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P@trimonia, la technologie au service de l’appropriation du patrimoine par et pour les citoyens

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Dans le cadre d’un projet nommé P@trimonia, financé par la commission mixte entre la Wallonie-Bruxelles international (WBi) et le Ministère Tunisien de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, trois organismes d’innovation, de recherche et d’action citoyenne, belges et tunisiens, le laboratoire de recherche LUCID de l’Université de Liège, l’unité de recherche PAE3C de l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis et l’association tunisienne Edifices & Mémoires, travaillent ensemble pour assister technologiquement la dynamique de réappropriation du patrimoine.

Qu’est-ce que le projet P@trimonia ?

Ce projet se définit comme une nouvelle approche pour l’appropriation du patrimoine tunisien qui se base essentiellement sur une technologie de collecte et de diffusion de l’information ciblée sur site. Il consiste en la mise en œuvre d’une plateforme web géolocalisée de gestion participative d’information spatio-sémantique liée aux bâtiments. L’objectif principal du projet est d’établir une collaboration active en se basant sur une technologie récente destinée à la collecte, la gestion et la réutilisation d’informations techniques (photos, vidéos, audios, cartes) permettant aux acteurs de stocker, retrouver et partager en temps réel, des informations contextualisées et spatialisées. Le but est d’exploiter cette technologie au service du patrimoine, et proposer une plateforme web, qui permette de donner accès, in situ, aux informations patrimoniales, via un terminal mobile de type smartphone ou tablette.

La première phase (2016-2018) de ce projet a créé une plateforme web pilote, permettant d’accéder au contenu culturel de manière géolocalisée. Un premier inventaire a été effectué par des doctorants et chercheurs en patrimoine de l’ENAU de Tunis pour récolter des données matérielles et immatérielles. Les partenaires du projet ont, ensuite, établi une réflexion commune relative aux spécifications des modèles de données et aux types d’interaction qui pourraient exister avec les utilisateurs avec cette plateforme.

La plateforme web P@trimonia offre, dans sa version première, une expérience patrimoniale toujours renouvelée qui transforme la notion de “proposition de parcours” à celle d’ “accompagnement des intérêts”. Selon sa géolocalisation, l’utilisateur reçoit une notification, l’invitant à découvrir un monument à proximité. Les points d’intérêt affichés, sont proposés selon des critères propres, comme les horaires d’ouverture, le nombre de visites ou un événement particulier. Cette démarche aide à mettre en lumière des monuments avec un potentiel architectural et historique important, mais qui demeurent non visibles par le large public.

P@trimonia 2.0

La deuxième version P@trimonia 2.0 propose le développement d’une interface d’encodage originale, impliquant le citoyen dans une démarche participative dans le but de diffuser et valoriser une information patrimoniale, grâce à la collaboration citoyenne. Cette phase sera lancée en avril 2019 pour une durée de 4 ans (2019-2022), avec l’intégration du Laboratoire de Recherche BATir de l’école Polytechnique de Bruxelles, afin de construire une méthodologie participative pour organiser l’implication des citoyens (non experts) dans le recensement du patrimoine et dans l’alimentation de la base de données. Ce type de démarche a déjà été validé par le projet « Observatoire Collaboratif du Patrimoine », une action menée par l’association Edifices & Mémoires en partenariat avec l’UNESCO (Programme Net Med Youth) proposait une interface web classique dédiée, permettant l’encodage hors site de données bâtiments. Ce projet mené en 2017, a permis de montrer l’engagement des citoyens qui cherchent à documenter activement leur histoire et leur patrimoine.

P@trimonia permettra donc de démocratiser l’accès au Patrimoines matériel et immatériel tunisiens, et de donner de la visibilité à un patrimoine abandonné et peu connu. La participation citoyenne constitue une solution pérenne pour préserver la mémoire collective, garantir sa valorisation et sa réappropriation par une population contemporaine connectée.

Tout lecteur intéressé pour participer à cette phase ou simplement voulant être informé, est invité à donner ses coordonnées à
contact@edifices-et-memoires.com.

Safa Achour, Unité de recherche PAE3C- U.Carthage

Raihana Allani, Unité de recherche PAE3C-U.Carthage / Laboratoire LUCID-ULiège

Hatem Béjar,  Association Edifices & Mémoires

Noms des Partenaires du projet

  • Laboratoire LUCID-ULiège : Pierre Leclercq, Aurélie Jeunejean
  • Unité PAE3C: Fakher Kharrat, Safa Achour, Raihana Allani
  • Association Edifices & Mémoires : Emin Turki, Hatem Béjar, Amine Ben Saïd
  • Laboratoire BATir-ULB: Samia Ben Rajeb

 

RÉFÉRENCES

Allani, R., Kharrat, F. et Leclercq, P. “ Vers une nouvelle patrimonialisation de la mémoire collective : Rôle des outils numériques dans l’expérience patrimoniale”, in Heritage and experience design in the digital age, HIS5, Hyperheritage International Seminar, Constantine, Algérie, 13-15 mai 2018.

Béjar, H. et Leclercq, P., “Smart Heritage”, in Cultural Heritage Information design, HIS3, Hyperheritage international seminar, Kerkennah, Tunisie, 5-7 Mai 2016.

Ben Rajeb, S., Delfosse, V., Boulanger, C., Jeunejean, A., Carré, C., Billen, R., & Leclercq, P., « Projet de recherche appliquée SpatioData : Spécification d’un système participatif pour la réutilisation de données sporadiques sur le bâtiment ». Actes du colloque Conception et réutilisation 01’Design 9, Tunis, 2014.

Leclercq, P., Kharrat, F. « Les nouvelles technologies de l’information et de la communication, et la valorisation du patrimoine : cas du projet de P@trimonia ». Conférence internationale “Villes en développement : politiques de valorisation et activités d’appropriation publique du patrimoine dans les pays de la francophonie”, 24 et 25 Octobre 2016, Tunis

Commission au parlement européen, au conseil, au comité économique et social européen et au comité des régions. Vers une approche intégrée du patrimoine culturel européen, communication, Bruxelles, 2014.

Article paru dans Archibat n°46 – Avril 2019

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