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Quand les étudiants de l’ENAU tirent la sonnette d’alarme

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« L’architecture peut faire vraiment du mal, peut rendre la vie quotidienne bête et ennuyeuse. Mais il est aussi possible de rendre l’espace heureux. » Christian de PORTZAMPARC

Il y a, à peu prés plus d’un an, les étudiants de l’école
nationale d’architecture étaient en
grève, revendiquant une réforme pédagogique, comportant le matériel, le barème,
les stages, les charrettes, la sous-traitance… Les manifestants qui ont baptisé
leur mouvement de « El Kobba » (un clin d’œil à la coupole  de l’ENAU sous laquelle ont eu lieu les
rencontres et les réunions des étudiants) estimaient que le système éducatif
adopté au sein de cette école n’assure pas une formation solide aux futurs
architectes.

Aujourd’hui les étudiants de l’ENAU sont encore en colère, la
cause ?

Leur rejet du nouveau projet de loi n°74 régissant la profession
proposé par l’ordre des architectes. Ce projet consiste en une période de stage
s’étalant sur trois ans après l’obtention du diplôme. Aux termes de l’article
12 du nouveau projet de loi, les étudiants ayant accompli cinq ans d’études
seront dans l’obligation d’effectuer trois ans de stage. Sachant que par le
passé l’étudiant effectuait trois stages d’une durée totale de 12 mois pour
s’inscrire au tableau de l’ordre des architectes.

Mercredi le 3 février les
étudiants de l’ENAU,  se sont réunis  devant le siège de l’ordre des
architectes  à Tunis pour exprimer leur
rejet du projet de loi n°74.Ils ont adressé une requête au président de l’ordre
des architectes en vue de contester ce projet de loi et d’amener le législateur
à prendre en considération leurs intérêts en tant qu’étudiants et architectes
d’avenir. 

Quel avenir pour
l’enseignement de l’architecture en Tunisie ?

« L’école nationale d’architecte que nous connaissons actuellement
à Sidi Bou Saïd n’a pas beaucoup de chances de perdurer face au nombre
disproportionné d’élèves et face à l’inadaptation de son système de sélection
des nouveaux entrants.»  écrit Adel Hidar
ancien enseignant à l’ENAU dans un 
article paru dans Archibat n° 29.

En effet la durée de stage professionnel n’est que la partie
apparente de l’iceberg. Les critères d’accessibilité aux écoles d’architecture,
la qualité de la formation, la qualité 
d’encadrement des stages, les conditions d’exercice au cours de ces
stages, sont des problèmes de fond qui nécessitent une vraie loi de
réforme.  Les trois ans de stage
professionnel ne peuvent qu’être une résultante d’un long processus de réforme
mais pas un déclencheur.





©Oumayma Ammar



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