaux. Par ailleurs, pour favoriser l’intégration du site avec son environnement trois passerelles seront construites pour permettre la circulation de véhicules entre les îles et le centre de Tunis. Esthétique et loisir feront aussi partie de ces îles qui seront bordées par de longues corniches de verdures pour faire du sport et de la marche. Monsieur T. Bouguerra a également déclaré que dans l’intention de «réconcilier la ville avec le lac» un restaurant flottant, une navette touristique et des aménagements pour ski nautique viendront valoriser le plan d’eau.

Ce projet ambitieux présente tout de même ses limites. En cette période de crise immobilière où les logements se vendent avec de plus en plus de difficulté n’est-il pas inconsidéré d’investir autant dans des lotissements immobiliers ? Le second point d’ombre est d’un ordre plus éthique et social : construire une ville dans la ville avec des qualités supérieures à la ville originale n’est-ce pas tendre à creuser plus encore les distorsions sociales ?     

Auteur : Nour Mnakbi







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