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Sfax-reportageLa ville se développe en hauteur

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La deuxième ville du pays, longtemps reconnue en tant que pôle industriel, est en train de se transformer en un site de shopping, de soins et de tourisme.
Le paysage urbain de la ville de Sfax est en pleine métamorphose. Les bâtiments gagnent en hauteur et les chantiers sont visibles partout. A cet égard, la cité Naseria offre un prototype du nouveau visage de la deuxième ville de Tunisie.

Le visage d’une ville moderne où les hauts bâtiments offrent des appartements de haut standing, des bureaux multifonctionnels ainsi que des locaux au rez-de-chaussée aménagés pour des activités commerciales, qui transforment la cité en un lieu de shopping et de divertissements. A vrai dire, la deuxième ville du pays, longtemps reconnue en tant que pôle industriel, est en train de se transformer en un site de shopping, de soins et de tourisme. L’urbanisation galopante et la terrible circulation tout au long de la journée témoignent de cette tendance.


Un vrai boom immobilier


Les bâtiments poussent comme des champignons dans la grande ville du Sud. Mais, parallèlement, les loyers grimpent au même rythme. D’ailleurs, la qualité de l’offre, notamment les appartements de haut standing et l’étendue des commodités, justifie en partie la hausse des loyers et des prix de vente des logements. Mais, du côté de la demande, l’affluence massive des Libyens dans la ville pour diverses raisons, depuis de longues années, est un facteur déterminant de la hausse des prix, voire une forte motivation des investisseurs dans ce secteur. L’un des intermédiaires de la place, un agent immobilier clandestin, dresse une fourchette de 30 à 70 dinars la nuitée dans un petit appartement, selon la saison. Le nombre de voitures immatriculées dans les parkings des immeubles, des restaurants ou des cliniques témoigne de l’étendue du segment de marché qui a adopté cette offre. Et du coup, face à une demande croissante et solvable, les agents immobiliers, notamment les clandestins, disposent de beaucoup de marge pour fixer leurs prix, déjà hors de portée des Tunisiens. A cet effet, les étudiants de la ville universitaire habitent plutôt dans les quartiers populaires dans la périphérie de Sfax.

L’industrie des soins a le vent en poupe

Pour une ville de près d’un million d’habitants, on compte une bonne vingtaine de cliniques et d’unités de dialyse du sang. Ainsi, la rentabilité de ce secteur est évidemment tributaire des patients des autres régions qui viennent pour se soigner. Les Libyens figurent au premier rang de ceux-ci.
Dans le hall principal de l’une des cliniques, l’accent libyen domine les conversations. En s’adressant à un Libyen d’un certain âge portant des habits traditionnels, le fort accent sfaxien de la jeune fille en uniforme s’est dilué dans des mots empruntés au lexique de nos voisins.
Plus jeune, Jalel, la cinquantaine, est un Libyen qui se rend à cette même clinique depuis sept ans pour soigner sa femme. « A Sfax, tous les services sont disponibles et toutes les commodités sont à proximité », relève-t-il. Et de préciser : « Mis à part les soins, le loyer d’une maison et les courses au marché sont très abordables». « Mais, sur le plan de la sécurité, c’était mieux avant », déplore-t-il. Sa femme, ajoute-t-il, est cette fois hospitalisée après avoir été victime d’un braquage.
Pour sa part, M.Abdelmalek Masmoudi, membre du bureau exécutif de l’Utica de Sfax, dit que le secteur a le vent en poupe. « Il n’y a pas de crise. Le secteur est en phase de croissance», souligne-t-il. Toutefois, les revendications sociales et la pression des syndicats, ajoute-t-il, sont un peu trop fortes. Un peu trop forte, continue-t-il, car les cliniques sont mises en difficulté en contractant des crédits onéreux. De même, le poids des consommables pèse lourd sur les comptes de ces unités. «On distribue de gros salaires dans le secteur, comparativement au autres », conclut-il.

Le marché parallèle intrigue les artisans de chaussures


Si les deux premiers secteurs sont bien visibles dans la ville, d’autres petites activités ne sont visibles que dans la médina de Sfax. Les artisans sfaxiens sont reconnus pour leurs prix compétitifs ainsi que la diversité des produits. A l’instar des autres médinas, les petites ruelles sont spécialisées chacune dans une branche de commerce. Les vendeurs exposent des produits fabriqués par les artisans de la médina.
Egaré dans les ruelles étroites, une femme m’oriente vers la rue El Bey. Une série de petits locaux, d’environ 10 m² chacun, s’étendent sur toute la ruelle. Avec un matériel de cordonnier, ces artisans fabriquent des chaussures, des sandales et des mules. Deux à trois par local, les artisans s’organisent en mode de travail à la chaîne, chacun assure une part de la production. Après quelques minutes, un transporteur qui tire une petite charrette avec de petites roues est venu charger une commande d’un vendeur des ruelles commerciales.
En tablier en cuir, l’artisan qui a chargé la commande a profité de cette sortie des locaux sombres sans fenêtres pour changer d’air. Il a raison car la forte odeur de la colle est insupportable à l’extérieur des locaux. Que dire alors à l’intérieur?
Lors de ce petit temps de répit, il nous a expliqué que l’importation anarchique des produits asiatiques limite les débouchés de la production des artisans. « C’est une concurrence déloyale», revendique-t-il.

Auteur : Ridha MAAMR
Source : La Presse








 








 
















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