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Tunisie : Leçons parisiennes pour un nouveau Grand Tunis 2040

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Que sera le Grand Tunis de 2040 ? Dans le cadre de l’étude stratégique «Tunisie 2040» lancée par l’Association Club Mohamed Ali pour la Culture Ouvrière (ACMACO), présidée par le syndicaliste Habib Guiza, les animateurs de ce projet ont jugé utile de lancer une réflexion sur ce que sera Tunis dans trente ans. «Réfléchir à la Tunisie de 2040, c’est également s’intéresser à la capitale-région Tunis dont l’avenir conditionne celui du pays», explique l’un d’entre eux, Mahmoud Ben Romdhane.

Pour alimenter une éventuelle réflexion sur le Grand Tunis 2040, l’équipe «Tunisie 2040» a invité l’architecte Didier Martin à venir présenter à l’université d’été 2010 de l’ACMACO les grandes lignes de la réflexion qui a sous-tendu le projet de “Grand-Paris“ de son collègue Christian de Portzamparc et dont il a été le coordinateur. Donc à dire «comment on réfléchit une capitale internationale». Le projet de Christian de Portzamparc est l’un des dix sélectionnés –six françaises et quatre étrangères- suite à une consultation lancée en avril 2008 par le président Sarkozy pour répondre à une question : «A quelles conditions Paris peut-il rester une grande métropole internationale à l’horizon 2040-2050 ?».

Didier Martin a «accepté l’invitation parce que la question urbaine va être la question du 21ème siècle et à l’intérieur de laquelle toutes les autres seront posées». Pour preuve : «depuis 2009, la moitié de la population mondiale vit dans les villes et on en sera à 70% en 2050», souligne l’architecte.

 
Mais quel rapport entre Tunis et le Grand-Paris, entre une «capitale hyper centralisée, métropole multiséculaire de 12 millions d’habitants et une ville de 2 millions» ? Quel intérêt de comparer les deux? Selon l’architecte français, ce rapprochement se justifie d’abord parce que le traitement de la question urbaine dans le cadre du projet du Grand-Paris a révélé que «les outils que nous avions pour penser la crise et agir sur elle étaient obsolètes». Ensuite, la question de la modernité se trouve à la fois au cœur de la réflexion sur «Tunisie 2040» et du projet du Grand-Paris.


A la lumière de cette expérience, Didier Martin tire une conclusion essentielle : «Le statut de métropole internationale est concurrentiel et aucun gouvernement ne peut le décréter». Et pour la Tunisie, la question est justement de savoir si «Tunis capitale d’un petit Etat peut devenir une métropole. Si cet Etat peut générer et porter une métropole».


Réfléchir à l’avenir d’une grande métropole comme Paris impose d’aborder la question métropolitaine «avec l’hypothèse que croissance et bien-être sont liés», observe l’architecte français. Car «on peut devenir une métropole mais dans laquelle le bonheur n’est pas assuré. Comme à Sao Paulo que des sociétés sont en train de quitter en raison de la dégradation des conditions de vie». Mais à l’inverse «se préoccuper de bien-être sans penser à la croissance, c’est-à- dire concevoir une ville agréable qui étouffe les conditions de l’activité et de la croissance humaine, c’est également mortel».

En réfléchissant sur la «métropole de l’après-Kyoto», il faudrait avoir présent à l’esprit «le changement du paradigme de développement» avec notamment «la raréfaction des ressources, y compris celles qui n’ont pas de marché, comme l’air et le temps». Et, insiste Didier Martin, à l’adresse des Tunisiens, «la question de l’économie des ressources n’est pas seulement une question de riches». Puisque «le coût d’un développement urbain non-maîtrisé sera payé par les générations futures».






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