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Un Architecte, des métiers
SAMY CHEBBI
ARCHITECTE-BIM MANAGER

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Samy Chebbi Architecte chargé d’études (plus communément en Tunisie chef de projet) et aussi le BIM Manager chez Oger International Tunisie

Pouvez-vous nous parler de votre cursus académique et professionnel ?
J’ai fait mes études à l’ENAU (Ecole Nationale d’Architecture et d’urbanisme) ensuite j’ai intégré différentes agences d’architecture en Tunisie mais avec plusieurs missions à l’étranger et donc j’étais vite attiré par les boites qui travaillent en off-shore où on pouvait voir des projets internationaux, notamment avec Oger International Tunisie où je travaille actuellement, j’ai eu la chance de participer à la réalisation des bâtiments d’envergures ou de très haut standing. A titre d’exemple le projet ITHRA à Dammam ou le LOUVRE d’Abu Dhabi. 

Qu’est-ce qu’un architecte BIM manager ?

Le terme « Architecte BIM Manager » n’est pas vraiment juste puisque la fonction BIM manager est pluridisciplinaire et forcément pas monopolisée aux Architectes. Mais, on remarque beaucoup de BIM manager qui sont de formation Architecte vue que celui-ci est considéré comme le chef d’orchestre d’un projet architectural ayant la faculté de le voir sous ses différentes facettes et le mener vers une bonne réalisation.

Dans ce sens, la mission du BIM manager consiste à organiser l’échange des données et à piloter les méthodes et le processus d’échange collaboratif BIM. Le BIM manager est le garant de la maquette BIM et sa bonne réalisation. Il est aussi le lien entre les différents acteurs : l’architecte, le maitre d’ouvrage, les bureaux d’études et les entreprises.

Suivant les missions demandées par le client, il peut être appelé à la maitrise de tout le cycle de vie du bâtiment d’une manière numérique donc dès les premiers pas de la conception jusqu’à la maintenance passant par les phases de réalisation et même de démolition.

Comment devient-on BIM manager ?

La notion du BIM s’est développée depuis les 20 dernières années donc elle est relativement récente comparée aux disciplines de la construction. Elle ouvre de nouvelles perspectives et donc de nouveaux métiers qui sont en train d’être rationalisés. Actuellement il y a très peu d’écoles qui certifient ce domaine et par conséquent c’est par l’expérience et la maitrise qu’on obtient cette fonction.

Quels sont les outils que le BIM manager devrait maîtriser ?

Un BIM manager doit avoir une bonne connaissance et maitrise des logiciels de conception puisque son rôle est au cœur même de l’innovation numérique. Aujourd’hui on parle de nouvelles solutions techniques comme la visite virtuelle, la réalité mixte, le scan 3D notamment par drone mais aussi de logiciels de modélisation paramétrique adaptative ou encore de conception générative. Le BIM manager doit avoir la capacité de cerner les besoins et de donner les solutions adéquates aux délais planifiés. Enfin une de ces missions principales c’est de pouvoir réaliser la convention ou encore une charte BIM et veiller à son application.

Quelles sont les qualités requises pour ce profil ?

Un BIM manager est d’abord un Architecte ou un ingénieur donc il doit d’une part avoir :

– La capacité d’assimiler la synthèse en TCE et je dirais même avoir une forte expérience du chantier.

– La capacité de discuter avec tous les intervenants que ce soit le concepteur, le client ou pilotes de chantier mais sans pour autant être confondu avec le responsable synthèse ou coordinateur qui ont un rôle différent.

Quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien ?

Pour les difficultés au quotidien pour un BIM manager : il s’agit de veiller à faire respecter le processus BIM que ce soit par l’application de la charte BIM, la convention ou encore à la bonne méthodologie de conception pour garantir la qualité requise au niveau de développement et d’informations demandés, tout en étant en parfait collaboration avec les référents BIM, les modeleurs et le client.

Dans un autre volet, quand on parle du BIM on met en exergue les méthodes d’intégration de plusieurs logiciels où l’interopérabilité des fichiers et le workflow (que ce soit en réseau local ou en hébergement cloud) ont une importance majeure au bon déroulement des échanges de données.

Un BIM manager trouve-t-il facilement sa place sur le marché tunisien ?

L’intégration du processus full BIM en Tunisie avance avec une vitesse relativement lente. C’est vrai qu’on a pu constater une amélioration ces dernières années mais ces avancées se limitent généralement aux grands projets. La responsabilité de l’état actuel est partagée entre les bureaux d’études, d’une part, qui hésitent encore à se lancer, vu qu’il y a au début un certain coût assez important pour assurer la formation et l’achat de matériel et logiciels adéquats. Et d’autre part, c’est aussi la responsabilité du client qui n’est pas bien informé du gain de travail en BIM en pensant éviter des surcoûts budgétaires.

Quand est-il du marché international ?

Il y a un vrai intérêt au développement de ce domaine et aujourd’hui on assiste même à des obligations d’utilisation de l’outil BIM dans les marchés publics. Ce n’est pas que dans les pays développés notamment anglophones mais aussi dans certains pays du Golf comme les Emirats Arabes Unis. En fait, là où il y a ce type de projet là où il faut un pilote pour la maquette numérique et donc la justification de la place du BIM manager.

Un mot pour nos futurs architectes ?

Le BIM d’une manière générale est un nouveau domaine et représente une nouvelle spécialité pour l’architecte avec toute l’expertise qu’elle englobe. Il faut profiter de cette opportunité pour monter sur la vague face à la saturation du « marché classique » de construction. Le domaine de l’architecture est tellement vaste qu’il se développe de plus en plus en mono-spécialité et le BIM en fait déjà partie. Je recommande vivement à tous les étudiants-architectes et même aux architectes qui n’ont pas encore adopté le processus BIM de s’y mettre parce qu’il ouvre beaucoup d’opportunités et une meilleure maitrise des projets.

Article paru dans Archibat n°51 – Avril 2021

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