Du 28 septembre au 1er octobre 2026, Paris Expo Porte de Versailles a accueilli la première édition du Paris Builders Show, nouvelle appellation du Mondial du Bâtiment. Entre innovations, transition énergétique et coopération internationale, ce rendez-vous a également été marqué par une mobilisation tunisienne autour des enjeux de la construction durable.
Les grandes mutations du bâtiment en débat
Réunissant BATIMAT, IDÉOBAIN, INTERCLIMA et RENODAYS, le Paris Builders Show (PBS) entend accompagner les grandes mutations du secteur de la construction et de la rénovation. Décarbonation, performance énergétique, économie circulaire, réemploi des matériaux, intelligence artificielle et solutions numériques ont nourri les échanges entre industriels, concepteurs, entreprises, experts et acteurs institutionnels.
Au-delà de la présentation de nouveaux produits et technologies, le salon a constitué un espace de réflexion sur les nouvelles façons de concevoir, construire et rénover les bâtiments, dans un contexte marqué par les défis climatiques, économiques et énergétiques.

Conférences et rencontres sur les stands ont réuni des professionnels de différents pays autour de nouvelles visions de la construction et des modes de vie, favorisant le partage d’expériences et l’émergence de collaborations internationales.
La conférence inaugurale, intitulée « Le bâtiment en mouvement : entrer dans une nouvelle ère sans changer de cap », a donné le ton de cette édition. Avec la participation de l’économiste Philippe Aghion, Prix Nobel d’économie 2025, et de l’architecte Franklin Azzi, les débats ont mis en perspective deux dimensions complémentaires : la capacité d’innovation et de transformation du secteur, mais aussi l’importance des fondamentaux de l’architecture, des matériaux et de la transmission des savoir-faire.
Une question essentielle s’est ainsi imposée : comment accélérer les mutations du bâtiment tout en préservant la qualité architecturale, la pertinence des choix constructifs et l’adaptation aux contextes locaux ?


Cinq tendances qui dessinent le bâtiment de demain
Les innovations présentées au salon, notamment dans le cadre des Prix de l’Innovation (voir notre article consacré aux solutions candidates), permettent de dégager cinq grandes tendances : la rénovation, l’intelligence artificielle, la décarbonation, l’évolution des techniques de mise en œuvre et le développement de nouveaux services.
La rénovation s’affirme comme un levier majeur pour améliorer la performance énergétique du parc existant et prolonger la durée de vie des bâtiments. L’intelligence artificielle et les outils numériques ouvrent de nouvelles perspectives pour la conception, la gestion des projets et l’exploitation des ouvrages, grâce notamment à la simulation, au suivi des consommations énergétiques et à la gestion intelligente des équipements.
La décarbonation mobilise l’ensemble de la chaîne de valeur, du choix des matériaux aux procédés de fabrication et aux techniques de mise en œuvre. L’économie circulaire et le réemploi contribuent également à réduire l’impact environnemental du secteur. Parallèlement, l’évolution des techniques de mise en œuvre et le développement de nouveaux services accompagnent la transformation des pratiques, en favorisant une meilleure maîtrise des ressources, l’optimisation des performances et l’adaptation des bâtiments aux besoins des utilisateurs.
Parmi les innovations distinguées, K•LINE France, du groupe LIEBOT, a notamment été récompensée pour son offre de fenêtres aluminium bas carbone. Cette démarche illustre la place croissante des matériaux et des composants dans la stratégie de décarbonation du bâtiment, au-delà des seuls équipements énergétiques.
À travers ces différentes approches, une même évolution se dessine : la performance d’un bâtiment se mesure désormais autant à ses qualités d’usage et à son efficacité énergétique qu’à son impact environnemental sur l’ensemble de son cycle de vie.
De l’innovation à la performance réelle
Au-delà des innovations présentées, un enjeu majeur se dessine : passer des solutions disponibles à leur déploiement à grande échelle. Cela suppose d’intégrer les exigences énergétiques et environnementales dès la conception, d’adapter les choix techniques aux contraintes climatiques locales et de réunir les conditions financières nécessaires à leur mise en œuvre. La performance doit également s’évaluer dans la durée, à travers les consommations réelles, le confort des occupants et la capacité des bâtiments à faire face aux épisodes climatiques extrêmes. Autant de défis qui invitent à penser conjointement conception architecturale, rénovation, financement et suivi des performances.
Le Builders Club : prolonger les échanges au-delà du salon
Le lancement de l’International Builders Evening a constitué un autre temps fort de cette édition du PBS. Cette rencontre de networking a réuni des décideurs internationaux de la construction autour de nouvelles opportunités d’échanges et de coopération.
À cette occasion, le Builders Club a été lancé avec l’ambition de prolonger les relations entre les professionnels au-delà des quatre jours du salon, grâce à une communauté internationale et à des rencontres dédiées. Cette initiative traduit la volonté de faire du Paris Builders Show davantage qu’une vitrine de solutions : une plateforme de dialogue et de collaboration entre les différents écosystèmes du bâtiment.
Une présence tunisienne mobilisée autour de la construction durable
La participation tunisienne a marqué cette édition par la diversité des acteurs représentés. La Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Française (CCITF), représentante officielle du Paris Builders Show en Tunisie, a accompagné une délégation composée d’entreprises et de professionnels du secteur.
Des chambres de commerce et d’industrie régionales ( la Chambre de Commerce et d’Industrie de Sfax, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Centre, la 𝐂𝐂𝐈 𝐝𝐮 𝐍𝐨𝐫𝐝-𝐎𝐮𝐞𝐬𝐭 et la 𝐂𝐂𝐈 𝐝𝐮 𝐒𝐮𝐝-𝐄𝐬𝐭 ), l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Énergie (ANME), des représentants de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens ainsi que des acteurs de la promotion immobilière ont également pris part à cette mobilisation.
Au programme : rendez-vous d’affaires, rencontres B2B, visites thématiques, conférences et échanges avec les acteurs français de l’écosystème du bâtiment. Les discussions ont notamment porté sur la rénovation énergétique, le numérique et l’intelligence artificielle appliquée au bâtiment, la valorisation des déchets, la décarbonation et la résilience climatique. Parmi les organismes et sociétés rencontrés : Ecominéro, Construction21 – France, Alliance HQE – GBC, ENERPLAN, VALOBAT et SYDEV.
Cette participation a également permis de mettre en avant l’expérience tunisienne lors de la table ronde internationale « Construire durablement : solutions et retours d’expérience francophones », organisée le 29 septembre.
Abderrahmen Mahfoudhi, ingénieur en chef au sein de la Direction de la performance énergétique dans le secteur du bâtiment à l’ANME, y a partagé l’expérience tunisienne aux côtés d’intervenants français, canadien et sénégalais, sous la modération d’Emma C. Dessouroux.
Les échanges ont abordé plusieurs leviers de la transition énergétique : le rôle de l’État et de la réglementation, les mécanismes de financement, la valorisation de la performance énergétique, le recours aux matériaux locaux et la coopération internationale.
Un enseignement se dégage de ces discussions : les solutions de construction durable gagnent à s’appuyer sur le partage d’expériences, tout en étant adaptées aux réalités climatiques, économiques et territoriales de chaque pays.

La participation tunisienne au Paris Builders Show ouvre des perspectives de coopération avec les acteurs français et internationaux, notamment en matière de rénovation énergétique, de décarbonation et d’innovation numérique. L’enjeu est désormais de transformer ces échanges en partenariats concrets, au service d’un bâtiment plus performant et durable.













