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Salon national des tapis et des produits de tissage artisanalDu typique au curieusement modernisé

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La présence non représentative des tapisseries industrialisées et autres artisanales revisitées au Salon international de la décoration et de l’ameublement Dardéco 2012 au Kram renvoie le public féru de tapis et de produits de tissage artisanal au hall numéro 2. Là, se tient le premier Salon national des tapis et des produits de tissage: un évènement concocté et par l’Office national de l’artisanat et par la Fédération nationale de l’artisanat. Et c’est tout autour d’un jardin implanté à l’occasion, au beau milieu du hall 2 du Parc des expositions du Kram, qu’ont pris place les maîtres de la «alloucha», du «margoum», de «yasmina», du «bicht» et de tant d’autres chefs-d’œuvre fabriqués à partir du fil de laine.

Au lendemain de l’inauguration de ce salon spécialisé, qui se tient du 14 au 23 décembre 2012, les visiteurs intéressés étaient déjà assez nombreux. Ils font d’abord du lèche-stand, reviennent sur les articles tentants, vérifient le toucher du tapis, se renseignent sur son prix et ses dimensions et entament, par la suite les négociations avec les vendeurs. Mme Jihène est une jeune femme à la recherche d’un tapis artisanal. Elle quitte la foire munie d’un « margoum» sur les tons du beige. «Je voulais pourtant un tapis du genre yasmine, mais les prix, comme dans les souks, sont bien salés. Heureusement que le margoum demeure abordable», fait-elle remarquer.


Il faut dire qu’à la première impression, l’on remarque la prédominance du margoum, ce tapis artisanal connu pour son aspect à la fois élégant et facile à entretenir. M. Mostancer Bellah occupe un stand qui représente la production de la région de Ouedhref en la matière. Tout comme Matmata, cette région est renommée pour la qualité de son margoum. « Avant, le margoum de Ouedhref était caractérisé par les couleurs rouge, jaune, bleue et blanche. Aujourd’hui, la panoplie des couleurs est enrichie par des tons qui se marient à toutes les décorations d’intérieur et à tous les goûts», explique-t-il. En effet, des tapis de couleurs rose, rouge bordeaux, verte, beige, bleue et autres teintes à la mode confèrent au stand un air joyeux. « Outre le margoum, renchérit M. Mostancer Bellah, Ouedhref est connue pour un tapis unique en son genre: le «bicht» est, en effet, l’origine-même du tapis traditionnel. Le chevalier le plaçait par-dessous la selle du cheval». Et contrairement au margoum qui se vend entre 60Dt et 65dt le mètre carré, le bicht, lui, se vend par pièce, car « chaque pièce constitue une œuvre d’art. D’autant plus que ce produit typique n’est plus assez répandu à l’échelle artisanale. Rares sont les artisanes qui en connaissent le secret», souligne-t-il.

Sidi Bouzid se dessine en fil de laine


Un peu plus loin, M. Ibrahim se penche sur la finition d’un tissage à la main. Il s’est déplacé, ainsi que son épouse, depuis Sidi Bouzid pour exposer des créations qui sortent de l’ordinaire. Ce sont les créations de sa femme, Mme Doula Metjaouel, auxquelles elle s’adonne pour animer ses heures creuses. Des créations qui dénotent un attachement dévoué aux spécificités de Sidi Bouzid et au mode de vie de la femme rurale. Des tapis muraux qui retracent le parcours qu’effectue la femme pour s’approvisionner en eau potable ou encore pour raconter l’arrivée saisonnière des oiseaux migrateurs dans la région. Doula Metjaouel prend parfois tout son temps pour perfectionner une création; comme ce tapis mural qui a nécessité deux mois de patience et de passion et qu’elle propose à 200 Dt.


A côté des tapis mureaux, elle expose également un tissage simple et élégant qu’enfilaient jadis les femmes, tel un « sefsari» et qui peut être utilisé, de nos jours, comme un rideau ou encore un couvre-lit. « Ce produit mesure deux mètres sur trois. Il se vend à 70Dt. Quant aux châles et aux capes, ils coûtent respectivement 25 et 50Dt», indique Ibrahim.


Outre les petits artisans, des sociétés spécialisées dans l’art de la tapisserie ont également répondu présent à l’évènement. Mme Jalila Jlouli représente l’une des sociétés dont les produits sont commercialisés tant à l’échelle nationale qu’à l’étranger. Des tapis modernes et sobres sont fabriqués à partir de fil de laine, de fil de lin, de fil de coton ou encore de fil de soie. « Nous utilisons plusieurs techniques de point, comme le point ras, le point noué. Récemment, nous avons introduit des motifs simples comme les ponpons et les bandelettes», indique-t-elle. Et d’ajouter qu’en plus des tapis de couleurs naturelles notamment le blanc, le beige, l’écru et le grège, d’autres couleurs ont été apportées à la collection, et ce, afin de répondre aux exigences de la clientèle. Ces produits se vendent entre 85 et 180Dt le mètre carré; une oscillation qui dépend du coût de la matière et de la complexité de la technique utilisée.


Un peu plus loin se trouve le stand d’une autre société de fabrication de tapis. Des modèles innovés suscitent quelque peu la confusion: s’agit-il de tapis tunisiens ou importés? « Nous proposons des tapis purement tunisiens, dont certains sont classiques et d’autres modernisés. Dans le second cas, il s’agit de modèles créés par l’ONA ainsi que des modèles relevant de notre propre créativité», précise M. Salah Amémou.


La création touche deux niveaux: les couleurs et les motifs. Les spécialistes de la tapisserie optent, en effet, de plus en plus pour des couleurs à la mode, et ce, afin de satisfaire les goûts du jeune public. Pour les motifs, ils ressortent du patrimoine pour être, désormais, modernisés, voire en vogue. Ainsi, l’on découvre des tapis qui semblent être classiques mais dont le fond noir dévoile une empreinte nouvelle, ou encore des tapis sans bordure, qui vont à merveille avec la décoration moderne. «Tous nos tapis répondent à la technique 30×30, soit 90 nœuds par mètre carré. Ils se vendent à 200dt le mètre carré», ajoute M. Amémou.

 













 


 














 







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