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Architecture ou la parole silencieuse de l’épure

Je réalise en collaboration avec Catherine Fleury des projets entre les deux rives de la méditerranée depuis 8 ans. L’architecture nous apprend que l’homme est au centre de nos préoccupations et que les espaces ne sont vécus que par l’existence de ce dernier. Et puis nous avons le contexte : construire en Tunisie nous permet de détourner certains usages et de remettre au gout du jour certaines techniques artisanales comme la voute en brique, les appareillages de pierre, la chaux … 

Construire c’est créer un abri avant tout, cet abri éveille l’homme qui l’utilise.  Le dessin est omniprésent dans notre démarche et soutient l’architecture dans les moindres détails. C’est une richesse que nous apprécions sans pour autant prôner la sophistication.  

Villa Squellete

Lors de la visite du site je dirais que tout le projet était là : nous étions face à une structure poteau dalle en béton brut abandonnée depuis plusieurs années au milieu d’une végétation qui avait repris ses droits. 

L’idée de la végétation à travers le béton allait motiver notre projet.  

L’axe majeur de la maison est l’ouverture de la façade Sud Est sur une série de pins parasol hauts de 20 mètres. Nous voulions tous les espaces de vie ouverts sur ce paysage. Ainsi est née une façade composée de panneaux de béton banché. Le découpage de la façade brise la hiérarchie des niveaux. 

Le déroulement du chantier mérite quelques lignes :  la véritable difficulté pour les ouvriers était de produire des surfaces de béton brut de décoffrage propres, mais surtout de les maintenir intactes jusqu’à la livraison. 

Le concept lié à cette matière est très nouveau pour les ouvriers et les entreprises : l’idée que la matière brute soit le résultat final a été relativement compliquée à expliquer. 

Le travail de finition était entamé dès le début du chantier. Nous avons également créé des coffrages spéciaux, qui n’ont pas réussi du premier coup notamment pour les voiles arrondis. 

L’expérience de l’entreprise et la bonne communication ont permis de réaliser des surfaces de béton de première qualité. L’autre difficulté majeure a été la réalisation de l’escalier hélicoïdal en béton brut de décoffrage. L’ouvrage réalisé dans un espace très restreint et fermé sur les trois côtés a été laborieux.  

A la brutalité du béton, nous avons travaillé précisemment les boiseries pour accompagner un lieu jusque-là essentiellement minéral et de créer des pièces de mobilier propres à la maison comme la bibliothèque de la mezzanine.

Par Chacha Atallah, architecte – Photos : Pol Guillard et Yoann Cimier

Article paru dans Archibat n°53 – décembre 2021

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