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GRAND PRIX AFEX 2021

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Le Grand Prix AFEX 2021 a été décerné à l’Atelier Tsuyoshi Tane Architects – ATTA pour un musée d’art contemporain à Hirosaki au Japon.
Christian de Portzamparc a reçu le Prix Spécial du Jury pour l’ensemble de son œuvre à l’export.

Atelier Tsuyoshi Tane Architects – ATTA – Musée d’art contemporain – Hirosaki – Japon

En arrière-plan, se dresse le Mont Iwaki, un volcan endormi qui veille silencieusement sur la plaine où se trouve la ville d’Hirosaki. Les toits en titane du musée d’Art Contemporain de Hirosaki changent de couleur avec les saisons, la météo ou encore l’heure de la journée.
Le site se trouve au nord du Japon, dans la préfecture d’Aomori, l’une des premières régions pomicoles du pays, grande productrice de cidre. En 2016, la ville de Hirosaki lance un concours pour la transformation d’un bâtiment abandonné en musée d’art contemporain. Atelier Tsuyoshi Tane Architects remporte le concours en 2017. Son manifeste « Archéologie du Futur » utilise la mémoire comme point de départ de l’architecture contemporaine.
L’architecte Tsuyoshi Tane a ainsi mis en oeuvre ce procédé sur le bâtiment du musée : une distillerie de saké datant de 1907, transformée par la suite en cidrerie. Sa construction en brique est unique pour l’époque – un entrepreneur, Tosuke Fukushima, a préféré utiliser la brique au lieu du bois traditionnel japonais afin d’augmenter la durabilité du bâtiment. ATTA décrit son concept comme « les souvenirs en continu » mettant en avant l’importance accordée à la préservation. 40% du budget du projet a été consacré à la conservation et la stabilisation du bâtiment. Cela comprend la protection contre les tremblements de terre à travers l’étayage des murs et des fondations, mais aussi la rénovation complète de la charpente en bois du toit.
ATTA a cherché à conserver autant que possible les éléments d’origine et même, à les révéler au grand jour. De nouvelles briques ont été fabriquées pour réaliser le pavage au sol ou remplacer celles trop détériorées. Pour ce faire, ATTA a utilisé le même type de fours que ceux utilisés au début du XXème siècle pour la cuisson des briques, ces dernières fabriquées en suivant rigoureusement la recette du début du siècle dernier. En ce qui concerne le choix des matériaux et du mobilier, ATTA a tout d’abord convoqué les entreprises à une visite du site afin de prendre connaissance de l’entièreté des possibles offerts par le lieu. Un travail très fin d’ajustements, passant la création de nombreux échantillons, a été réalisé. C’est ainsi que la teinte scintillante du toit a été trouvée (référencée sous l’appellation Or cidre). C’est à la fois une référence à l’origine du bâtiment évidemment, mais aussi le signe de la transformation d’un bâtiment ‘classique’ en véritable repère ou balise dans le paysage local.
Le motif diagonal en écaille de poisson des panneaux de toit facilite l’écoulement de la pluie et de la neige. La structure du bâtiment a été nettoyée et partiellement remplacée. A l’intérieur, la couche de plâtre existante a été supprimée, libérant au grand jour la structure. Lors des travaux, du goudron -auparavant utilisé comme isolant, et du bois en décomposition ont été trouvés. Ils ont été conservés pour donner du caractère au nouveau lieu, notamment dans la grande salle d’exposition dotée d’un plafond de bois, dont une partie est à double hauteur.
A côté du bâtiment principal du musée, un bâtiment indépendant accueille la cafétéria, un restaurant, une boutique, une cidrerie ainsi qu’une mezzanine soutenue par une structure en bois.

Le bâtiment principal est en forme de L, composé de deux ailes. La première est ouverte au public. Pensées pour la flexibilité, les galeries sont modulables, communicantes et divisibles selon le type d’événement. La seconde est dédiée aux locaux de services, archives, bureaux, etc.

2Portzamparc – Centre culturel – Suzhou – Chine

Je connaissais Suzhou et ses merveilleux jardins clos. Pour le concours du Centre Culturel en 2013, je découvrais plus loin, au bord du lac Thaï, l’immense plaine où la future ville de Wujiang allait naître. Ning Wang, chef de projet qui travaillait depuis 10 ans avec nous, me montra la vue du ciel.

C’était comme un très grand morceau de Manhattan qui allait arriver. La construction commençait. Le plan de la future ville figurait sa trame quadrangulaire, et ses boulevards, immeubles, tours et puis un grand axe piétonnier perpendiculaire à la rive qui recevait toutes les rues en rassemblant la ville le long d’une promenade marchant vers le lac et le ciel.

Cette idée simple me plaisait bien. C’est à l’arrivée de cette avenue sur le lac, sur ses deux côtés, qu’il fallait implanter le centre culturel en deux ailes.
L’aile du côté nord intègre un opéra de 1 600 places, un opéra chinois (salle modulable de 600 places), un conservatoire de musique, un cinéma à 360 degrés.
Côté sud prennent place deux musées, un centre d’exposition, un centre de conférences, des cafés, restaurants, cinémas, et galeries commerciales sur une surface totale de 202 000 m².
Ce simple schéma du plan urbain créait un site exceptionnel. La rencontre de l’avenue et du lac, conférait d’emblée au centre culturel le rayonnement dans l’espace que doit avoir un lieu qui rassemble les habitants.
Mais je voyais un problème: le centre culturel serait invisible depuis la ville, sur la belle transparence de l’avenue piétonne centrale.
C’est pourquoi j’ai voulu réunir ces deux parties par quelque chose qui se voit sur l’axe mais qui pourtant ne l’obstrue pas visuellement. C’est la raison de ce ruban qui enveloppe, couvre et relie ces deux ailes en formant une sorte d’arche que l’on voit de loin dans la perspective de la ville vers le lac.  Sans le ruban le centre culturel ne se verrait pas de l’axe majeur et il lui donne une fin, un but, là où la ville rejoint le ciel et l’eau.
En sept ans nous avons vu naître, pousser et déjà prospérer autour de notre chantier cette ville dédiée aux nouvelles technologies. Passant de trois à sept millions d’habitants, c’est le plus gros succès de planification de Chine. Ce phénomène d’urbanisation qui restera unique dans l’histoire, qui normalement inquiète mais semble ici vraiment maitrisé. 
Sur les berges du lac, le ruban forme une porte de la ville pour ces nombreux promeneurs. Le bâtiment célèbre l’arrivée de la ville quadrangulaire sur le lac fluide et le ciel.

Au centre, le ruban descend sur la terrasse pour abriter une placette commerçante en contre-bas qui est un point d’arrivée naturel dans la déambulation. On peut marcher et traverser l’axe à 40 mètres de hauteur pour voir le vaste panorama de la ville et du lac. J’ai beaucoup travaillé avec André Luong et Ove Arup à cette gigantesque structure métallique qui est un chef d’œuvre de précision et avec Arts Group et Zao Haifeng pour réussir la construction de ce ruban fait de deux fragments de bandes de Moebius. Cela a une grandeur de presque 500 mètres de long, comme les deux ailes du Trocadéro, et c’est bien à l’échelle du site.

Modestement, j’ai l’impression qu’il y a dans ce projet comme une rencontre, quelque chose de l’ordre de la philosophie ou de la poésie, de la sensibilité chinoise. Je ne crois pas que j’aurais eu cette idée en occident.  Mais, au-delà de ce site exceptionnel, je n’aurais pas eu non plus le désir de cette architecture du mouvement s’il ne s’agissait pas d’un programme musical. Il existe, pour moi, une parenté entre la musique et l’architecture. Toutes deux se découvrent dans le temps, dans une durée. On découvre le mouvement continu du ruban en se déplaçant et l’architecture du centre culturel, par ses lignes, ses longues courbes en ascension et ses descentes, fait ressentir le mouvement de la musique.

Entre l’Opéra Conservatoire de Shanghai, le Grand Théâtre de Casablanca et la grande salle de Suzhou, nous avons conçu dans les mêmes années trois salles très différentes. Ce sont des instruments de musique où j’ai joué la proximité avec l’orchestre. Mais pour celle de Suzhou il avait été demandé que tout l’auditoire se voit et que les balcons soient reliés.  Visuellement j’ai déjoué l’axe central et l’acoustique est variable permettant de passer d’Opéra-théâtre à symphonique. Il y a aussi un opéra chinois qui est une salle très polyvalente que nous avons conçue avec Xu Ya Ying, lui-même originaire de Suzhou, berceau de l’opéra chinois.

Nous avons travaillé avec les techniques et les matériaux locaux, fabriqués a moins de 50 km du site dans l’exigence d’une grande qualité d’exécution qui marque un grand progrès de maitrise technique en Chine par rapport à ce que Paul Andreu me montrait il y a dix ans.  C’est la fierté de notre équipe d’avoir travaillé à la réussite de ce grand projet de la ville de Wujiang pour Suzhou et de contribuer ainsi à apporter notre expérience à cette coopération franco-chinoise.

PALMARÈS DU GRAND PRIX AFEX 2021
Silvio d’Ascia Architecture et Omar Kobbite Architectes – Gare TGV – Kenitra – Maroc

La nouvelle Gare TGV de Kénitra au Maroc s’inscrit dans le Projet « Royal » de construction de la première ligne à grande vitesse du continent africain, qui relie la Méditerranée à l’Atlantique : de Tanger « Med » à Casablanca, via Kénitra et Rabat et à terme jusqu’à Agadir.

La gare a été pensée tel un écrin capable de traduire dans son contexte urbain une identité renouvelée de l’architecture traditionnelle marocaine, grâce à sa peau à motifs triangulaires, réinterprétation du thème du moucharabieh, dilaté à l’échelle de la ville et rythmé par les ouvertures à arcades. La gare devient le symbole du progrès technologique et socio-économique incarnés par l’arrivée du TGV Al Baraq, le plug-in de la ville et du pays dans la modernité.

L’un des enjeux majeurs du projet était de créer un lien entre la ville historique au nord et la ville nouvelle au sud, entre le passé et le futur de la ville. L’objectif était donc de créer un nouveau lieu de vie, un nouveau lieu de destination pour ses habitants, au-delà même du simple fait d’aller prendre le train.

David Telerman – Objects Of Intention – McNeal 020 – Arizona – USA

Situé au sud de l’Arizona bordant la frontière mexicaine, McNeal 020 est né d’une fascination commune du maître d’oeuvre et du maître d’ouvrage pour les paysages surréalistes d’Amérique qui ont attiré des années auparavant peintres et sculpteurs tel que Max Ernst à la recherche de nouvelles formes. L’architecture creuse le sol et le découpe, elle s’étire vers les montagnes et fige, en un fragment de béton, l’étendue du paysage aride, ponctué seulement de clôtures métalliques.

Quatre pans d’escaliers définissent un lieu évidé, fermé en son centre par l’espace intérieur. Au sommet et nivelé au sol se dessinent le toit et ses bras de longueurs variables qui s’étirent au plat de l’argile séché : lignes menant le visiteur, lignes du dessus que traverse un corps vertical à l’équilibre fragile, peur de l’écroulement, lignes du dessous pour capturer la lumière changeante que découpe des ombres tirées qui se balancent à la surface des marches. L’espace sous-terrain, dissimulé au visiteur qui accède au site, apparait progressivement, révélant la brèche, l’escalier, l’espace au-dedans : l’organisation d’une procession.

Malgré son apparente simplicité, la structure tente d’exprimer, de manière presque primitive, le contraste d’une nature qui disparait progressivement au bas des escaliers, le corps du visiteur baigné d’une lumière géométrique, et d’une nature qui réapparait à la montée des marches, le sol rougi, le poids du vent et les montagnes en ligne de fond. L’architecture est l’outil qui distingue le pays d’un paysage.

Chaix & Morel et Associes – Rénovation et extension du siège de la Sécurité Sociale – Vienne – Autriche

La rénovation et l’extension du Siège administratif de la Sécurité Sociale autrichienne, est un projet situé au coeur de Vienne, à proximité immédiate de l’ensemble Wittgenstein, classé Monument Historique. Le projet s’inscrit dans la dynamique générale de régénération urbaine d’un quartier surchargé par la masse de l’ancien bâtiment, datant des années 1970.

A la suite du concours international lancé en 2015, notre Atelier parisien Chaix & Morel et Associés et notre partenaire Christian Pichler, basé à Vienne, sont déclarés lauréat. C’est notre réflexion centrée sur l’échelle urbaine et le rapport au patrimoine existant environnant qui a été déterminante. Notre conception de projet a été de favoriser un dialogue nourri entre l’architecture et la ville, l’existant et le neuf, le privé et le public, l’intérieur et l’extérieur. L’idée est de créer une nouvelle échelle urbaine qui réunit l’environnement historique, le grand volume existant entièrement restructuré et les bâtiments nouvellement construits dans un paysage urbain harmonieux. Dans cette logique, une aile du bâtiment existant est démolie et remplacée par une extension neuve qui, dans un geste généreux, génère un nouveau parvis public.

Fres Architectes – Théâtre de la Nouvelle Comédie – Genève – Suisse

ll s’agit tout d’abord d’un bâtiment public, d’un équipement destiné à s’ouvrir à la population de Genève et de son l’agglomération. Mais le projet pour le théâtre de la Nouvelle Comédie de Genève, c’est aussi et surtout une idée forte, un projet culturel, une vision de société. C’est même, osons le terme, un manifeste.

Ce théâtre, c’est tout un monde, un monde vivant, actif. C’est un morceau de ville, un morceau de vie, qui réunit sous un seul et même toit, de façon assez unique surtout en centre-ville, tous les métiers, les savoirs, les techniques et surtout les gens qu’il faut rassembler pour construire, pendant des semaines et des mois, ce qui fera la magie d’un soir. Théâtre de création, atelier, fabrique de spectacles, ou ruche, le bâtiment pour la Nouvelle Comédie de Genève se veut ainsi, doit se comprendre, se lire et se donner à voir ainsi. Le bâtiment articule subtilement représentativité et banalité, espaces publics et locaux de travail, vie quotidienne et magie de la nuit.

Le projet présente un profil singulier sur l’espace public lui conférant une identité propre, tel un signal dans la ville, un Skyline, issu de l’articulation des programmes, et dont la forme crénelée exprime la multiplicité des activités qui habitent le théâtre.

Lacaton & Vassal Architectes – Tour Opale – Chêne-Bourg – Suisse

La construction de la Halte CEVA desservie par le Leman Express amorce la mutation du quartier des Trois Chênes à Chêne-Bourg dans le canton de Genève. Le plan local de quartier, qui définit de nouveaux gabarits en hauteur, est une opportunité de questionner l’espace à habiter et sa relation avec la ville.Profiter de la ville, de ses opportunités culturelles, évènementielles, de sa mobilité facile, de l’ensemble des liens humains et sociaux qu’elle propose, nous parait essentiel.

La qualité de l’espace d’habitation, sa générosité, le confort et la liberté d’usage offertes aux usagers, sont déterminants pour une qualité de vie urbaine. «Vivre dans plus d’espace, vivre dans une maison» sont les désirs d’un habitant, qu’il faut créer en ville.

Le projet de la tour Opale part des qualités que l’on souhaite donner à l’habitation. La qualité de l’espace à habiter, sa générosité, son confort, le plaisir sont déterminants pour une qualité de vie urbaine. Vivre dans plus d’espace, vivre dans les conditions d’une maison, sont des qualités qu’il faut donner à l’habitat en ville. Inventer de nouveaux immeubles-villas en offrant la possibilité de vivre à l’extérieur, tout en étant chez soi. Comme dans une maison particulière. Les logements sont spacieux, agréables, lumineux, largement ouverts et transparents pour profiter de vues dégagées ; ces logements sont prolongés par des espaces extérieurs privatifs en jardins d’hiver largement ouvrables de 17 à 30 m2, ainsi que des balcons. Les 101 logements sont très majoritairement à double orientation, traversants ou duplex, offrant un confort de ventilation naturelle optimum.

 

Querencia – Immeuble de logements – Cotonou – Bénin

« Inspirée par la culture Yoruba, dont est originaire M. Alao le Maître d’Ouvrage, l’idée de ces deux bâtiments jumeaux unis sur toute leur hauteur par un corridor – un atrium – s’est imposée avec évidence à Cotonou. Du lever au coucher du soleil, des ombrières de bambous font vibrer la lumière sur les façades. Le souffle du vent, apaisé par les corridors, rafraîchit naturellement les espaces. »

Jacques Le DU, Architecte et fondateur de Querencia.

Le Bénin est peuplé par près de douze millions d’habitants, dont les Yorubas qui avec les Fon et les Adja sont une des trois ethnies les plus importantes. Ces ethnies vouent un véritable culte à la gémellité. Chez les Yoruba, le mot IBEJI veut dire jumeau. IBI = naître et EJI = …à deux. L’art,statuaire des IBEJI symbolise ce culte de la gémellité. Ceci a beaucoup inspiré ce projet au point que les propriétaires du lieu, ont souhaité le nommer : « Résidence IBEJI ». Le projet IBEJI se situe en arrière-plan de la zone portuaire dans le quartier Zongo Ehuzu. Ce quartier, bien que présentant un tissu urbain très disparate est toutefois le lieu d’implantation de quelques ambassades et de villas luxueuses pour certaines.

Une identité forte, inspirée par la culture de l’ethnie Yoruba. C’est dans la mise en tension du vide entre les deux figurines des statues Ibeji, que réside le symbole de l’unité indissociable des jumeaux. Le projet en est devenu une allégorie. Le volume central vide est mis en tension entre deux volumes identiques qu’il réunit et innerve. Une ventilation naturelle optimisée. La façade sud principale fait face au littoral et aux vents dominants qui balayent Cotonou du secteur sud / sud-ouest avec une intensité moyenne de l’ordre de 20 à 30km/h. Nous avons installé quatre voiles structuraux dans l’axe longitudinal pour former deux volumes décalés suivant la limite Sud du terrain. Les corridors ainsi générés font face aux vents dominants. Les ombrières tendues entre ces lames structurelles accentuent ce flux naturel en générant un processus de convection.

Segond Guyon Architectes – Palais des gouverneurs – Lomé – Togo

L’ancien Palais des Gouverneurs, élément majeur de la composition de la ville de Lomé, achevé en 1905, est emblématique de l’histoire de la constitution de l’identité nationale du Togo. Sa typologie représente un unicum dans l’histoire de la colonisation allemande et dans celle du continent africain. Il est au centre du pouvoir togolais durant tout le XXème siècle. Le projet de reconversion en un centre dédié à l’expression de la culture nationale se veut exemplaire et respectueux de ce patrimoine remarquable. La réhabilitation du palais conserve les différentes étapes qui ont marqué son évolution et permet de retrouver la lecture des volumes et la légèreté de la composition présente dans les premières années de l’Indépendance : restitution du dialogue entre l’intérieur et le parc ; suppression des volumes ajoutés, réouverture des galeries maçonnées du rez-de-terrasse ; restitution des galeries en bois de l’étage.

Les choix d’intervention valorisent les matériaux d’origine : respect de l’intégrité des maçonneries de béton originales, restauration et restitution de menuiseries bois dans la rotonde du grand escalier, consolidation et présentation, notamment dans la galerie intérieure du rez-de terrasse, de sections de murs peints marquées par le temps ; nettoyage et valorisation du garde-corps en fer forgé du grand escalier ; récupération de carreaux de ciment épars pour les insérer dans une composition contemporaine dans le Salon de la Tour…

SOA Architectes – Tour AYA – Beyrouth – Liban

L’histoire commence avec la commande d’une tour d’habitation qui n’aurait pas le style international mais qui serait une architecture arabe contemporaine capable de répondre aux enjeux métropolitains et à la densification de la ville de Beyrouth. Il nous faudra un an de recherche avant de commencer l’esquisse et un voyage du Maghreb au Mashreq pour chercher des éléments communs dans leur patrimoine architectural qui pourraient nourrir le projet d’habitat collectif.

Un premier principe nous saisit : vivre ensemble, selon les fondements urbains arabes, consiste à partager une image extérieure commune, comme dans la médina , ou il n’y a presque pas signe extérieur de richesse, laquelle est contenue derrière les murs ordinaires et continus de la ville. Et de ce principe découle le plan de l’habitat: passé la porte, tout semble pensé autour de la rencontre, même dans ce qui sépare : la dorqa, cette entrée épaisse qui permet de rentrer sans pénétrer l’intimité ainsi que le triptyque Iwan (la galerie), Patio, et Majilis (forme de salon). Nous travaillons à la mutation de plans remarquables vers les appartements très spacieux qui nous sont commandés. Et puis il y a l’idée du mur et du rapport au ciel : le mur épais, qui protège, isole, part du sol pour s’élever vers le ciel, comme la zigourat iranienne ou les tours d’habitation de Sanaa ou il n’y a pas de superposition mais un rapport toujours direct au ciel.

Source : www.afex.fr

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