A contre-courant des logiques dominantes de production du logement collectif en Tunisie, souvent guidées par la quantité et la standardisation, certains acteurs explorent des voies alternatives. EDIFIA s’inscrit dans cette démarche, en défendant un modèle de petites résidences où l’attention portée aux usages, au confort et à la durabilité redéfinit les contours du standing. À travers cet entretien, Nadhir Ben Ammar partage une vision exigeante du métier de promoteur, interrogeant en creux les limites du modèle dominant de l’habitat collectif et les conditions d’une meilleure manière d’habiter.
Votre parcours ne vous destinait pas directement à la promotion immobilière. Comment cette aventure a-t-elle commencé ?
Nadhir Ben Ammar : Rien n’était écrit d’avance. Je revenais des États-Unis avec deux masters, en agronomie et en business management, et un projet agricole prêt à être lancé en Tunisie. Mais sans accès au foncier, cette voie était bloquée.
L’immobilier est arrivé presque par hasard, à travers un projet familial au Lac 1. J’en ai étudié la rentabilité, puis je me suis lancé en 1997. Très vite, une conviction s’est imposée :
si c’est pour refaire ce que tout le monde fait déjà, autant s’abstenir. J’ai donc cherché à innover dès le départ.
EDIFIA a été fondée en 2007. Depuis, la ligne s’est clarifiée : toujours le résidentiel, mais dans une version de plus en plus resserrée. Aujourd’hui, nous ne faisons que de petites résidences à très haut standing. Peu d’unités, beaucoup d’exigence.
Justement, que signifie pour vous le standing de luxe dans notre contexte actuel ?
N. B. A. : Le luxe ne se résume ni à la façade ni à la démonstration. Il commence par un emplacement juste : accessible, fluide, bien situé, avec un environnement agréable, de la verdure et une vue dégagée. Mais le vrai sujet est à l’intérieur : qualité des volumes, confort thermique, isolation acoustique, sérénité d’usage. Le vrai standing de luxe repose sur une cohérence invisible, que nous travaillons très tôt avec des ingénieurs spécialisés, notamment en fluides et en acoustique. Ce sont souvent ces détails-là qui décident du bien-être réel.
J’ajoute un autre point : l’atmosphère. Le paysage, le jardin, les œuvres d’art, la qualité des parties communes, les espaces de lecture, de sport ou de rencontre ne relèvent pas du décor. Ils façonnent une manière d’habiter et pèsent directement sur le vivre-ensemble.
Fiche technique : Projet Résidence ATTIRIA à La Goulette - Tunis Maitre d'ouvrage : EDIFIA Année de fin des travaux : Juillet 2026 Surface couverte : 2000 m² Nombre de logements : 8 Architectes : Mamdouh Wali et Sahbi Gorgi Décoration : Esthétika Ingénieur de Structure : Baccouchi Ingénieur Ingénieur de Fluides : Euréka Ingénieur d'électricité : Tarek Belil Pilotage : En interne Bureau de contrôle : Med Control Entreprise Génie civil : ECF Building Entreprise Électricité : Fatnassi Electricité Entreprise PLomberie : Ines Chaud Froid Entreprise Climatisation : Ines Chaud Froid Entreprise de Placoplatre et staff mécanique : Structura
Article paru dans Archibat n°67 – Mai 2026, vous pouvez le commander ou vous abonner en ligne : https://archibat.info/shop/
Disponible en kiosque, librairies et en ligne









