A la croisée de l’intuition et de l’exigence, la démarche portée par Jullanar immobilière interroge une autre manière de concevoir l’habitat, plus attentive à l’expérience vécue, aux usages et à la qualité sensible des espaces. Entre vision stratégique et recherche d’émotion, l’approche revendique une architecture qui se vit autant qu’elle se conçoit. C’est dans cette perspective que nous avons rencontré Mme Samira Ben Abdallah, CEO de Jullanar Immobilière.
Jullanar semble être né d’une trajectoire très personnelle. Comment cette aventure a-t-elle commencé ?
Samira BEN ABDDALLAH : J’ai grandi avec une proximité très concrète avec le monde des affaires grâce à mon grand-père. Je me glissais parmi eux pour recueillir leurs paroles, imprégnée de cette atmosphère où les décisions prenaient forme et où les projets naissaient entre les hommes.
Puis je ressortais, et je construisais. Des maisons de poupée plusieurs à la fois, toujours en chantier simultané. Je ne savais pas encore que je bâtissais déjà.
C’est là, dans ce va-et-vient entre le monde des grands et mes constructions d’enfant, que quelque chose a germé en moi. Une graine dont Jullanar est, aujourd’hui, la floraison.
Mon père voulait que je fasse du droit, mais j’ai choisi l’école de mode, où j’ai rapidement trouvé ma voie. Mais, au fond, j’avais déjà « le virus du bâtiment » et tout ce qui touche à la construction. J’étais aussi très sensible au végétal, aux fleurs en particulier. Le nom Jullanar s’est d’ailleurs imposé naturellement : il désigne la fleur du grenadier, une fleur qui m’a toujours profondément marquée lors de mes séjours à la Soukra.
Petite à la ferme de la Soukra, je cueillais les fleurs de grenadier, fragiles éclats entre mes doigts, pour décorer les maisons de poupées que je construisais. leur beauté éphémère portait déjà la promesse d’un fruit à venir, riche et généreux. Sans le savoir, j’apprenais que toute création naît dans la délicatesse.. et s’accomplit dans le temps.
En 2015, après avoir pris en main la gestion des biens familiaux à la demande de ma mère, je me suis lancée dans la promotion immobilière. Beaucoup m’ont découragée au départ, mais j’avais une conviction très forte : proposer une autre manière d’habiter.
Vous avez choisi précisément l’immobilier de prestige, mais avec une définition assez singulière de ce mot. Quelle est-elle ?
S. B. A. : Pour moi, le prestige ou le luxe n’a jamais été une question d’apparat. Le vrai luxe commence là où l’espace procure du calme, de l’aisance et une qualité de vie réelle. Un lieu peut être prestigieux non parce qu’il affiche des signes extérieurs, mais parce qu’il est juste et noble dans ses proportions, dans ses matériaux dans sa lumière, dans son rapport au végétal, dans la manière dont il accompagne la vie quotidienne.
Un plan d’eau miroitant le ciel, une verdure en hauteur, une lumière douce en fin de journée, le murmure d’une fontaine, le chuchotement des feuilles : ce sont ces éléments-là qui, pour moi, font la valeur profonde d’un lieu. Quand j’ai commencé, on me disait que cette approche n’existait pas sur le marché tunisien, qu’il fallait aller plus doucement. Mais je voulais précisément sortir des standards. À mes yeux, chaque personne devrait pouvoir trouver un espace qui lui ressemble vraiment.
Article paru dans Archibat n°67 – Mai 2026, vous pouvez le commander ou vous abonner en ligne : https://archibat.info/shop/
Disponible en kiosque, librairies et en ligne










