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Un patrimoine en périlLes ONG au chevet des oasis historiques

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Nos oasis historiques sont menacées de disparition. A plus brève échéance que ne le laisseraient croire les plus mauvais augures. Purement et simplement.
Il se produit aujourd’hui en Tunisie quelque chose de surréaliste. Nos oasis, nos chères oasis que nous considérons à la fois comme composante constitutive de notre identité et comme levier de développement économique, grâce à leurs innombrables ressources naturelles et à leur potentiel touristique, un facteur incontournable pour la diversification de notre industrie touristique, ces oasis sont menacées de disparition.

A plus brève échéance que ne le laisseraient croire les plus mauvais augures. Purement et simplement.

Nous ne parlons pas ici des exploitations nettes, aseptisées, tracées au cordeau et surgies ces dernières décennies de plans aménagés par les ingénieurs agronomes dans un paysage parfaitement domestiqué. Non. Nous parlons de celles, luxuriantes, exubérantes, densément verdoyantes, les pieds dans l’eau et la tête sous le soleil ; celles où la vie végétale, animale et sociale grouille dans une débauche de variétés, d’une incroyable vitalité ; celles où le génie humain a explosé dans les sens. Celles, en un mot, qu’on appelle oasis historiques.

Il n’est guère besoin d’être grand clerc pour diagnostiquer leur mort lente (et qui s’accélère, les jours passant). Il suffit de revenir par la mémoire en ces lieux seulement au début du dernier tiers du siècle passé quand, de Gabès à Tozeur, en passant par Gafsa, les oasis de montagne, ou Kébili, pour ne parler que des plus importantes parmi elles, pour revoir ces « oueds » qui sillonnaient les « forêts » pour les irriguer ou ces « berka» où on se baignait de jour (pour les hommes et les bêtes) et de nuit (pour les femmes). Fini, tout cela, volatilisé, évaporé. L’eau, c’est la vie, dit l’adage. Des facteurs innombrables, naturels, essentiellement à caractère climatique, humains, particulièrement à caractère démographique mais aussi économique, ont concouru à la raréfaction de cette denrée vitale. Cela se traduit par des bouleversements à dimensions dramatiques et qui, demain, pourraient devenir cataclysmiques.

Le tarissement des sources (aujourd’hui, on fonctionne grâce à des sondages de plus en plus profonds) n’est pas l’unique raison d’une désertification annoncée et, en bien des endroits, déjà amorcée. Le comportement des principaux acteurs impliqués dans le circuit oasien contribue grandement à la détérioration de la situation. Les pouvoirs publics ont fait preuve d’une myopie désarmante en sous-estimant gravement les menaces et les enjeux tant économiques que sociaux et culturels induits par des changements non contrôlés. La population, désarçonnée par les mutations subites apparues dans le modèle sociétal qui l’a littéralement happée et projetée dans de nouvelles dimensions, n’a pas fait l’effort de s’adapter au mieux de ses intérêts et a opté, consciemment ou non, pour la désertion. Ce sont alors des parcelles morcelées à l’infini et livrées à l’abandon pur et simple, la perversion suprême consistant à provoquer la désertification de l’endroit pour pouvoir en détourner la vocation et le convertir en espace constructible.

Tout cela et bien d’autres choses encore mènent inexorablement vers le dépérissement de ce milieu qui a été à l’origine de l’éclosion de la vie civilisée sous nos cieux, comme en témoigne la prestigieuse civilisation capsienne, vieille de plusieurs dizaines de milliers d’années. Plus grave encore, avec la perte de cet écosystème, et donc en l’absence d’agriculture et d’industrie touristique qui lui sont organiquement liées, on ne voit guère de quoi survivraient les populations de ces régions du Sud tunisien.

L’enjeu est donc vital. C’est la raison pour laquelle, à l’initiative de l’Association pour la sauvegarde de la médina de Gafsa, sous l’égide du Traité international des ressources génétiques des plantes pour l’alimentation et l’agriculture parrainé par l’Organisation mondiale pour l’Agriculture et l’alimentation (FAO) et dans le cadre du Projet de promotion de la reconnaissance des systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial, une campagne de sensibilisation a été lancée depuis un an pour la mise sur pied d’un réseau national pour le développement des oasis historiques et la conservation de leurs patrimoines.

Aussi, le week-end dernier, l’ASM a-t-elle organisé, à Gafsa, une rencontre regroupant des ONGs, des organisations professionnelles ainsi que des représentant de l’administration régionale pour la mise en place d’une structure organisant ce réseau chargé de mener une action de lobbying auprès de toutes les instances concernées, aux niveaux local, régional, national et même international pour que soit mise en œuvre une stratégie globale de sauvegarde et de valorisation de ce patrimoine essentiel.

Un comité dirigé par M. Ayoub Ben Ali, manager de l’association AID, assisté par M. Atef Dhahri, administrateur de l’ASM Gafsa, comme secrétaire général, sous la présidence d’honneur de M. Lazhar Chérif, a été mandaté pour initier cette action de lobbying durant les trois ans à venir.

AG élective de l’ASM-Gafsa
Parallèlement à la tenue de cette rencontre, s’est tenue l’assemblée générale élective de l’Association pour la sauvegarde de la médina de Gafsa. Après lecture et approbation des rapports moral et financier, l’assistance a procédé, conformément à la nouvelle réglementation régissant les activités des associations, à l’adoption de nouveaux statuts et d’un règlement intérieur. Elle a également élu un nouveau comité directeur composé de 10 membres. M. Lazhar Chérif a été reconduit à la présidence de l’association.

Auteur : Tahar AYACHI







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