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PROJET LAUREAT DU CONCOURS NATIONAL D’ARCHITECTURE
LYCEE INTERNATIONAL DE TUNIS AUX JARDINS DE CARTHAGE

Le projet propose une interprétation innovante d’une architecture internationale dans un contexte à fort potentiel historique. Les jardins de Carthage, la citée punico-romaine, aux pieds de la colline de Byrsa, où l’antiquité se conjugue au présent et impose un regard tout aussi authentique que contemporain.  

Challenge : La Tunisie à l’international, …..Comment ?

Notre réponse était : Certainement avec subtilité !

C’était en disposant tout l’établissement à l’intérieur d’une enceinte monolithique, mais certes ajourée, en claustra de pierre poreuse  « Harch », base de construction de tout notre héritage bâti depuis les puniques (Kerkouane, Byrsa, etc) jusqu’aux musulmans et leur tissu Médinal.  A l’époque cette pierre calcaire était principalement extraite des carrières côtières du Cap Bon, en l’occurrence Haouria. Maintenant elle est assimilable à la pierre de Salakta, qu’on trouve plus fréquemment sur le circuit commercial local.

Outre sa beauté en tant que parement, elle nous offrira ses caractéristiques de roche naturelle à faible émission de carbone, sa fraicheur en tant que matériaux poreux, sa haute qualité thermique et son inertie.

A cette ceinture monolithique protectrice des espaces d’enseignement et rappelant l’identité et la mémoire des lieux, viennent se superposer par contraste des gabarits contemporains éclatants de blancheur, aux formes prismatiques, dynamiques et modernes,  classant le projet dans une certaine logique internationale ciblée par notre groupement.

Cette recherche d’une architecture internationale, à la Tunisienne, était le leitmotiv qui a alimenté notre réflexion tout au long de l’élaboration de ce projet destiné aux lycéens de différentes nationalités et résidants sur le sol tunisien. Pour notre groupement d’architectes, cette recherche n’aboutirait que si elle arrive à tirer ses fondements de notre héritage civilisationnel d’une manière sobre et subtile, s’éloignant totalement des clichés galvaudés d’arabesques ou de motifs architectoniques parachutés. 

Dispositions passives pour une architecture à haute qualité environnementale :

Voulant inscrire notre projet dans une logique d’architecture à haute qualité environnementale, nous avons opté pour un projet compact et sécurisé, offrant des microclimats ombragés, végétalisés et protégés des vents dominants. L’exiguïté du terrain et sa forme oblongue ne nous a pas facilité la tâche et nous a contraint à privilégier une implantation plutôt urbaine que de chercher la parfaite disposition Nord-sud des barres d’enseignements. Avec une déviation de 23 degré, sont venus étoffer nos façades une panoplie de dispositions passives de protection contre les rayons solaires incidents, tels que : Les toitures chapeau, auvents et brises soleil horizontales au niveau du sud, mais aussi une trame de potelets verticaux de double hauteur stylisés en béton, parant contre les rayons rasants de débuts de matinée et de fin de journée.   

La cour a été conçue avec des proportions généreuses malgré les contraintes parcellaires et donne sur quatre galeries périphériques couvertes. Elle est ceinturée par la totalité des entités formant la 1ère phase de construction. Elle se compartimente avec ses 1000 m2 en une moitié minérale dédiée au rituel du salut du drapeau et une autre moitié végétalisée d’oliviers et de bigaradier et est  animée de banquettes en bois et béton de formes modernes stylisées et fluides. 

Elle forme un havre d’intimité et de convivialité et s’étend à l’étage en une toiture jardin surmontant le refuge et agrémentant l’entrée principale.

Architecture créatrice d’évènements urbains :

Toute construction est par essence statique et stable, les architectes à travers l’histoire ont tenté de se défaire de cette impression, à l’instar de l’inspiration du paquebot pour le Corbusier ou encore l’aéronautique pour Norman Foster qui ont marqué de leur empreinte les courants modernes. Pour nous, outre les gabarits détonants de la salle polyvalente et du Gymnase,  le volume souple de la bibliothèque symbolisant cette « première pétale qui fleurit » rempli parfaitement ce rôle en agissant comme une locomotive entrainant en mouvement tout le projet et constitue un signal urbain fort intéressant depuis la voie express. 

Les accès ont été, par ailleurs, minutieusement étudiés de façon à respecter la sécurité des usagers en disposant l’accès des élèves et du foyer socioculturel du côté Ouest en face des lots à usage d’équipement et ainsi protéger l’entrée principale des dangers de la voie express et préserver l’autre artère à vocation résidentielle de tout désagrément. Alors que l’accès de l’administration et pour des commodités administratives a été placée sur la rue opposée au niveau le plus proche de l’Ecole Internationale de Tunis qui abrite actuellement l’école primaire et le collège.

Projet à semblant achevé dès la 1ère tranche :

Notre projet respecte le phasage exigé par l’acquisition de son aspect fini dès sa première phase. Le déroulement du chantier de la deuxième tranche ne représentera aucune gêne pour le bon déroulement quotidien des activités du lycée par son implantation excentrée. Par ailleurs, cette emprise de la 2è tranche a été placée volontairement adossé au Gymnase afin de pouvoir servir provisoirement d’aire sportive en plein air jusqu’à la construction de la 2è tranche.

Ouverture sur l’environnement immédiat :

Soucieux de l’impact négatif sur le mental des adolescents des espaces compacts et clos sur eux-mêmes et voulant se démarquer de l’austérité que pourrait générer par ce type d’établissements scolaires malgré la compacité de leur composantes, nous avons réussi à élaborer un projet totalement ouvert sur la ville en disposant en hauteur les salles d’enseignement en R+2, dominants ainsi par leur hauteur les espaces socioculturels, bibliothèque et gymnase qui se déploient en rez-de-chaussée seulement sur toute la façade principale.

Maitre d’ouvrage : Ministère de l’Education

Architecte chef de file : Med Salah KSOURI  

Architecte associé :  Achraf SIALA 

Architectes Collaborateurs : Sana BAHROUN, Nourchène HAMMAR et Fatma BENYOUNES

Images de synthèse : Walid SAADAOUI

Ingénieur Conseil Structure & VRD : Raouf BEN MILED

Ingénieur Conseil Electricité & SI : Abdelmajid HAMOUDA

Ingénieur Conseil Fluides : Anis HLAILI

Surface couverte : 5 400 m² (Dont 3 900 m² en première tranche) 

Budget : 6 MD (Dont 4.6 MD en première tranche)

Texte : Salah KSOURI & Achraf SIALA

Article paru dans Archibat n°53 – décembre 2021

 

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