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RPE – 5èmes Rencontres de la Performance Energétique CNIT Paris La Défense Rénover, construire : en route vers le bâtiment à énergie positive

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Compte rendu dressé par Dorra Ismaïl, architecte ENAU, HDR en architecture
Les 5èmes rencontres organisées et animées par les principaux partenaires, organismes et institutions françaises du bâtiment et de la performance énergétique, avec pour invité d’honneur l’Autriche, ont eu pour principaux thèmes et objectifs : l’horizon Facteur 4 et la RT 2012.

Le facteur 4 : les mesures énergie-climat décidées dans le cadre du Grenelle de l’Environnement ; elles visent l’horizon 2020 et tracent une voie compatible avec l’objectif de division par quatre des émissions de GES (Gaz à Effet de Serres) en 2050 en Europe.
http://www.developpementdurable.gouv.fr/IMG/spipwwwmedad/pdf/FACTEUR_4_La_reponse_au_defi_climatique_cle0afc2b.pdf
La RT 2012 : l’objectif de cette Réglementation Thermique est défini par la loi sur la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement. Cet objectif reprend le niveau de performance énergétique défini par le label BBC-Effinergie.
Principaux partenaires des 5èmes rencontres : AFPG, COFELY, EDF, ENERPLAN, FFP, Fondation Bâtiment Energie, LAFARGE, Mitsubishi Electric, Plan Bâtiment Grenelle, PREBAT, Saint Gobain, Theben.
Principaux Organismes et Institutions : ADEME, Groupe Moniteur.

Si les expériences innovantes en termes de bâtiments BBC (bâtiment à basse consommation énergétique) à la fois autrichiens et français ont occupés une place importante dans les débats et ateliers de ces 5èmes rencontres, les bâtiments existants étaient eux aussi au cœur des enjeux énergétiques visés.
En effet, le secteur du logement en France représente 30% des consommations d’énergie et 13% des émissions de GES d’où le rôle de la certification BBC-Effinergie Rénovation.
Par ailleurs, il y a un nouvel outil de repère et de mesure qui a été au centre des débats : la mesure de la perméabilité à l’air (exprimée par le coefficient Q4Pa-surf) dans les logements neufs et rénovés.
L’étanchéité à l’air : est-ce réellement une nouvelle notion ou la question de l’air vicié au sein des bâtiments a-t-elle été pendant longtemps mise à l’écart compte tenu des nouveaux modes de penser et de faire le bâti dit ‘moderne’ ?
Lors des débats, l’accent a bien été mis sur le fait que le résultat global d’un bâtiment performant énergétiquement, dépend, essentiellement d’une prise en compte de l’enveloppe du bâtiment (et/ou ensemble de bâtiments) par une étude à la fois technico économique, architecturale, hygrothermique, qu’urbaine, pour enfin recourir aux équipements techniques performants. Beaucoup d’études et de bilans énergétiques sur des logements et/ou des bâtiments tertiaires ont été présentés avec des méthodologies d’approches différentes. Le dénominateur commun de ces méthodologies étant la référence RT 2005/2010, et ce, en plusieurs points : isolation par l’intérieur, menuiseries en double vitrage (PVC en logement, Alu en tertiaire), traitement de base des ponts thermiques principaux, chauffage  (avec des équipements variant en fonction de l’usage : Logement, Bureaux ou École), ventilation (simple ou double flux), ECS, types de luminaires.
A titre d’exemple non exhaustif, l’étude de Thierry Rieser (de Enertech), dans le cadre d’une Campagne de Mesures – ADEME Rhône Alpes – en vue de l’Analyse des surinvestissements de 12 bâtiments basse consommation, a permis de tirer les conclusions suivantes :

  • Enveloppe et isolation : une enveloppe peu compacte revient beaucoup plus chère, les surfaces vitrées sont plus chères et moins économiques que les surfaces opaques, un plancher bas et haut non isolés impliquent une sur-isolation des murs beaucoup plus coûteuse, le triple vitrage est un surcoût inutile.
  •  Etanchéité : l’étanchéité à l’air dépend des performances de l’enveloppe.
  • Ventilation/Chauffage/Climatisation : limiter les apports de chaleur et les surdimensionnements qui entraînent un surcoût en climatisation et/ou en chauffage.

Thierry Rieser en conclut que les surinvestissements sont toujours résorbés en un an (pour le logement, son étude conclut à un surinvestissement pour le BBC strict de 64 €/m² SHON). Cette étude menée par une équipe française prouve d’autant plus la nécessité pour l’architecte de penser à la performance énergétique de son enveloppe en amont de la phase de conception. Les études tant autrichiennes (Figures ci-dessous d’un projet autrichien : reprise de l’isolation sous plancher et au niveau des murs) que françaises, dénote de la défaillance de la conception aussi bien au niveau de l’enveloppe que de ses performances hygrothermiques, physiques qu’en termes de mécaniques des fluides. Ces solutions a-posteriori de la conception sonnent comme un signal fort pour que les architectes sortent de leur carcan ‘formaliste’ pour penser davantage leurs espaces en tant qu’organe vivant qui transpire, transmet, récupère, emmagasine de la chaleur et du froid qu’il s’agit de bien identifier et de maitriser.

Aussi, il est à noter que tous les partenaires présents côté français ou représentés par l’équipe autrichienne axent leurs discours, expérimentations pilotes, recherches et développement sur la performance de matériaux à haute technologie (vitrage bas émissif Saint-Gobain, vitrage autonettoyant, Panneaux solaires Saint Gobain, Isolation thermique Saint Gobain : http://www.saint-gobain.com/fr/presse/documentation-groupe, Béton Thermodia 0.6B, Agilia, Ductal,…les bétons nouvelles générations de Lafarge :  http://www.lafarge.fr/wps/portal/3_3_2-Beton, Thermowhite pour l’isolation sous plancher, Austria email AG pour les ballons ECS, drexel & weiss pour la domotique, ERTEX Solartechnik pour les modules photovoltaïques intégrés, etc…).

Nos questionnements
Cette haute technologie est-elle exportable ? Est-elle aussi performante quels que soient le climat, la région, les données géologiques et sismiques,… ? Toutes les populations peuvent-elles adapter leur mode d’être et d’habiter en intégrant cette technologie ? Ont-elles les moyens d’accéder à cette technologie ? Les sociétés (et leurs bayeurs locaux) peuvent-ils concurrencer cette surenchère de technologie durable ou resteront-elles exclues ? Un bâtiment BBC l’est-il par les matériaux et machines hautement technologiques qu’il possède ou parce qu’il correspond à des mesures d’hygrothermie, d’étanchéité à l’air, d’acoustique, d’émission de CO2,…. dites performantes ? L’enjeu n’est-il pas plutôt de mettre l’accent sur une conformité des moyens et modes de mesures plutôt que sur les résultats escomptés au regard des innovations technologiques ?
Aussi, la question que l’on peut se poser aujourd’hui : les nouvelles réglementations, sont-elles des cadres pour l’opérativité architecturale et urbaine ou le résultat du dictat des industriels ?

Toutes ces questions visent à mettre le doigt sur un aspect non négligeable qu’impliquent les matériaux et installations hautement technologiques : les machines et réseaux techniques. Ils consomment beaucoup, demandent un fort investissement en amont et sur le long terme aussi bien pour l’installation que la maintenance, et impliquent une consommation non négligeable lorsqu’ils sont surdimensionnés.

Aussi, l’intervenant de ENERTECH en exposant l’expérimentation de mesure des consommations d’énergie sur des bâtiments en France, a évoqué cette problématique de maintenance, coût, surdimensionnement de tous les réseaux, machines, gaines électriques, chauffage, climatisation, qui nous incite à penser autrement la production d’énergie.

Ces 5èmes rencontres sur la performance énergétique ont le mérite de faire émerger aussi bien les avantages que les inconvénients des technologies de pointe, des matériaux et des techniques constructives en France et en Autriche et par extension dans le monde ; l’exigence d’une remise en question de ces technologies en vue d’une alternative : une pensée durable axée sur l’intelligence d’une conception (repenser la forme de l’enveloppe dans son rapport à l’acoustique, la circulation de l’air, la gestion des ponts thermiques,…). Un bâtiment doit nécessairement être vu sous l’angle des principes physiques de la mécanique des fluides, de l’hygrothermie, du rapport à l’air/à l’eau, du rapport à l’ensoleillement, ventilation naturelle et/ou mécanisée. Pour le chauffage et la climatisation ; le puits canadien et son ancêtre l’hypocauste romain, tout comme les malqafs et la ventilation mécanisée double flux, sont à réactualiser. Face à un environnement planétaire fragilisé, un contexte géopolitique mondial où l’énergie fossile est au cœur des problématiques et enjeux d’avenir, le rôle des opérateurs qui agissent sur l’environnement est d’œuvrer dans la recherche et le développement de nouveaux modes et matériaux de constructions moins polluants et moins énergivores avant de recourir à la facilité du tout technologique.


¹ La certification BBC-Effinergie Rénovation exige :
-une consommation maximale en énergie primaire (ventilation, refroidissement, production d’eau chaude et éclairage, chauffage, etc.) de 80KWh/m²shon.an par rapport au niveau BBC neuf qui est de 50KWh/m²shon.an. Consommation pondérée, bien entendu, selon les régions. Le calcul est réalisé en utilisant la méthode th-CE Ex conformément à l’arrêté du 13 juin relatif à la performance énergétique des bâtiments existants de surface supérieure à 1000m² (en France).
-une réduction de 40% de la consommation en énergie primaire pour les bâtiments à usage autre que le logement.







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